Sophia Loren Révèle les Cinq Figures Qui Ont Failli Détruire sa Carrière : Les Confessions d’une Icône Indomptable à 90 Ans

Hollywood, ce rêve de celluloïd et de gloire éternelle, est aussi un champ de bataille où les carrières peuvent être brisées en un éclair. Une parole malheureuse, une rivalité ardente, un regard glaçant ou même une simple photographie peuvent transformer une ascension fulgurante en une chute brutale. Sophia Loren, la diva italienne dont la beauté volcanique et le talent brut ont ébloui le monde pendant des décennies, sait mieux que quiconque les défis implacables qui se cachent derrière le glamour des tapis rouges. Aujourd’hui, à l’âge vénérable de 90 ans, l’icône ne retient plus rien, laissant la vérité éclater sans fard ni peur. Elle dévoile les cinq figures – des acteurs et actrices majeurs – qui, par ego, jalousie ou pur mépris, ont tenté, morceau par morceau, d’éroder son héritage et de la réduire au silence.

La Guerre des Reines : Sophia Loren contre Gina Lollobrigida

Les années 1950 virent l’Italie, meurtrie par la Seconde Guerre mondiale, renaître de ses cendres, le cinéma servant de plus belle revanche. Deux noms régnaient alors en maîtresses absolues sur l’Olympe du cinéma italien : Sophia Loren et Gina Lollobrigida. Pour le public, c’était un conte de fées, mais pour elles, ce fut le début d’un cauchemar, une rivalité féroce alimentée par la presse, les producteurs et leurs propres ambitions dévorantes. Gina, de sept ans l’aînée de Sophia, était déjà une star confirmée, surnommée “la plus belle femme du monde”. Lorsque la jeune Sophia, affamée de reconnaissance et tout juste sortie de la misère de Pozzuoli, arriva sur scène, elle fut d’abord perçue comme une simple imitatrice.

La confrontation, inévitable, eut lieu sous les yeux du monde entier en 1954, lors d’un festival du film italien à Londres. Une photo légendaire immortalise ce moment : une Sophia Loren de 20 ans, encore gauche, posant avec une avidité presque enfantine, à côté d’une Gina souveraine, la regardant avec une condescendance glaciale. Ce soir-là, la guerre fut déclarée.

Poussée par son mentor et futur mari, Carlo Ponti, Sophia se risqua à la comparaison, plaisantant sur le fait qu’elle était “plus plantureuse” que Gina. La réponse de Lollobrigida fut d’une violence inouïe, une pique empoisonnée qui allait hanter Sophia pendant des années : “Nous sommes aussi différentes qu’un pur-sang et une chèvre. Moi, je peux jouer une paysanne ou une dame. Sophia ne peut jouer qu’une paysanne”. L’insulte était double, attaquant non seulement son talent, mais la renvoyant à ses origines modestes, à cette pauvreté qu’elle avait combattue. Cette phrase fut une blessure profonde pour Sophia, un rappel constant qu’aux yeux de l’establishment, elle resterait toujours la “petite fille des quartiers populaires”.

Déterminée à prouver qu’elle était bien plus qu’une simple icône voluptueuse, Loren redécouvrit soudainement un lien de noblesse lointain dans son arbre généalogique, se présentant comme la “marquise de Pozzuoli”. Théâtral, peut-être même ridicule, mais une réponse directe à la cruauté de sa rivale. La querelle eut des conséquences concrètes : lorsque Gina exigea une augmentation pour le troisième volet de la série “Pain, amour et fantaisie”, les producteurs se tournèrent vers Sophia, qui accepta un cachet plus modeste et s’empara du rôle. Ce fut un coup de maître, Sophia devenant la nouvelle coqueluche du cinéma italien, tandis que Gina voyait son trône vaciller.

Pour une jeune actrice rêvant d’Hollywood, cette réputation de femme à scandale, d’ennemie jurée d’une autre star, était un poison. Le danger était immense. Mais en 1960, Sophia Loren tourna La Ciociara sous la direction de Vittorio De Sica. Dans ce drame de guerre poignant, elle abandonna tout son glamour pour incarner une mère veuve et désespérée. À seulement 25 ans, à la surprise générale, elle remporta l’Oscar de la meilleure actrice, le tout premier Oscar majeur attribué à une performance en langue non anglaise. D’un seul coup, Sophia n’était plus la rivale de Gina ; elle était une actrice reconnue au plus haut niveau mondial. Lollobrigida se retrouva dans l’ombre, sans Oscar ni reconnaissance critique internationale.

