L’incroyable épopée nocturne : Quand Depardieu et Malkovich partaient à la conquête de Johnny

Le monde du cinéma regorge d’anecdotes savoureuses, mais peu atteignent le niveau de surréalisme de celle racontée par John Malkovich au micro d’Europe 1. Dans un récit qui semble tout droit sorti d’un scénario de comédie déjantée, l’acteur américain a dévoilé les coulisses d’une nuit d’hiver parisienne où l’imprévisibilité de Gérard Depardieu a transformé une simple soirée en un “Very Bad Trip” mémorable.

Un dîner pas comme les autres

Tout commence par un dimanche soir de février, vers 23h30. John Malkovich, de passage à Paris, s’apprête à se reposer. Mais c’est sans compter sur l’hospitalité volcanique de son ami Gérard Depardieu. “Tu dois rester dans ma maison, tu restes là !”, lui lance le monstre sacré du cinéma français. Malkovich accepte, loin de se douter que le calme de la nuit est sur le point de voler en éclats.

Gérard Depardieu arrive alors chez lui d’une manière que lui seul peut se permettre : vêtu d’une simple chemise blanche malgré le froid de février, il débarque sur une moto fuchsia, portant une immense assiette de viande. L’ambiance est posée. “On mange vite”, décrète-t-il, ignorant que Malkovich a déjà dîné. Mais avec Gérard, on ne discute pas. Ce qui suit est une scène de vie brute : Depardieu sort d’énormes bocaux de ketchup et de moutarde du réfrigérateur et commence à manger avec les mains, plongeant directement ses manches dans les condiments, dans un élan de gourmandise épique.

Dans les traces du Mammuth Depardieu

“Tu ne connais pas Johnny ?”

Alors que la nuit avance et que les verres se vident, l’horloge affiche 3 heures du matin. C’est à cet instant précis que Depardieu a une illumination soudaine. Il se tourne vers Malkovich et s’exclame avec une intensité dramatique : “Mais tu ne connais pas Johnny ? Johnny Hallyday ?” Face à la réponse négative de l’Américain, la décision est prise instantanément : “On y va !”

C’est ainsi que les deux icônes du cinéma se retrouvent sur la fameuse moto fuchsia, fendant la nuit parisienne sous une pluie battante. Malkovich, accroché derrière Depardieu qui ne porte toujours que sa chemise blanche en plein mois de février, assiste, médusé, à une traversée de Paris qui défie toutes les règles de conduite.

La quête de l’adresse perdue

Quand John Malkovich va dormir chez Gérard Depardieu

Le génie de la situation atteint son paroxysme après trente minutes de route. Depardieu s’arrête brusquement et crie : “Mais putain, c’est quoi l’adresse de Johnny ?” Malkovich, avec son flegme légendaire, lui rappelle fort justement que s’il ne connaît pas Johnny, il y a peu de chances qu’il connaisse son domicile.

Loin d’être découragé, Depardieu entame alors une manœuvre digne d’un film d’action : il s’engage dans des rues en sens interdit, arrête chaque voiture qu’il croise et interpelle les rares passants sur les trottoirs pour demander où habite l’idole des jeunes. Et le plus incroyable dans cette histoire ? Cela fonctionne. En moins de cinq minutes, grâce à sa notoriété et à son aplomb, Gérard obtient l’adresse.

Une fin de nuit légendaire

La suite de l’histoire appartient à la légende. Les deux compères arrivent chez Johnny Hallyday qui, malgré l’heure tardive et l’improvisation totale de la visite, les reçoit avec une gentillesse extrême. Le trio passera le reste de la nuit ensemble, discutant et partageant un moment de camaraderie unique jusqu’aux premières lueurs de l’aube.

Pour John Malkovich, cette aventure se terminera directement à l’aéroport, épuisé mais avec le souvenir impérissable d’une nuit où Paris appartenait à ceux qui n’ont peur de rien, ni du froid, ni des sens interdits, ni du ridicule. Comme le souligne Nikos Aliagas en conclusion, les nuits de ces géants sont décidément bien plus belles que nos jours.

Cette anecdote témoigne non seulement de l’amitié profonde entre ces acteurs, mais aussi d’une époque et d’un tempérament français incarné par Depardieu : celui de l’excès, de la spontanéité et d’une soif de vivre que rien, pas même la pluie de février, ne peut arrêter. Une histoire qui continue de faire sourire et de nous rappeler que derrière les stars se cachent parfois des enfants terribles assoiffés d’aventure.

Photo : Johnny Hallyday et Gérard Depardieu à l'inauguration à Paris du  restaurant de Gérard Depardieu et de Carole Bouquet "La fontaine Gaillon".  - Purepeople