Ce samedi 5 avril 2025, les téléspectateurs de TF1 pensaient assister à une soirée The Voice comme les autres. Une soirée de tension, de larmes, de choix cornéliens. Ils étaient loin d’imaginer qu’ils allaient être les témoins d’un moment de télévision historique, un de ces instants de grâce pure où l’émotion renverse les règles et où l’instinct d’un homme change le cours du destin. Cet homme, c’est Florent Pagny. Et ce soir-là, il n’a pas seulement été un coach ; il a été un créateur.

Le Retour du Guerrier et la Tension des “Trios”

La saison 14 de The Voice avait déjà une saveur particulière. Elle marquait le grand retour de Florent Pagny dans le fauteuil rouge, après une absence remarquée due à son combat contre la maladie. Le public était ému de retrouver le pilier de l’émission, l’air combatif, la passion intacte. À ses côtés, un quatuor de choc complété par Zaz, Vianney et la grande Patricia Kaas. L’enjeu était de taille, et l’émotion, déjà palpable.

Nous étions arrivés à l’étape redoutée des “Trios” – ou “Groupes”, comme les appelait cette nouvelle mouture. Une épreuve cruelle. La règle est simple et implacable : trois talents d’une même équipe chantent ensemble, mais à la fin, un seul peut être sauvé par son coach. Pas de “vol” de talent possible, pas de seconde chance. La guillotine musicale, en direct.

C’est dans ce contexte à haute pression que Florent Pagny s’est retrouvé face à un dilemme que lui seul semblait capable de s’infliger. Fidèle à son amour pour les grandes voix, il avait réuni dans son équipe trois talents hors normes, trois chanteurs à la puissance lyrique : Lévon Khozian, Salvatore Livolsi et Sébastien Longhi. Trois ténors. Trois artistes au potentiel immense. Et Pagny, dans un choix à la fois audacieux et périlleux, a décidé de les opposer les uns aux autres.

Un “Nessun Dorma” pour l’Éternité

Le défi était immense. Pour les départager, Florent Pagny ne leur a pas donné une simple chanson. Il leur a offert un monument : “Nessun Dorma”, l’air mythique de Puccini, immortalisé par le maître Luciano Pavarotti. Un Everest vocal, un piège pour quiconque n’en maîtrise pas les nuances et la puissance.

Dès les premières notes, le temps s’est suspendu sur le plateau. Ce ne fut pas une compétition. Ce fut un moment de pure magie. Les trois voix, si différentes et pourtant si complémentaires, se sont élevées, ont fusionné, ont transporté la salle. La performance était magistrale, d’une intensité rare. Le public, saisi, s’est levé d’un bloc pour une standing ovation qui semblait ne jamais vouloir s’arrêter.

Sur leurs fauteuils, les autres coachs étaient bouleversés. Vianney, peinant à trouver ses mots, a simplement lâché : “Je suis bouleversé et je veux juste dire merci”. Zaz, les yeux brillants, a parlé d’un moment “magique”, soulignant la “particularité” de chacun.

Mais tous les regards étaient tournés vers Florent Pagny. Le coach, le guerrier, l’homme qui en a tant vu, était submergé. La caméra s’est attardée sur son visage : Florent Pagny pleurait. Des larmes d’admiration, de fierté, mais aussi, on le devinait, de désespoir. Comment choisir ? Comment sacrifier deux de ces voix après un tel chef-d’œuvre ?

“Je vais vous garder les trois” : La Rébellion d’un Coach

La voix tremblante, il a pris la parole : “Quand ses voix prennent ses notes avec cet étof, ça provoque quelque chose d’épidermique. Et là, les trois… c’est un drôle de tableau. C’est difficile de se projeter pour savoir lequel je vais prendre, tellement ils ont assuré.”

Le silence était assourdissant. Nikos Aliagas s’est approché, prêt à entendre le verdict. Lévon, Salvatore et Sébastien se tenaient la main, le visage grave, prêts à accepter leur sort.

Et là, contre toute attente, Florent Pagny a fait… du Florent Pagny.