La rivalité ne s’est éteinte que des décennies plus tard. Ce n’est qu’en janvier 2023, à la mort de Gina Lollobrigida, que Sophia Loren surprit le monde par une déclaration pleine de grâce : “Chère Gina, ton corps s’est éteint, mais la lumière de ton étoile brillera toujours sur nous et dans nos cœurs. Je t’aime, Gina”. C’était la fin d’un chapitre, la conclusion d’une rivalité dont elle était sortie victorieuse, non par la guerre, mais par le talent.

L’Amour Interdit et l’Exil : Cary Grant

La plus grande tragédie de Sophia Loren ne fut ni un film raté, ni une critique assassine, mais un homme : Cary Grant. Il fut son plus grand amour, sa plus douloureuse déchirure, et l’homme qui, sans même le vouloir, faillit faire dérailler sa carrière à peine celle-ci avait-elle commencé à Hollywood. En 1956, sur le tournage d’Orgueil et Passion, Sophia n’avait que 21 ans, jeune, radieuse, encore une étrangère dans ce monde hollywoodien dont elle maîtrisait à peine la langue. Cary Grant, lui, avait 52 ans, l’incarnation de l’élégance, une légende vivante du cinéma, marié à sa troisième épouse.

Dès leur première rencontre, la magie opéra. “Quand j’ai enfin aperçu le profil inimitable de Cary à la porte, j’ai cru que j’allais m’évanouir”, confia-t-elle des années plus tard. Malgré les trente ans qui les séparaient et leurs engagements respectifs (Grant était marié et Sophia secrètement fiancée à Carlo Ponti), ils glissèrent inexorablement dans une liaison passionnée. Grant la poursuivit avec une ardeur inattendue, lui écrivant de longues lettres quasi mystiques, l’exhortant à prier pour eux, à penser à lui chaque nuit.

Comment une jeune femme de 21 ans, qui avait grandi dans la pauvreté et ne rêvait que de contes de fées, aurait-elle pu résister ? Elle crut à cet homme, à ses promesses de divorce, à la perspective d’une vie commune à Hollywood. Mais Hollywood est une ville bâtie sur des illusions. En 1957, Sophia attendait toujours que la promesse de Grant se concrétise. Au lieu de cela, elle reçut une lettre de l’épouse de Cary, Beti Drake, froide et brutale, lui disant que ce n’était pas la première fois que son mari s’éprenait d’une de ses partenaires.

Pour Sophia, ce fut plus qu’un rejet, une humiliation publique et une prise de conscience brutale. “J’ai cru autrefois que les hommes pouvaient être aussi tendres que les rôles qu’ils interprétaient,” confia-t-elle amèrement, “mais il jouait et moi, j’étais vrai”. Le cœur brisé, Sophia fit un choix de raison, retournant vers Carlo Ponti, l’homme qui l’attendait patiemment. Elle accepta sa demande en mariage, non par amour fou, mais par résignation, cherchant la sécurité et la stabilité que Grant ne pouvait lui offrir.

Mais ce choix l’entraîna dans un autre malheur. Ponti était toujours marié aux yeux de l’Église catholique italienne, où le divorce était illégal. Leur mariage, célébré en secret au Mexique, fut immédiatement condamné par le Vatican. Sophia Loren fut accusée de concubinage et de bigamie, ostracisée, traînée dans la boue, excommuniée, et contrainte à un exil forcé en France et en Suisse pendant des années pour échapper à la prison. Pendant ce temps, Cary Grant sortit de l’affaire totalement indemne. L’impact sur sa carrière américaine fut dévastateur. Le scandale était trop grand pour une Amérique encore sous le joug du code de censure morale. Des rôles majeurs lui échappèrent. Ce n’est qu’en 1962, avec son Oscar pour La Ciociara, qu’elle força à nouveau le respect de l’industrie, non pas grâce aux studios, mais malgré eux, par la seule force de son talent.

