L’hémicycle de l’Assemblée nationale s’est transformé, le temps d’une intervention, en un véritable tribunal politique. Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National et figure montante de l’opposition budgétaire, a livré une performance oratoire qui restera gravée dans les annales de cette législature. Avec un mélange de sarcasme mordant et de rigueur technique, il a littéralement “éteint” la Ministre présente, transformant le débat budgétaire en un réquisitoire implacable contre ce qu’il qualifie de “mensonge d’État”.

Le “Festival de Cannes” au Palais Bourbon

Dès les premières secondes de son intervention, le ton est donné. Tanguy ne s’adresse pas seulement à une représentante du gouvernement, il s’adresse à une “actrice”. En félicitant ironiquement la Ministre pour ses talents de comédienne, il dénonce une mise en scène orchestrée pour masquer la réalité des chiffres. Selon lui, les 125 heures de discussion n’ont servi qu’à occulter l’essentiel : un budget qui, loin des promesses de rigueur, laisse filer les dépenses de 28 milliards d’euros et prévoit une ponction fiscale de 19 milliards sur les Français.

Pour le député, ce budget est un “tragique” simulacre, validé en coulisses par une alliance tacite entre les Républicains (LR) et les socialistes, ces derniers étant accusés de n’avoir pas eu le courage de censurer le gouvernement avant le dépôt du texte.

La sulfateuse Tanguy : Les 5 grands tabous brisés

Dans une séquence d’une intensité rare, Jean-Philippe Tanguy a listé ce qu’il appelle les “grands tabous” du pouvoir macroniste, sortant, selon les termes des observateurs, la “sulfateuse” politique :

    L’Immigration : Le député a fustigé le refus d’économiser 150 millions d’euros sur ce poste, dénonçant une alliance de la “gauche et de la lâcheté”.

    Les Énergies Intermittentes : 10 milliards d’euros de subventions aux éoliennes que le gouvernement juge intouchables. Pour Tanguy, la solution est simple : “Laisser le pouvoir à Marine Le Pen et Jordan Bardella”.

    L’Union Européenne : C’est sans doute le moment le plus viral de son intervention. S’adressant directement à la présidente de la Commission européenne, il a lancé un tonitruant : “Ursula, rend l’argent !”, dénonçant des transferts de fonds massifs vers Bruxelles alors que les caisses françaises sont vides.

    Le Millefeuille Territorial : Un système de “clientélisme” et de “gros billets” pour les collectivités territoriales où les lobbys s’activent pour protéger leurs intérêts.

    La Bureaucratie : Tanguy a pointé du doigt le recasage systématique des “amis du pouvoir”, ces battus du suffrage universel qui retrouvent des postes dorés payés par le contribuable.Jean-Philippe Tanguy, le député RN au cœur de la tempête budgétaire

Justice fiscale contre fraude des multinationales

Au-delà de la critique des dépenses, Jean-Philippe Tanguy a tenu à rétablir sa vérité sur la fiscalité. Répondant aux accusations de la presse qu’il qualifie d’« oligarchique », il a martelé que le Rassemblement National ne souhaitait pas augmenter les impôts des ménages ou des TPE-PME. Au contraire, il prône une lutte féroce contre la fraude fiscale des multinationales, accusant le gouvernement de protéger ses “amis” au détriment de la justice sociale.

Un budget mort-né ?

Le constat final de Tanguy est sans appel : ce budget ne sera pas voté. Entre la menace du 49.3 et la possibilité d’un passage par ordonnance, le député voit dans cette situation une preuve de l’isolement total de l’exécutif. Pour lui, ce n’est plus une simple discussion parlementaire, c’est une “demande de divorce” de la part des Français.

Cette séquence, largement partagée sur les réseaux sociaux, illustre la fracture béante entre une opposition qui se veut le porte-parole de la “France qui travaille” et un gouvernement accusé de vivre dans une bulle de clientélisme et de communication théâtrale. Le duel Tanguy-Ministre n’était pas seulement une joute verbale, c’était le choc de deux visions du monde irréconciliables.

Ursula von der Leyen, la Dame de vert - Touteleurope.eu