“On n’a jamais fait ce qu’on va faire là,” a-t-il commencé, un sourire malicieux naissant au coin de ses lèvres. “Mais… je vais vous garder les trois.”

Stupéfaction sur le plateau. Le public a mis une seconde à comprendre avant d’exploser de joie. Les autres coachs, médusés, ont applaudi ce coup de théâtre. Les trois chanteurs, eux, n’en croyaient pas leurs oreilles, passant du choc aux larmes de joie.

Nikos Aliagas, gardien des règles, a dû intervenir : “Florent, ce n’est pas possible, vous devez choisir…”

“Non,” a rétorqué Pagny, soudainement investi d’une certitude absolue. “Je ne choisis pas. Je les garde. On va faire un groupe. C’est une idée folle, mais je vais créer un groupe. Il faudra trouver un nom !”

La Naissance de “Il Cello” et la Marche Triomphale

The Voice » : Florent Pagny crée le premier groupe de l'histoire de  l'émission avec un trio de ténors dont Levon Khozian - Nouvelles d'Arménie  en Ligne – Toute l'actualité sur

“C’est une grande première !” a finalement annoncé Nikos Aliagas, validant l’impensable. “Florent Pagny vient de créer le premier groupe de l’histoire de The Voice en pleine émission !”

Inspiré par des formations célèbres comme “Il Divo”, le groupe venait de naître en direct, sous les yeux des téléspectateurs. Ils trouveraient leur nom peu après : “Il Cello”.

Ce soir-là, Florent Pagny n’a pas seulement été un coach. Comme il l’a dit plus tard, il a été un “bâtisseur d’artistes”. Il a écouté son cœur, son instinct, sa sensibilité artistique, plutôt que le règlement. Il a pris un risque insensé. Car si le public n’avait pas suivi, si l’alchimie n’avait pas pris lors des étapes suivantes, son coup de poker se serait retourné contre lui.

Mais l’histoire qui a suivi a donné raison au maestro.

Semaine après semaine, “Il Cello” a prouvé que leur union n’était pas un artifice de télévision. L’harmonie était parfaite. Leur puissance vocale, combinée, a conquis le cœur des Français. Lévon, Salvatore et Sébastien, autrefois concurrents, sont devenus des frères d’armes, portant le rêve de leur coach sur leurs épaules.

Ils ont franchi les étapes, des Super Cross-Battles aux directs, avec une aisance déconcertante, plébiscités par un public qui avait adopté ces trois “ténors de The Voice”.

L’impensable s’est produit : le groupe créé de toutes pièces, né d’une désobéissance, s’est hissé jusqu’en finale. Et le public, ce même public qui avait assisté à leur naissance, les a sacrés. “Il Cello” est devenu le grand gagnant de The Voice 2025.

Une Victoire pour l’Éternité

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Ce fut la sixième victoire pour Florent Pagny en onze saisons, mais celle-ci avait un goût différent. C’était la victoire de l’audace, de l’intuition. C’était la preuve que la musique, parfois, ne rentre dans aucune case.

L’histoire ne s’arrête pas là. Dans la foulée de leur victoire, “Il Cello” a annoncé la sortie de leur premier single, “Une femme”, une chanson qui tenait particulièrement à cœur à leur coach.

Florent Pagny, lui, annonçait son grand retour sur scène avec une tournée exceptionnelle pour 2026. Et il l’a promis : il n’allait pas laisser ses protégés. “Je vais vous utiliser et vous allez m’utiliser,” leur a-t-il lancé. “Je vais vous permettre de prendre aussi de la lumière et moi, je vais me permettre de partager ce registre-là avec vous.” “Il Cello” sera de l’aventure, sur la route, avec leur mentor.

Ce 5 avril 2025, Florent Pagny n’a pas seulement sauvé trois talents. Il a créé un phénomène, brisé les codes de l’émission et offert aux téléspectateurs un arc narratif digne d’un film. Un coach qui revient de loin, qui suit son cœur, qui parie sur trois voix et qui les mène au sommet. C’était, plus que jamais, la magie de The Voice.