L’Agression Silencieuse : Marlon Brando

Sophia Loren connut l’humiliation de la part de nombreux hommes puissants, mais peu d’incidents furent aussi brutaux et silencieux que celui qui se déroula sur le tournage de La Comtesse de Hong Kong en 1967. Face à elle, une autre légende, un mythe vivant du cinéma : Marlon Brando. Leur rencontre sur ce projet, réalisé par un troisième géant, Charlie Chaplin, promettait d’entrer dans l’histoire du cinéma. Mais ce fut l’un des tournages les plus laids et les plus tendus de la carrière de Sophia.

Dans ses mémoires, Hier, aujourd’hui, demain : ma vie, elle raconte l’instant précis qui fit tout basculer : “Un jour, entre deux prises, alors qu’il se préparait pour une scène, Brando a agi tout à coup. Il a posé ses mains sur moi”. Ce n’était pas un geste anodin, mais une agression. La réaction de Sophia fut instantanée, glaciale et sans appel. Elle ne cria pas, n’alerta pas l’équipe. Elle se retourna calmement, le fixa droit dans les yeux, et avec un calme terrifiant, lui souffla au visage, comme un chat qu’on caresse à rebrousse-poil : “N’ose jamais plus recommencer. Plus jamais !”.

Ces mots tombèrent sur le plateau comme du verre brisé. Marlon Brando, l’acteur le plus intouchable de sa génération, parut petit, désarmé, presque honteux. Il ne tenta plus jamais rien, mais le mal était fait. La violation physique n’était que le début de la guerre psychologique. À partir de cet instant, leur relation professionnelle s’effondra. Les scènes qui devaient respirer la tendresse n’exhalaient plus qu’une froideur polaire, une tension palpable à l’écran. Brando, déjà connu pour son comportement erratique, devint tout simplement impossible à gérer, arrivant sur le plateau avec des heures de retard, faisant attendre tout le monde, y compris Chaplin.

À Hollywood, le silence était souvent une stratégie de survie pour les actrices. Subir en silence était souvent la seule option pour ne pas être cataloguée comme “difficile”. Mais Sophia Loren choisit la défiance. Elle n’a pas caché ce que Brando avait fait, elle a fixé ses limites à haute voix devant une équipe qui avait sans doute été témoin de ce genre de comportement des dizaines de fois. C’était un geste d’un courage inouï, mais lourd de conséquences. Brando était une institution, et les murmures commencèrent à circuler. Sophia Loren, autrefois courtisée, se retrouva soudain face à moins d’appels, moins de propositions, et de plus en plus de rumeurs la qualifiant de “capricieuse”, “d’ingérable”. Elle n’avait pas plié devant l’un des rois d’Hollywood, et elle allait le payer.

Malgré l’humiliation, Sophia refusa de se laisser définir par cet épisode. Elle continua à tourner, à gagner des prix, mais elle n’oublia jamais ce jour où le plus grand acteur du monde lui avait montré son visage le plus laid.

La Haine Silencieuse : Charlton Heston

Si l’agression de Brando fut un choc brutal, la guerre psychologique qu’elle dut mener contre Charlton Heston fut une torture lente et insidieuse. Sophia Loren, la déesse italienne, était censée être l’égale de Charlton Heston, le prophète de l’Ancien Testament et le guerrier de Ben-Hur. Quand ils furent réunis en 1961 pour l’épopée Le Cid, le monde s’attendait à une passion foudroyante à l’écran. Ce qu’il obtint fut une guerre froide, une haine silencieuse qui déborda du plateau et qui, selon Loren, faillit une fois de plus briser sa carrière.

Le Cid était une production colossale. Pour incarner le héros, le producteur Samuel Bronston choisit Heston, qui sortait de son triomphe aux Oscars pour Ben-Hur. Il était la royauté d’Hollywood, un homme à l’ego aussi immense que les péplums dans lesquels il jouait, convaincu que le film lui appartenait. Puis on lui imposa Sophia Loren pour incarner Chimène, l’épouse du Cid. À cette époque, Loren avait déjà conquis l’Europe et commençait à s’imposer à Hollywood. Elle n’avait pas peur d’exiger ce qu’elle estimait mériter, et ses exigences allaient déclencher une querelle qui transforma le tournage en un véritable champ de bataille.

