Romina Power : La Vérité sur la Disparition d’Ylenia, son Divorce avec Al Bano et son Retour Bouleversant au Cinéma

C’est une icône dont le sourire mélancolique a bercé des millions de cœurs à travers le monde. Romina Power, la moitié du duo légendaire Al Bano & Romina Power, a fêté ses 73 ans. Mais derrière les succès planétaires comme “Felicità” et l’image d’un bonheur parfait, se cache une vie marquée par des tragédies dignes d’un scénario hollywoodien. Aujourd’hui, l’artiste sort de sa réserve et se confie sur les épreuves qui ont façonné son destin, de la perte insoutenable de sa fille Ylenia à sa nouvelle vie paisible sous le soleil de Californie, loin des paillettes qui l’ont vue naître.

Une enfance dorée mais brisée

Née à Los Angeles en 1951, Romina est une enfant de la balle, fille de deux monstres sacrés du cinéma : Tyrone Power et Linda Christian. Une hérédité lourde à porter, faite de glamour mais aussi d’absences. Le divorce précoce de ses parents et la mort de son père alors qu’elle n’a que sept ans laissent une cicatrice indélébile. “J’étais en pension, juste une enfant”, se souvient-elle avec émotion. Cette quête du père absent sera le fil rouge de sa vie, la poussant plus tard à écrire un livre, Cercando mio padre, pour tenter de saisir l’essence de cet homme qu’elle a à peine connu.

Le conte de fées avec Al Bano

À la fin des années 60, sa rencontre avec Al Bano, le ténor des Pouilles, change tout. Elle, l’Américaine sophistiquée, et lui, le paysan à la voix d’or, forment un couple improbable mais magique. Ils conquièrent l’Europe, enchaînent les tubes et fondent une famille magnifique de quatre enfants. Durant deux décennies, ils incarnent l’amour absolu, fusionnel, sur scène comme à la ville. Mais ce bonheur éclatant va se fracasser sur un drame terrible.

Le mystère Ylenia : La blessure ouverte

En 1994, leur fille aînée, Ylenia, disparaît mystérieusement à La Nouvelle-Orléans. La jeune femme de 23 ans, brillante et aventurière, s’évapore sans laisser de trace. Pour Romina, c’est le début d’un calvaire sans fin. Contrairement à Al Bano, qui finira par demander aux autorités de déclarer sa fille décédée pour pouvoir faire son deuil, Romina refuse d’abandonner. “J’ai toujours cru que ma fille était vivante”, martèle-t-elle.

Cette divergence fondamentale dans la gestion de la douleur va creuser un fossé infranchissable entre les époux. En 1999, le couple mythique se sépare, brisé par le chagrin. “Nous ne pouvions pas garder notre amour après tout ce qui s’est passé”, avouera Al Bano. La disparition d’Ylenia a tué leur mariage, laissant Romina seule avec son espoir tenace et ses fantômes.

L’exil dans le désert et la renaissance par l’art

Après le divorce, Romina fait un choix radical. Elle quitte l’Italie, terre de ses succès mais aussi de ses souffrances, pour retourner aux États-Unis. Elle s’installe en Californie, dans une maison isolée au cœur du désert. Loin des regards, elle se reconstruit grâce à la peinture et à l’écriture. “La peinture m’aide à trouver la paix intérieure”, confie-t-elle.

Dans cette solitude choisie, elle trouve enfin la sérénité. Elle ne cherche plus à prouver quoi que ce soit. Elle vit simplement, en harmonie avec la nature, cultivant son jardin secret. Ses relations avec Al Bano se sont apaisées avec le temps ; ils remontent même sur scène ensemble pour le plus grand bonheur des fans, transformant leur amour passé en une amitié respectueuse. “L’amour doit laisser place au pardon”, dit-elle avec sagesse.

Le retour aux sources : L’hommage au père

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En 2020, Romina crée la surprise en annonçant son retour au cinéma. Et pas n’importe comment : elle rejoint le casting de Nightmare Alley du grand Guillermo del Toro, aux côtés de Bradley Cooper et Cate Blanchett. Ce choix n’est pas anodin. Ce film est le remake de Le Charlatan (1947), un classique dont le rôle principal était tenu par… son père, Tyrone Power.

“Je retourne au cinéma mais uniquement pour mon père”, affirme-t-elle. C’est une boucle qui se boucle, un hommage bouleversant de la fille à ce père trop tôt disparu. En marchant dans ses pas, Romina Power ne cherche pas la gloire, mais la connexion spirituelle avec celui qui lui a donné la vie et l’amour de l’art. À 73 ans, elle prouve que même après les pires tempêtes, il est possible de trouver un sens à sa vie, guidée par l’amour des siens, présents ou disparus.