Hervé Vilard : La Malédiction Secrète qui l’a Privé d’être Père et le Drame de ses Deux Amours Perdus

Tout le monde connaît le refrain. “Capri, c’est fini”. Mais pour Hervé Vilard, ce n’est pas une simple chanson de rupture. C’est la bande-son d’une vie marquée par un destin d’une cruauté inimaginable. À 78 ans, l’icône de la chanson française fait tomber le masque et révèle une blessure qui ne s’est jamais refermée : la double tragédie qui l’a empêché de devenir père.

Derrière le sourire charmeur et les mélodies qui ont fait danser la France, se cache un homme hanté par les fantômes. Si le public a longtemps spéculé sur sa vie privée, ses amours et son homosexualité assumée très tôt, personne ne mesurait l’ampleur du drame intime qu’il portait. Aujourd’hui, Hervé Vilard parle. Et ce qu’il dit nous glace le sang autant qu’il nous bouleverse.

Le Rêve Brisé de “Pedro”

L’histoire commence loin des paillettes parisiennes, en Amérique du Sud. Lors d’une longue tournée, Hervé rencontre Lalla, une jeune mexicaine, fille d’enseignants. Entre eux, ce n’est pas qu’une passade. C’est une promesse. “Elle était une amie, une sœur, et nous avions fait un pacte d’avoir un enfant ensemble”, confie le chanteur. Il se voyait déjà père, il avait même choisi le prénom : Pedro. Il imaginait cet enfant métis, beau et fort, grandir à Paris.

Mais le destin a frappé avec une violence inouïe. Lalla meurt dans un accident de voiture. Elle était enceinte. “Notre enfant est mort avant de pouvoir naître”, lâche Hervé avec une douleur intacte. Le rêve de paternité s’effondre dans la tôle froissée, laissant l’artiste face à un vide abyssal. “Que pouvais-je faire d’autre à 30 ans que de fonder une famille ?”, demande-t-il, comme si cette question le hantait encore.

La Malédiction se Répète

On pourrait croire qu’une telle épreuve suffit pour une seule vie. Mais pour Hervé Vilard, le cauchemar allait recommencer. Des années plus tard, il retrouve l’espoir auprès d’Alexandra Giraud, alias Kim Harlow, une sublime danseuse du Lido. Ils vivent ensemble, parlent mariage. Hervé y croit à nouveau.

Et puis, l’impensable. En 1992, Alexandra est foudroyée par une méningite virale. Elle s’éteint brutalement. Et la révélation est terrible : “Elle aussi était enceinte”. Une deuxième femme aimée, un deuxième enfant espéré, et la mort qui rafle tout, encore une fois. Comme une malédiction qui s’acharnerait sur celui qui chantait l’amour mieux que personne.

L’Homme qui a Osé Dire “Robert”

Ces drames éclairent d’un jour nouveau la personnalité complexe d’Hervé Vilard. Un homme capable de provoquer la France conservatrice de Pompidou en lançant à la radio : “Ma petite amie s’appelle Robert”. Une phrase choc, un coming-out avant l’heure, qui prouvait déjà son immense courage. Il ne voulait pas mentir, il ne voulait pas jouer le jeu des faux-semblants.

Mais ce courage cachait une faille béante. “Ma vie personnelle a été un désastre complet”, avoue-t-il aujourd’hui sans fard. Si sa carrière fut un triomphe, son cœur, lui, est un champ de ruines.

Toujours Debout, Toujours Libre

Pourtant, à 78 ans, Hervé Vilard est toujours là. Il n’est pas devenu une victime. Il est un survivant. Récemment, il a même montré qu’il n’avait rien perdu de sa verve en s’attaquant publiquement à l’animateur Jordan de Luxe, le traitant de “visage de rat”. Une sortie virulente qui prouve que le lion rugit encore.

Mais au-delà des coups de gueule, c’est l’image d’un homme résilient qui s’impose. Un orphelin né dans un taxi, sauvé par le grand résistant Daniel Cordier, devenu star mondiale, et qui a traversé l’enfer de la perte sans jamais cesser de chanter. Hervé Vilard n’a pas eu d’enfants, mais il a laissé à la France des chansons éternelles. Et peut-être que dans chaque note de “Nous” ou de “Reviens”, il y a un peu de Pedro, cet enfant qui n’a jamais vu Paris.