Le paysage politique français est habitué aux débats houleux, mais certaines interventions marquent plus que d’autres par leur clarté et leur fermeté. C’est précisément ce qui s’est produit lors du passage remarqué de Sarah Knafo, eurodéputée Reconquête, sur le plateau des “Grandes Gueules”. Face à des journalistes et des chroniqueurs tentant de défendre des positions juridiques complexes, elle a choisi la voie de l’évidence et du bon sens, quitte à bousculer violemment le confort intellectuel de ses interlocuteurs.

Le Mariage des OQTF : Une Aberration Française ?

Le débat a débuté sur une question qui indigne une grande partie de l’opinion : le droit au mariage pour les étrangers faisant l’objet d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Alors qu’un journaliste rappelait que le mariage est une “liberté fondamentale” garantie par le droit, Sarah Knafo a immédiatement sauté sur l’occasion pour pointer ce qu’elle considère comme une anomalie systémique.

« Aujourd’hui, les Français apprennent que les OQTF ont le droit de se marier, d’acheter une maison et de s’inscrire à l’université », a-t-elle lancé avec une pointe d’ironie amère. Pour elle, la situation est simple : être sous OQTF signifie être dans l’illégalité. Or, dans l’esprit de Knafo, “illégal égale hors la loi”. Elle s’est étonnée qu’en France, contrairement à la quasi-totalité des autres pays du monde, un clandestin puisse se présenter devant un officier d’état civil — un représentant de l’État — pour faire valoir des droits alors qu’il a violé les règles d’entrée ou de séjour sur le territoire.

“Remettre l’église au milieu du village”

Le recadrage ne s’est pas arrêté là. Face aux nuances juridiques du Conseil Constitutionnel, Sarah Knafo a opposé une réalité politique stricte. Pour elle, le seul droit qu’une personne sous OQTF devrait posséder est celui d’être raccompagnée à la frontière. Elle a plaidé pour un véritable “plan d’expulsion” et un rapport de force diplomatique tendu avec les pays d’origine, citant nommément l’Algérie, qui rechignent souvent à délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires aux renvois.

Ce discours, perçu par ses partisans comme un retour au “bon sens” et par ses détracteurs comme une attaque contre les droits de l’homme, a mis le plateau dans une situation inconfortable. Sarah Knafo semble déterminée à ne plus laisser passer ce qu’elle appelle des “débats sur des choses évidentes” qui, selon elle, ne durent qu’en France.

L’Union des Droites et le Spectre de Meloni

La seconde partie de l’intervention s’est concentrée sur la survie politique de son mouvement. Interpellée sur ses faibles scores nationaux aux dernières législatives (0,5% au niveau national, bien qu’elle revendique 3% dans les circonscriptions où Reconquête était présent), elle a été confrontée au risque de se faire “bouffer” par le Rassemblement National ou Les Républicains dans une éventuelle Union des Droites.

Sa réponse fut une leçon d’histoire politique récente : Georgia Meloni. Knafo a rappelé qu’il y a seulement cinq ans, l’actuelle Première ministre italienne stagnait à 2% face à un Matteo Salvini qui dominait la droite à plus de 30%. « Tout le monde lui disait d’arrêter, que sa ligne ne valait rien. Cinq ans plus tard, elle a totalement inversé le rapport de force », a-t-elle martelé. En se comparant à cette figure de proue de la droite européenne, Sarah Knafo affirme son ambition : ne pas être une force d’appoint, mais le futur leadership d’une droite de conviction.

Sarah Knafo face aux GG - 24/03

Une joute verbale qui laisse des traces

Que l’on soit en accord avec ses idées ou non, force est de constater que Sarah Knafo maîtrise l’art de la rhétorique télévisuelle. En recadrant les journalistes sur la sémantique de la “clandestinité” et en renvoyant les critiques sur ses scores à une vision de long terme, elle renforce son image de femme politique de fer.

Cette intervention a suscité des milliers de réactions sur les réseaux sociaux, prouvant une fois de plus que les thématiques de l’identité et de la souveraineté restent les nerfs de la guerre du débat public français. Pour Sarah Knafo, ce n’était qu’une étape de plus dans sa stratégie de “remettre l’église au milieu du village” et de préparer, peut-être, le futur grand chambardement de la droite française.

Européennes: qui est Sarah Knafo, la compagne d'Éric Zemmour et numéro 3  sur la liste Reconquête