Elle est l’incarnation du glamour, la femme fatale qui a marqué le siècle d’un simple croisement de jambes. Mais derrière l’image glacée de Catherine Tramell dans Basic Instinct, Sharon Stone a traversé des cercles de l’enfer que peu pourraient imaginer. À 66 ans, l’actrice ne joue plus. Elle se livre, brute, sans fard, racontant comment elle a survécu à une enfance traumatisante, à la maladie, à la brutalité d’Hollywood et à la perte de ceux qu’elle aimait le plus. Voici l’histoire d’une survivante qui a défié la mort, pas une fois, mais mille fois.
“1% de chance de survie” : Le jour où tout a basculé
En 2001, alors qu’elle est au sommet de sa gloire, le monde de Sharon Stone s’effondre. Une douleur fulgurante, un corps qui lâche. Le verdict tombe : hémorragie cérébrale massive, artère vertébrale sectionnée. À l’hôpital, les médecins sont pessimistes. Ils lui donnent 1 % de chance de survie. Sharon ne le sait pas encore, mais elle devra attendre un mois entier pour savoir si elle verra le jour suivant.
“J’ai été mise de côté pendant 20 ans”, confie-t-elle aujourd’hui avec amertume. Car à Hollywood, la faiblesse ne pardonne pas. Sa convalescence a duré sept longues années, sept années durant lesquelles le téléphone a cessé de sonner. Celle qui était une “très grande star de cinéma” est devenue une paria. “Les gens m’ont traitée terriblement”, avoue-t-elle. De l’oubli à l’indifférence, Sharon a vu le vrai visage de l’industrie : “Vous ne l’aimez pas ? Elle est difficile ? Jetez-la comme une ordure.”

Les fantômes d’une enfance volée
Si sa vie d’adulte fut un combat, son enfance fut un cauchemar. Dans ses mémoires, The Beauty of Living Twice, Sharon Stone a levé le voile sur un secret de famille terrifiant. Elle et sa sœur Kelly ont subi les abus de leur grand-père maternel. Un homme violent, qui battait aussi sa propre femme, et qui a laissé des cicatrices indélébiles dans l’âme de la jeune Sharon.
“J’étais un désastre social”, dit-elle. Comment se construire quand la figure d’autorité est un bourreau ? La mort de ce grand-père, quand elle avait 14 ans, fut vécue non comme un deuil, mais comme une libération. “J’étais heureuse qu’il soit parti”, admet-elle, soulagée qu’il ne puisse plus jamais leur faire de mal. C’est peut-être dans cette épreuve originelle que Sharon a puisé cette rage de vivre qui ne l’a jamais quittée.
Hollywood : Le miroir aux alouettes
On pourrait croire que le succès a pansé les plaies. Au contraire, il en a ouvert de nouvelles. Sharon Stone raconte sans détour le sexisme systémique de l’usine à rêves. Pour Basic Instinct, le film qui a fait d’elle une légende, elle a été payée une misère, pas assez pour s’acheter une robe pour les Oscars, tandis que Michael Douglas empochait 14 millions de dollars.
Pire encore, elle révèle avoir été piégée pour la scène culte de l’interrogatoire. Le réalisateur Paul Verhoeven lui aurait demandé d’enlever sa culotte blanche à cause d’un “reflet”, promettant qu’on ne verrait rien. On connaît la suite. “C’était horrible, j’étais tellement humiliée”, se souvient-elle. Réduite à un corps, à un fantasme, elle a dû se battre pour exister au-delà de son image. “Supprimons les femmes, parce qu’elles pourraient surpasser les hommes”, lance-t-elle avec ironie pour dénoncer l’âgisme qui frappe les actrices dès la quarantaine.

La mère courage face au deuil
La vie privée de Sharon Stone n’a pas été un refuge, mais un autre champ de bataille. Son désir de maternité s’est heurté à une réalité biologique cruelle : elle a perdu neuf enfants par fausses couches. “Nous n’avons pas de plateforme pour discuter de la profondeur de cette perte”, déplore-t-elle, brisant un tabou douloureux.
Finalement devenue mère par adoption, elle a dû affronter l’inimaginable : perdre la garde de son fils aîné, Roan, en 2008. Un juge a estimé que ses rôles de cinéma la rendaient inapte à être mère, une injustice qu’elle a payée de torrents de larmes. Et le sort s’est acharné : la mort de son neveu River, bébé, puis celle de son frère Patrick en 2023. “J’ai survécu à tout”, résume-t-elle.
Ruinée mais libre

Récemment, Sharon a révélé avoir perdu “la moitié de son argent” suite à des crises bancaires. Mais pour celle qui a vu la mort en face, l’argent n’est qu’un détail. Aujourd’hui, Sharon Stone ne cherche plus à plaire à Hollywood ni à trouver un compagnon (“Les gens sont insincères”). Elle se consacre à l’essentiel : ses fils, sa santé, et la peinture.
Son parcours n’est pas celui d’une victime, mais d’une guerrière. Chaque ride sur son visage raconte une victoire sur le néant. “La vie est si belle”, dit-elle en pleurant, non pas de tristesse, mais de gratitude. Sharon Stone est la preuve vivante que l’on peut être brisée mille fois et se relever, encore plus forte, encore plus belle. Une véritable inspiration.
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