D’abord, elle négocia un salaire colossal pour l’époque : un million de dollars, dit-on, soit plus que celui d’Heston. Scandale. Ensuite, elle obtint 250 dollars par semaine pour son coiffeur personnel. Pire encore, elle fit traduire le script en italien, le jugea insatisfaisant, puis le fit réécrire en anglais dans un style qui lui convenait mieux, insistant pour que les scènes romantiques soient développées. Elle refusait d’être la simple épouse décorative du grand héros. Pour Charlton Heston, le roi incontesté des fresques hollywoodiennes, c’était un affront insupportable. Il se voyait comme l’unique étoile du film, et voilà que cette actrice italienne venait remodeler le scénario pour se mettre en valeur.

Très vite, une animosité glaciale s’installa. Le glamour de Sophia, ses exigences, son perfectionnisme, tout agaçait Heston au plus haut point. Son mépris devint si grand qu’il en vint, selon les rumeurs du plateau, à exiger qu’un double le remplace dans les scènes où la caméra ne filmait que le visage de Sophia. Il refusait de lui donner la réplique. Même les scènes d’amour, censées être le cœur émotionnel du film, devinrent un supplice. Dans la séquence finale, sur le lit de mort, où les époux devaient partager un dernier adieu tragique, Heston parvenait à peine à la regarder dans les yeux. Il expliqua plus tard, avec un ton presque moqueur, qu’il “regardait vers l’avenir” plutôt que dans les yeux de son épouse. Ce que le public prit pour de la noblesse stoïque n’était en réalité que du mépris pur et simple.

En coulisse, la guerre se poursuivit sur les affiches du film : le nom d’Heston était placé au-dessus de celui de Loren, ce qui était contraire à leur accord. Sophia porta plainte contre le producteur pour rupture de contrat. Pour elle, ce n’était pas une question de vanité, mais de pouvoir et de respect. Bien que Le Cid fut un immense succès au box-office, les cicatrices de cette querelle restèrent. Les critiques de l’époque notèrent tous “l’étrange et déconcertante absence de chimie” entre les deux stars. Pour Sophia, ce fut une dévastation personnelle. L’influence de Charlton Heston à Hollywood était considérable, et combinée aux rumeurs qui la dépeignaient comme une diva capricieuse, sa réputation fut à nouveau entachée. Les grands rôles à Hollywood se firent plus rares. Elle confia un jour en privé : “Ils m’ont punie parce que je voulais du respect. Ils ne pouvaient pas me pardonner de ne pas m’être incliné devant son ego”. Une fois de plus, elle avait tenu tête à un roi d’Hollywood, et une fois de plus, on tentait de le lui faire payer.

Le Cliché Qui Tue : Jayne Mansfield

Parfois, une carrière ne tient pas à un rôle ou à une querelle, mais à une simple photographie. C’est l’une des images les plus célèbres, les plus analysées et les plus mal comprises de l’histoire d’Hollywood : Sophia Loren, la déesse du cinéma, lançant un regard assassin vers le décolleté vertigineux de Jayne Mansfield lors d’une soirée à Beverly Hills. Ce cliché est devenu une icône, l’incarnation du “side-eye” ultime. Mais pour Sophia Loren, ce moment n’avait rien d’une plaisanterie. Derrière ce regard se cachaient la peur, la colère et la certitude qu’à Hollywood, une seule soirée, un seul scandale, pouvait suffire à ruiner une réputation. Et Jayne Mansfield, la blonde explosive autoproclamée, faillit bien y parvenir.

Le contexte est crucial : nous sommes en 1957. Sophia Loren vient de signer un contrat majeur avec le studio Paramount. Elle a 22 ans, elle est la nouvelle sensation européenne qu’Hollywood veut s’arracher. Pour célébrer son arrivée, Paramount organise une fête somptueuse en son honneur. Cette soirée devait être son couronnement, sa présentation officielle à la haute société du cinéma. C’est alors que Jayne Mansfield fit son entrée, en retard bien sûr, un retard théâtral parfaitement calculé. Mansfield était l’anti-Sophia : là où Sophia cultivait une élégance naturelle, Mansfield était une caricature de la starlette hollywoodienne, chevelure platine peroxydée, formes généreuses mises en avant par une robe en satin si échancrée qu’elle semblait conçue pour provoquer un accident.

