Véronique Sanson : Une vie d’amour, de regrets et de notes éternelles
Dans le dernier numéro de Sept à Huit sur TF1, le public a découvert une Véronique Sanson rare, dépouillée des artifices, sans le masque de la star, simplement une femme vulnérable, portant encore les cicatrices de ses passions et trouvant dans la musique la seule rédemption possible.

Face à Audrey Crespo-Mara, l’icône de la chanson française s’est livrée comme jamais : ses triomphes, ses blessures, ses combats intimes. Et surtout, elle a de nouveau évoqué ce qu’elle nomme « le drame de sa vie » : avoir quitté Michel Berger, l’homme qu’elle considérait comme « son autre moitié ».

En 1973, à seulement 24 ans, Véronique Sanson s’envole vers un destin qu’elle croit lumineux. Elle quitte Michel Berger pour rejoindre Stephen Stills, membre du groupe rock légendaire Crosby, Stills & Nash.
Mais c’est la manière dont elle a rompu qui la hante encore aujourd’hui. La voix voilée d’émotion, elle avoue :
« J’ai dit à Michel que j’allais acheter des cigarettes et des allumettes. Et je ne suis jamais revenue. Voilà comment je l’ai quitté… Et c’est ce que je regrette le plus au monde. Je l’ai quitté lâchement. »
Une décision prise dans l’élan de la jeunesse, mais qui s’est transformée en fardeau pour la vie entière. Interrogée sur ce qui demeure sa plus grande douleur, Sanson n’hésite pas une seconde :
« Un regret colossal. Michel et moi nous écrivions l’un pour l’autre, nous vivions à travers la musique de l’autre. J’ai passé ma vie à écrire pour lui, et lui pour moi. Mais je suis partie… Oui, c’est le regret le plus grand de mon existence. »

Aux États-Unis, Véronique Sanson épouse Stephen Stills et donne naissance à leur fils Christopher en 1974. Elle pense alors avoir trouvé un nouveau foyer. Mais cette promesse de bonheur se mue vite en cauchemar.
Stephen Stills sombre dans la drogue, devient violent, imprévisible. Sanson frissonne encore en évoquant ces années :
« Il m’a planté un couteau dans la main. Puis dans le dos… Je ne pourrai jamais oublier ça. »
Plus douloureux encore : la bataille pour la garde de leur enfant.
« Pendant deux ans, je n’ai pas pu voir mon fils. Pas une seule fois. C’était le pire des cauchemars. »
Avant la rupture, Véronique et Michel avaient incarné l’un des couples les plus admirés de France. Leur rencontre à la maison de disques où Berger travaillait ressemblait à un rendez-vous écrit d’avance.
Dès 1967, leur histoire d’amour débute. Fusionnelle, inspirante, créative. Ensemble, ils composent, ils vibrent, ils bâtissent une œuvre qui traverse encore les générations. Tout semblait écrit pour durer. Mais le destin, parfois, se plaît à déchirer les évidences.

La vie de Véronique Sanson ne fut pas seulement marquée par les passions amoureuses. Très jeune, elle a connu la maladie – une méningite à l’adolescence – puis plus tard, la dépression, toujours tapie dans l’ombre.
« Je souffre d’une dépression mélancolique. Quand elle me tombe dessus, c’est un ouragan. Je me coupe du monde : pas de téléphone, pas de sorties, rien n’est possible. »
Et pourtant, une force la ramène sans cesse à la lumière : la musique et le contact avec son public. Ses yeux brillent quand elle en parle :
« Quand je monte sur scène, tout devient supportable. Je retrouve ma force. Je commence bientôt une nouvelle tournée, et grâce à elle, je vais beaucoup mieux qu’il y a seulement quelques semaines. J’ai un public merveilleux, et je l’aime de tout mon cœur. »
Les années ont fragilisé son corps – arthrose, rhumatismes, douleurs incessantes. Mais jamais elles n’ont entamé sa volonté de chanter.
« J’ai chanté avec le bras cassé, le poignet cassé, les côtes cassées… Tout était cassé, mais je chantais. Quelle que soit la douleur, je n’ai jamais quitté la scène. »
Pour elle, la scène n’est pas un métier. C’est l’air qu’elle respire, la preuve que son cœur bat encore.

Aujourd’hui, en regardant le chemin parcouru, Véronique Sanson sait qu’elle a tout connu : les triomphes et les abîmes, les coups de foudre et les coups du sort. Elle a porté une carrière immense, un public fidèle, mais aussi des blessures qui ne se refermeront jamais.
Et si Michel Berger n’est plus là, il vit toujours dans chaque note qu’elle joue, dans chaque mélodie qu’elle chante. Un amour perdu, mais transfiguré dans l’éternité de la musique.
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