Il est des chansons qui, dès les premières notes de guitare, semblent avoir toujours fait partie de notre patrimoine émotionnel. Des mélodies qui s’accrochent à l’âme comme une seconde peau et des textes qui, sous une apparente simplicité, réveillent des échos universels de nos propres vies. “Je m’en vais” de Vianney est de cette trempe-là. Sorti à l’automne 2016, ce titre n’a pas seulement marqué le retour du jeune prodige de la chanson française après le succès d’”Idées Blanches” ; il a gravé dans le marbre une certaine idée de la mélancolie lumineuse, celle qui ne se lamente pas mais qui avance, coûte que coûte.
Au-delà de la Rupture : Une Ode au Départ Salvateur
À première vue, “Je m’en vais” se présente comme la ballade de rupture par excellence. Le thème est vieux comme le monde : un amour qui s’étiole, une incompatibilité d’humeur, et le constat amer qu’il faut se séparer. Pourtant, réduire ce chef-d’œuvre à une simple “breakup song” serait passer à côté de son essence véritable. Vianney, avec la plume ciselée qu’on lui connaît, ne chante pas seulement la fin d’un couple. Il chante le courage du départ.
“J’ai troqué mes cliques et mes claques / Contre des cloques et des flaques”. Dès l’incipit, le ton est donné. L’artiste joue avec les sonorités, transformant une expression populaire un peu désuète (“prendre ses cliques et ses claques”) en une réalité physique, presque tactile. Le départ n’est pas une fuite confortable ; c’est une épreuve. Les “cloques” évoquent la marche, l’effort, la douleur du chemin parcouru seul. Les “flaques” renvoient à la grisaille, aux obstacles, à cette météo intérieure pluvieuse qui accompagne souvent les grands bouleversements.
Mais ce départ est nécessaire. Il est vital. La chanson nous parle de ce moment précis où l’instinct de survie prend le dessus sur l’attachement. “Mon sac à dos pour oublier / Qu’avant c’est toi qui me pesais”. Il y a dans ces vers une libération. Le poids de l’autre, le poids d’une relation devenue toxique ou simplement éteinte, est remplacé par le poids du sac à dos, symbole d’autonomie et de voyage. C’est un hymne à ceux qui osent dire stop, à ceux qui préfèrent l’incertitude de la route à la certitude d’un malheur immobile.

La Belle et la Bête : Une Métaphore de l’Incompatibilité
L’une des grandes forces de “Je m’en vais” réside dans son imagerie cinématographique. “Et tournent, tournent dans ma tête / Les images du long métrage”. Vianney utilise une métaphore culturelle puissante et immédiatement évocatrice : “Où tu es belle et moi la bête”.
En se castant lui-même dans le rôle de la Bête, le chanteur ne se dévalorise pas ; il assume sa différence, sa sauvagerie peut-être, son inadaptation au monde lisse et “sage” de la Belle. C’est un constat d’échec lucide. Il n’y a pas de gentils ni de méchants, juste deux êtres qui ne parlent plus la même langue, qui n’habitent plus le même conte de fées. “Et la belle n’est jamais sage”, chante-t-il, suggérant que derrière l’image de perfection de l’être aimé se cachent aussi des failles, des reproches (“Quand tu diras que c’est ma faute”).
Cette référence donne à la chanson une dimension presque mythologique. Elle nous rappelle que dans nos propres histoires d’amour, nous jouons souvent des rôles, nous projetons des fantasmes qui finissent par se heurter à la réalité. Et quand le film tourne en boucle et devient un cauchemar, il faut savoir quitter la salle de cinéma.
“Ma Peine Plus que la Haine” : La Dignité dans la Douleur
Si “Je m’en vais” a tant touché le public, c’est aussi grâce à sa noblesse de sentiments. Dans une époque où les règlements de comptes amoureux se font souvent à coup de punchlines agressives sur les réseaux sociaux, Vianney choisit la voie de l’apaisement. “Ce qui m’emmène, ce qui m’entraîne / C’est ma peine, ma peine plus que la haine”.
C’est peut-être la phrase la plus importante de la chanson. Elle refuse la colère destructrice. Elle accepte la tristesse comme un moteur. La “peine” n’est pas une faiblesse, c’est le carburant qui permet d’avancer. Il y a une forme d’élégance morale à dire : “Je pars parce que je suis triste, pas parce que je te déteste”. “Au diable toi et tes apôtres”, lance-t-il tout de même, une petite pique qui rappelle que le chanteur reste humain, avec ses agacements face à l’entourage de l’autre, ces “apôtres” qui jugent et qui commentent. Mais au final, c’est l’envie d’ailleurs qui l’emporte sur l’envie de vengeance.
Un Clip Universel et une Consécration

Le clip vidéo qui accompagne la chanson vient renforcer cette lecture universelle. Loin de se contenter de filmer une rupture amoureuse classique, Vianney nous présente une galerie de personnages, des tranches de vie où chacun, à sa manière, “s’en va” ou tente de retrouver quelqu’un. On y voit des relations filiales complexes, des silences pesants, des voyages intérieurs. Le chanteur, lui, marche, seul, au milieu de paysages vastes et parfois hostiles, incarnant physiquement cette errance nécessaire.
Cette œuvre complète, texte, musique et image, a propulsé Vianney dans une autre dimension. En février 2017, la profession lui offre la consécration ultime : la Victoire de la musique de la “Chanson originale de l’année”. Ce prix, voté par le public, confirme que Vianney a su toucher le cœur des Français. Il n’est plus seulement le garçon sympathique de “Pas là” ; il est devenu un auteur-compositeur-interprète majeur, capable de transformer ses bleus à l’âme en disques de diamant.
Pourquoi “Je m’en vais” Reste Indémodable
Près d’une décennie plus tard, la chanson n’a pas pris une ride. Pourquoi ? Parce que nous avons tous, un jour ou l’autre, ressenti ce besoin impérieux de “s’en aller”. Que ce soit quitter un emploi qui nous étouffe, une ville qui ne nous ressemble plus, ou un amour qui s’est tari.
“Je m’en vais” est la bande-son de nos résiliences. Elle nous autorise à avoir mal (“Dieu que j’ai mal”), à pleurer (“Et mes larmes, mes larmes”), mais elle nous interdit de rester sur place. Elle valide le mouvement comme seul remède à la mélancolie.
Vianney, avec sa guitare et sa voix singulière, a réussi le tour de force de faire d’un adieu un début. “Donne des ailes, donne donc / L’envie de m’éloigner de toi”. Ce n’est pas une fin, c’est un envol. Et c’est pour cette promesse d’horizon, même pluvieux, même difficile, que nous continuons d’écouter “Je m’en vais” comme on écoute un ami nous dire : “Courage, la route est longue, mais elle est belle.”
En fin de compte, Vianney nous a offert bien plus qu’une chanson de variété. Il nous a offert un mantra. Quand la vie pèse trop lourd, quand les rôles ne nous conviennent plus, il est permis, il est même parfois salutaire, de prendre ses cliques, ses claques, et de s’en aller.
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