Et le scandale arriva. Ignorant le reste de la salle, Mansfield se dirigea tout droit vers la table d’honneur, la table de Sophia Loren. Elle s’assit à ses côtés, puis, sous le crépitement des flashs, elle se pencha en avant, juste assez pour que son décolleté menace de déborder. Les photographes frénétiques immortalisèrent la scène. La réaction de Sophia, figée à jamais sur ce cliché, est un chef-d’œuvre de communication non verbale. Ses yeux obliques ne fixent pas le visage de Mansfield, mais sa poitrine, avec un mélange d’effroi, de dégoût et de mépris. “Regardez la photo,” expliqua Loren des décennies plus tard, “où vont mes yeux ? Je fixe ces tétons parce que j’ai peur qu’ils ne tombent dans mon assiette. Sur mon visage, vous pouvez lire la peur. J’avais vraiment l’impression que tout allait exploser, boum, et déborder sur la table”.

Le public de l’époque n’a vu qu’une chose : la jalousie, la brune regardant avec envie la blonde opulente, une rivalité de femmes simple et cruelle. Mais la vérité était bien plus complexe. Pour Mansfield, ce coup d’éclat était entièrement calculé. En s’incrustant à la table de Sophia, elle a détourné toute l’attention. Le lendemain, les gros titres ne parlaient plus du contrat de Sophia Loren avec Paramount ; ils parlaient de la poitrine de Jayne Mansfield et du regard noir de sa rivale. Ce qui devait être l’intronisation de Sophia se transforma en un cirque médiatique vulgaire. À Hollywood, l’image était tout. Pour une jeune actrice étrangère qui tentait de se faire une place, ce genre d’attention était un poison. Loren voulait être reconnue pour son talent, pas être réduite à un cliché de femme jalouse dans une guerre de tabloïds. “Cette photo m’a poursuivi toute ma carrière,” avoua-t-elle, “très souvent, on me la tend pour que je la dédicace, et je ne le fais jamais. Je ne veux rien avoir à voir avec elle”. Elle craignait que Mansfield ne lui ait volé bien plus que la vedette d’une soirée, mais qu’elle ait durablement terni son image, l’étiquetant comme une femme mesquine.

Pourtant, malgré l’humiliation, Sophia refusa toujours d’entrer dans ce jeu. Elle ne signa jamais la photo, n’exploita jamais l’incident, et parla toujours de Jayne Mansfield avec une compassion et une dignité surprenantes. La vie de Mansfield fut aussi tragique que sa carrière fut flamboyante : dix ans seulement après cette photo, en 1967, elle mourut dans un terrible accident de voiture à l’âge de 34 ans. Sophia Loren ne s’est jamais moquée d’elle, n’a jamais utilisé cette image à son avantage. Elle a choisi de se souvenir de la femme derrière le personnage, une femme qui, comme elle, se battait pour survivre dans la jungle impitoyable d’Hollywood.

À 90 ans, la vérité de Sophia Loren éclate enfin. Et soudain, les films que nous pensions connaître, les légendes que nous pensions admirer, prennent une toute autre couleur. De Gina Lollobrigida à Cary Grant, de Marlon Brando à Charlton Heston, en passant par Jayne Mansfield, son parcours fut une succession d’obstacles, une lutte acharnée non seulement pour la gloire, mais pour le simple respect. Derrière la déesse à l’écran se cachait une guerrière en coulisse, une femme qui a refusé de se laisser briser, définir ou réduire au silence par les hommes et les femmes qui ont tenté de la détruire. Son héritage, ce ne sont pas seulement ses films ou son Oscar, c’est sa résilience. La question demeure : peut-on encore savourer un film de la même manière quand on connaît les tensions et les agressions qui se jouaient derrière la caméra ? Les légendes d’Hollywood doivent-elles être célébrées uniquement pour leur art, ou pour les guerres qu’elles ont dû mener afin de survivre ?