Samedi 3 janvier, Nagui était aux commandes d’un nouveau numéro de N’oubliez pas les paroles. Au cours de l’émission, le présentateur a reçu un candidat qui a déjà affronté 4 grands maestros de l’émission, dont Caroline, la 4e meilleure joueuse du jeu.

L’émission “N’oubliez pas les paroles” est le théâtre de moments suspendus, de performances vocales impressionnantes, mais aussi de coïncidences qui confinent parfois au mystique. Sur le plateau de France 2, Nagui, l’animateur emblématique dont l’humour est la marque de fabrique, a récemment été confronté à un cas de figure absolument inédit. Un candidat, dont la persévérance force l’admiration autant qu’elle suscite le sourire, est revenu tenter sa chance pour la cinquième fois. Cependant, son historique dans l’émission a rapidement pris le dessus sur sa prestation du jour, transformant son passage en un moment de télévision mémorable et chargé d’ironie.

Nagui, avec son sens aigu de la répartie, n’a pas tardé à souligner le parcours atypique de son invité. Ce candidat, que l’on pourrait qualifier de “porte-bonheur” malgré lui, possède en effet une statistique assez incroyable : à chaque fois qu’il a foulé le plateau de NOPLP par le passé, il a eu le malheur — ou le privilège, selon le point de vue — de tomber sur des adversaires qui sont devenus, par la suite, des piliers de l’histoire du programme. S’incliner une fois face à un grand Maestro est une chose, mais subir la loi des champions à quatre reprises relève presque d’un talent particulier pour débusquer les futurs génies de la chanson française.

Au fil de la discussion, l’animateur a énuméré les noms de ceux qui ont barré la route à ce malheureux prétendant. La liste ressemble à un “Hall of Fame” de l’émission. À chaque tentative, le candidat s’est retrouvé face à une machine de guerre musicale, un expert capable de réciter des centaines de textes sans sourciller. Cette récurrence a poussé Nagui à ironiser sur ce statut de “porte-bonheur”. Pour l’animateur, la présence de ce candidat semble être le signe annonciateur d’un règne glorieux pour son adversaire. C’est un rôle ingrat mais essentiel dans la dramaturgie du jeu : celui qui, par sa défaite, baptise l’entrée d’un grand champion dans l’arène.

L’ambiance sur le plateau était empreinte d’une camaraderie moqueuse mais bienveillante. Le candidat lui-même semblait accepter son sort avec une philosophie déconcertante. Il faut dire que pour revenir quatre fois après avoir été balayé par des Maestros emblématiques, il faut posséder une dose de courage et une passion pour la musique qui dépassent la simple envie de gagner de l’argent. C’est aussi cela qui fait le succès de “N’oubliez pas les paroles” depuis tant d’années : des visages familiers, des histoires de résilience et cette proximité entre l’animateur, les candidats et le public.

L’ironie de Nagui n’était pas gratuite. Elle soulignait la difficulté réelle du jeu. Tomber face à un futur grand Maestro est un coup du sort que beaucoup de candidats redoutent. Mais en faire une habitude devient une anecdote de production que Nagui adore exploiter pour pimenter les échanges. “C’est un record en soi”, s’est-il amusé à dire, pointant du doigt que personne n’avait probablement servi de tremplin à autant de légendes en si peu d’apparitions. Cette séquence a rapidement fait réagir les internautes sur les réseaux sociaux, oscillant entre fous rires et empathie pour ce candidat qui semble poursuivi par une poisse statistique assez fascinante.

Pourtant, au-delà de la plaisanterie, cette situation pose la question du niveau de préparation des candidats actuels. Face à des Maestros qui révisent désormais des milliers de chansons comme s’ils préparaient un concours de médecine, les nouveaux venus ou les revenants ont de moins en moins de place pour l’erreur. Le candidat “porte-bonheur” en est l’illustration parfaite : il chante bien, il connaît ses classiques, mais il a toujours eu la malchance de se trouver sur le chemin d’un candidat “extra-terrestre”.

En fin de compte, ce moment de télévision restera comme l’un des échanges les plus savoureux de la saison. Nagui a su transformer une statistique de défaite en une séquence humaine et drôle, prouvant une fois de plus qu’il est un maître dans l’art de l’animation. Quant au candidat, qu’il soit ou non le “chat noir” de la compétition, il a réussi l’exploit de marquer l’esprit des téléspectateurs, non pas par sa cagnotte, mais par sa persévérance et son rôle involontaire de faiseur de rois. Dans une émission où les paroles s’envolent parfois, cette anecdote, elle, restera bien gravée dans les annales de NOPLP.