La scène du Palais des Festivals de Cannes, habituée aux strass et aux triomphes, est devenue le théâtre d’un drame humain ce vendredi 1er novembre 2024. Tous les regards étaient braqués sur lui. Slimane, l’artiste à la voix d’or, le représentant acclamé de la France à l’Eurovision, se présentait aux NRJ Music Awards dans la position la plus inconfortable de sa carrière. Quelques jours auparavant, une bombe médiatique avait explosé : une plainte pour harcèlement sexuel déposée contre lui, révélée par Le Parisien.

La question que tout le monde se posait n’était pas de savoir s’il allait gagner un prix, mais simplement s’il allait venir. Il est venu. Et ce qui s’est passé laissera une marque indélébile sur cette cérémonie.

Nommé dans deux catégories prestigieuses – “Chanson francophone de l’année” et “Artiste masculin francophone” – Slimane a choisi de ne pas se dérober. Il est monté sur scène pour interpréter “Mon amour”, ce titre puissant qui l’avait porté à l’Eurovision, cette chanson qui parle de passion, de dévotion et de douleur. Vêtu d’une combinaison bleue, l’éclairage se concentrant sur son visage, l’atmosphère était électrique. Chaque note semblait chargée d’une tension nouvelle, chaque mot résonnait différemment à la lumière des accusations récentes.

Il a chanté avec l’intensité qu’on lui connaît, cette ferveur qui a fait de lui l’un des artistes les plus aimés de sa génération. Mais au moment où la dernière note s’est éteinte, la digue a cédé. Le chanteur, visiblement submergé par l’émotion, a baissé la tête. Son corps a été secoué de sanglots. Slimane, l’homme fort, le performeur impeccable, a fondu en larmes devant des millions de téléspectateurs, avant de quitter précipitamment la scène.

Ce moment de vulnérabilité brute, capturé en direct, est instantanément devenu le sujet de toutes les conversations. Était-ce les larmes d’un homme injustement accusé, écrasé par le poids de la calomnie ? Était-ce l’expression d’un remords, ou simplement la décompression d’une pression médiatique insoutenable ?

Sur les réseaux sociaux, la réaction a été immédiate et massive. Une vague de soutien s’est levée pour défendre l’artiste. “Mon Slimane, heureux de te voir ce soir, force à toi”, pouvait-on lire, ou encore des messages touchés par cette franchise émotionnelle : “Il a fondu en larmes… il m’a touché.” Ses fans, sa communauté, ont fait bloc, témoignant d’une loyauté indéfectible en cette période sombre.

Mais ce moment de télévision ne peut occulter la gravité de ce qui se joue en coulisses. L’accusation est sérieuse. Le 28 octobre, le parquet de Saint-Étienne confirmait le dépôt d’une plainte pour harcèlement sexuel par un ancien technicien de sa tournée. Les faits remonteraient à la nuit du 17 au 18 décembre 2023, au Zénith de Saint-Étienne.

Selon les détails rapportés par l’avocate du plaignant, Me Anne-Sophie Shira, Slimane aurait eu un comportement insistant envers le technicien, qui aurait “clairement exprimé ne pas être intéressé”. La plainte fait état de “messages et vidéos à caractère sexuel” envoyés par le chanteur “pendant plus de deux heures”, malgré les refus répétés de la victime présumée.

Ces allégations jettent une ombre immense sur l’image de l’artiste. Dans l’attente des suites judiciaires, le principe de la présomption d’innocence reste de mise, mais la machine médiatique et publique s’est emballée. La présence de Slimane aux NMA était donc un pari à haut risque. En choisissant de ne pas annuler, il envoyait un message : celui qu’il faisait face, qu’il ne se cachait pas. Mais en s’effondrant, il a aussi montré qu’il était un homme à terre.

La soirée des NRJ Music Awards 2024 ne restera pas dans les annales pour son palmarès, mais pour ce moment de tension pure. La vue de Slimane en larmes a rappelé à quel point la gloire est fragile et à quel point la chute peut être vertigineuse. L’émotion brute du chanteur a, pour un instant, éclipsé la musique, laissant le public avec une image complexe : celle d’un artiste adulé, désormais au centre d’une tempête judiciaire, fondant en larmes sur la scène même de son triomphe. La suite de l’histoire ne se jouera plus sous les projecteurs, mais dans le silence des tribunaux.