Il est l’une des figures les plus lumineuses et attachantes de la scène musicale française. Avec sa guitare pour seule compagne de scène et ses textes ciselés qui parlent droit au cœur, Vianney Bureau, dit Vianney, a su conquérir des millions de fans. Pourtant, en 2023, au faîte de sa gloire, l’artiste a pris une décision qui a secoué ses admirateurs : une pause de plusieurs années dans ses tournées. Une annonce radicale, mais qui, lorsqu’on plonge dans l’histoire de l’homme derrière le chanteur, résonne comme une évidence. Car Vianney n’est pas un artiste comme les autres. C’est un homme de convictions, de foi et, par-dessus tout, un homme de famille.

Né le 13 février 1991 à Pau, Vianney a baigné dans la musique dès son plus jeune âge. Issu d’une famille de militaires mélomanes, avec un père pilote d’hélicoptère et une mère d’abord pilote puis professeure d’économie, la musique française résonnait constamment à la maison. C’est tout naturellement qu’il saisit une guitare et commence à gratter ses premiers accords. Mais la véritable révélation survient à l’âge de 12 ans : l’écriture. Vianney se découvre une passion pour les mots, pour raconter des histoires, pour mettre en musique ses émotions.

Cette passion ne le quittera plus. Après ses études, le jeune homme décide de se consacrer entièrement à sa vocation. Ses débuts sont modestes. En 2005, son père le présente à des amis musiciens, une rencontre qui débouche sur un premier disque autoproduit, enregistré avec son frère aîné. Deux ans plus tard, en 2007, il foule les planches du New Morning à Paris lors d’un festival pour amateurs. Son style, un mélange délicat de folk et de pop, commence déjà à séduire.

Le tournant survient en 2014. Son premier album, “Idées blanches”, sort dans les bacs. C’est un succès critique et commercial immédiat. Porté par les tubes “Je te déteste” et surtout l’hymne générationnel “Pas là”, Vianney explose. La France découvre un artiste à part, un poète aux mélodies accrocheuses, capable d’évoquer des thèmes universels comme l’amour, la nostalgie et les relations humaines avec une sincérité désarmante. Sa plume est à la fois simple et profonde, son personnage authentique et attachant.

L’ascension est fulgurante. Son deuxième album, éponyme, sort en 2016 et confirme son statut de star. Des titres comme “Je m’en vais” ou “Moi aimer toi” deviennent des incontournables. Les récompenses pleuvent, notamment trois prestigieuses Victoires de la Musique. Il enchaîne les tournées, les festivals, et devient un visage familier du grand public en acceptant le rôle de coach dans l’émission “The Voice” en 2021. Son empathie, son expérience et ses conseils avisés finissent de cimenter sa popularité. Vianney est devenu un incontournable, l’un des artistes les plus influents de sa génération.

Mais pour comprendre Vianney, l’artiste, il faut comprendre Vianney, l’homme. Et l’homme est pétri de valeurs et d’une histoire familiale singulière. Élevé dans une famille catholique pratiquante, aux côtés de ses trois frères – dont l’écrivain Édouard Bureau –, il a reçu une éducation qu’il décrit lui-même comme “aimante et stricte”. Ce cadre, à la fois rassurant et rigoureux, a fait naître en lui deux forces motrices : une immense soif de liberté et une foi catholique profonde et inébranlable.

Contrairement à beaucoup, Vianney n’a jamais caché sa foi. Il l’affiche avec fierté et elle infuse son œuvre et sa vie. Son prénom lui-même est un hommage à Jean-Marie Vianney, le saint Curé d’Ars. Cette foi n’est pas seulement théorique ; elle est vécue. Ancien chef de patrouille chez les Scouts d’Europe, Vianney est un homme d’action et d’aventure. En 2009, il tente un pèlerinage audacieux : rejoindre Jérusalem en autostop avec seulement 100 euros en poche. L’aventure s’arrêtera à Chypre, faute d’argent pour payer une taxe, mais l’intention était là.

Cette soif de liberté s’exprime aussi dans des défis plus “terrestres”. En 2012, il réalise un tour de France en scooter électrique, dormant à la belle étoile et rechargeant sa monture chez l’habitant. Il s’est également rendu à vélo à Londres, Berlin et Stockholm. Ces voyages sont plus que de simples escapades ; ils sont l’expression de son besoin de simplicité, de rencontre et de dépassement de soi.

Sa foi se traduit aussi par un engagement caritatif concret et discret. Il participe régulièrement à l’accueil de personnes sans domicile fixe dans une paroisse parisienne lors de l’opération Hiver Solidaire et s’engage auprès de l’association Imagine for Margo, qui aide les enfants atteints de cancer. Il n’est pas rare non plus de le voir officier comme lecteur lors de la messe dans une église parisienne.

Cette authenticité et cette quête de sens se retrouvent dans sa vie personnelle. Depuis 2016, Vianney partage sa vie avec la violoncelliste Catherine Robert. Une relation solide et discrète, loin des feux des projecteurs, qu’ils ont officialisée par un mariage le 14 juillet 2020. Le public a pu apercevoir leur complicité, notamment lorsque Catherine l’a rejoint sur scène lors de la finale de “The Voice” en 2018. En 2021, le couple a accueilli son premier enfant, un petit garçon prénommé Edgar.

C’est ce bouleversement, cette paternité, qui vient éclairer d’un jour nouveau sa décision de 2023. L’annonce de sa pause des tournées n’est pas un adieu, mais un choix du cœur. Le choix d’un père qui veut voir grandir son fils, le choix d’un homme qui a toujours placé ses valeurs avant les sirènes du succès. Après avoir vendu des centaines de milliers d’albums et donné d’innombrables concerts, Vianney a choisi de se consacrer à l’essentiel : sa famille.

Dans un monde où tout va très vite, où la célébrité est souvent éphémère, Vianney trace un chemin singulier. Celui d’un artiste fidèle à ses racines, à sa foi et à ses amours. Sa musique continue d’évoluer, mais son ADN reste le même : une sincérité à fleur de peau, une poésie du quotidien et une humanité qui fait chaud au cœur. En choisissant la paternité avant les projecteurs, Vianney ne fait pas que suspendre sa carrière ; il donne à son public sa plus belle leçon de vie.