Il existe deux France. L’une, célébrée dans les salons dorés de l’Élysée, où l’on se félicite de la reconnaissance de la baguette par l’UNESCO et où le Président assure que “l’on est sorti du pire”. L’autre, celle qui a les mains dans la farine avant l’aube, celle qui se bat dans la rue et qui parle de la “galère de tous les jours”. Ces deux France, qui s’ignorent la plupart du temps, se sont télescopées dans un dialogue d’une violence inouïe, révélant un fossé abyssal entre le discours politique et la réalité vécue par des milliers d’artisans au bord de l’implosion.
Le vernis craque dès les premières secondes. Face aux assurances présidentielles, la réponse est un cri, presque un sanglot de rage : “Non, arrêtez quoi ! Arrêtez de voler les Français, arrêtez de leur mentir surtout !”. Le ton est donné. Ce ne sont pas des doléances polies, c’est un acte d’accusation. “Vous êtes en train de tuer la France. Pour la sauver, il faudrait que vous partiez”, lance un artisan, la voix brisée par l’émotion.
Ces hommes – boulangers, pâtissiers, commerçants – sont le visage de ce “patrimoine français” que le Président loue dans ses discours. Mais aujourd’hui, ce patrimoine est en feu, et l’incendie est alimenté par des factures que l’esprit humain peine à concevoir.
Le cours d’économie, version “vraie vie”

Pendant qu’Emmanuel Macron assure que le gouvernement a “évité les catastrophes” et que l’on rentre dans un “univers beaucoup plus stable” concernant l’énergie, un artisan sort sa calculette. Et les chiffres sont assassins. “Aujourd’hui, moi j’ai 20 000 € d’électricité par an. Je passe à 95 000 €”. Il répète le chiffre, comme pour s’en convaincre lui-même. “Est-ce que les personnes ont fait un simple calcul ? […] Il faut qu’on répercute 75 000 € d’augmentation de l’électricité sur l’année. Donc c’est ingérable. Voilà, c’est ingérable”.
Le Président parle de “guichets” mis en place pour “rattraper les situations les plus dures”. L’artisan rit jaune. “Si nous aujourd’hui on veut appeler le service… déjà pour les avoir c’est pas facile. Et ils ne répondent pas du tout la même chose que soi-disant les politiques nous disent que qui est fait”. La déconnexion est totale. Les “plateaux télé”, où le gouvernement assure avoir la “situation en main”, sont perçus comme une mise en scène déconnectée du réel. “Je pense que ce que je vais dire, ça va pas leur plaire”, rétorque l’artisan.
À cette explosion s’ajoute le reste. Un autre témoigne : “Le fioul, j’ai triplé. Donc de 600, je suis passé à 1800 toutes les 5 semaines”. L’addition devient folle. La seule “solution” serait de répercuter ces coûts. “Mettez une baguette à 2 €”, lance un manifestant, conscient de l’absurdité de la proposition. Car le pain, comme le rappelle le Président lui-même, est la “nourriture de base”, et le commerce de proximité, “le seul contact humain de la journée” pour beaucoup. En tuant l’artisan, on tue le lien social.
Travailler 90 heures par semaine “pour rien”
La conséquence de cette asphyxie financière est un drame humain. “Aujourd’hui, on travaille pour rien”, lâche un boulanger, anéanti. “On paye nos ouvriers, on paye ce qu’on a à payer, notre matière première, les remboursements… Mais nous, aujourd’hui, on travaille sans salaire”.
Le sacrifice devient absurde. Un patron avoue travailler 90 heures par semaine, non pas pour la “gloire” ou pour s’enrichir, mais simplement “pour payer les factures d’énergie”. L’espoir a laissé place à une angoisse sourde : “Demain, je vais peut-être fermer mon entreprise parce que je vais pas pouvoir payer mes factures d’électricité”. Un autre se donne “6 mois, 1 an” avant la fin.

C’est dans ce contexte que le discours présidentiel sur l’apprentissage devient insupportable. Emmanuel Macron se félicite d’une “vraie révolution culturelle”, d’une “France de faiseurs”, et incite à “convaincre les jeunes” de rejoindre ces métiers. La réponse de l’artisan est d’une tristesse infinie. “On m’a dit de prendre des apprentis, former des apprentis. Qu’est-ce que j’apprends à mon apprenti à l’heure qu’il est ?”. Il est venu manifester avec eux, “inquiets pour leur métier, pour leur avenir”. Et la seule leçon qu’il lui reste à transmettre est terrible : “Je l’ai emmené, qu’est-ce que je lui apprends ? ‘Tu vas en crever de ton métier’”.
De “Essentiels” à “Oubliés” : L’ironie de la baguette UNESCO
L’amertume est d’autant plus grande que le souvenir du COVID est encore frais. “En 2020, on était essentiel. En 2023, on nous oublie”, s’étrangle un manifestant. “Fallait ouvrir, fallait recevoir tous les malades, fallait qu’on investisse dans du plexi, qu’on leur mette du gel… Tout ça pourquoi ? Pour qu’en 2023 on nous dise ‘Bon bah mec, merci, salut !’”.
Et c’est là que la célébration de la baguette, reconnue par l’UNESCO, sonne comme l’ultime provocation. Pendant qu’à l’Élysée, on parle de “fierté”, de “patrimoine reconnu mondialement”, dans la rue, la réalité est tout autre. “C’est la mort du métier ! C’est la mort du métier en France. Alors que la baguette est française !”. L’ironie est tragique. On célèbre un symbole à l’international pendant que, sur le territoire national, ceux qui le fabriquent agonisent.
Le désespoir est tel que l’impensable est désormais envisagé : l’exil. “On ira faire notre métier à l’étranger et on sera plus valorisé qu’en France”. Un autre artisan est catégorique : “Au mois de juin, si ça continue, je dépose le bilan. Et je remonte un autre truc hors pays européen. […] Je pense que je gagnerai mieux ma vie ailleurs”.
Face au discours lissé du Président sur la “méritocratie” et les “chefs d’entreprises reconnus”, les artisans ont des demandes concrètes. Ils ne veulent pas d’aumône, ils veulent de la justice. “Arrêtez d’indexer l’électricité sur le prix du gaz !”. “C’est l’État qui la vend l’électricité. […] Qu’ils nous la mettent au même prix qu’ils la vendent !”, s’insurge un boulanger, faisant écho aux accusations de “vendre notre électricité à des copains qui nous la revendent cinq ou six fois plus cher”.
Le fossé n’a jamais semblé aussi grand. D’un côté, un Président qui conclut sa cérémonie en parlant de “bien manger” et d’”histoire”. De l’autre, un artisan qui appelle ses concitoyens à le rejoindre : “La seule chose qui vous reste, c’est pas d’être derrière la télé […], c’est plutôt de venir dans la rue et montrer votre mécontentement”. Deux France, deux réalités, et au milieu, un patrimoine qui brûle.

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