Dans un paysage médiatique souvent saturé par la pensée unique économique, il est des voix qui s’élèvent pour briser les consensus mous. C’est le cas de Sarah Knafo, députée européenne Reconquête, qui a récemment livré une charge virulente et argumentée contre la fameuse “taxe Zucman”, du nom de l’économiste Gabriel Zucman, nouvelle coqueluche de la gauche et des plateaux de service public. En quelques minutes d’une intervention chirurgicale, elle a tenu à déconstruire ce qu’elle qualifie d’arnaque intellectuelle et de danger mortel pour l’économie française.

La Fausse Bonne Idée des 2%

Sur le papier, la proposition de Gabriel Zucman semble séduisante, presque indolore : instaurer une taxe mondiale de 2% sur la fortune des milliardaires. “2%, ce n’est pas grand-chose”, se dit le citoyen lambda, imaginant les coffres-forts de l’Oncle Picsou débordant de liquidités. Mais Sarah Knafo pointe immédiatement le sophisme de base. La richesse des grands patrons, comme Bernard Arnault (LVMH), n’est pas constituée d’argent dormant sur un compte courant, mais d’actions, d’usines, d’investissements, bref, de capital productif.

“Bernard Arnault a environ 150 milliards de patrimoine, mais il n’a pas sur son compte les 3 milliards d’euros qu’il faudrait payer pour la taxe Zucman”, explique-t-elle. Pour s’acquitter de cet impôt, ces capitaines d’industrie seraient contraints de vendre une partie de leur outil de travail. Et c’est là que le piège se referme.

Le Risque de Prédation Étrangère

La question cruciale posée par Sarah Knafo est simple : si nos entrepreneurs doivent vendre des parts de leurs entreprises pour payer l’État, qui va acheter ? La réponse est glaçante pour quiconque se soucie de souveraineté nationale : les fonds de pension américains, les investisseurs chinois, ou les pétromonarchies.

Elle prend l’exemple parlant de Mistral AI, la pépite française de l’intelligence artificielle. Si ses fondateurs sont forcés de liquider des actions pour payer une taxe sur une valorisation théorique, ils perdront le contrôle de leur création au profit de puissances étrangères. “Ils pourront comme d’habitude remercier nos élites”, ironise-t-elle, dénonçant un mécanisme qui revient à organiser le démantèlement de notre tissu industriel au profit de nos concurrents mondiaux.

L’État Actionnaire : Une Utopie Dangereuse

Face à cet argument, les défenseurs de la taxe, comme Thomas Piketty (mentor de Zucman), suggèrent que l’État pourrait récupérer ces actions. Une idée qui fait bondir Sarah Knafo. “L’État n’arrive pas à faire son travail d’État… on n’arrive pas à gérer notre sécurité, mais l’État va maintenant devenir actionnaire dans Mistral ?”, s’insurge-t-elle.

Elle pointe du doigt l’inefficacité chronique de la puissance publique dans ses missions régaliennes (sécurité, justice, santé) pour mieux souligner l’absurdité de vouloir transformer l’administration en gestionnaire d’entreprises technologiques. Pour elle, confier les clés de l’innovation à des bureaucrates est le plus sûr moyen de tuer la compétitivité française.

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Le Vrai Problème : La Dépense, pas la Recette

Au-delà de la critique technique de la taxe Zucman, Sarah Knafo s’attaque à la philosophie fiscale française. Elle rappelle un chiffre vertigineux : la France prélève chaque année 1300 milliards d’euros d’impôts et cotisations. C’est un record au sein de l’OCDE, et peut-être même “le record de l’histoire”.

“Notre problème n’est donc pas de ne pas avoir assez de recettes, on a un problème de dépense”, martèle-t-elle. Là où la taxe Zucman rapporterait hypothétiquement 5 milliards d’euros (au prix d’une perte de souveraineté), Sarah Knafo propose un plan d’économies de 63 milliards d’euros. Sa logique est implacable : plutôt que de chercher à tondre encore plus ceux qui créent de la richesse, il faut arrêter l’hémorragie des dépenses publiques inefficaces et recentrer l’État sur ses missions essentielles.

Zucman, le Cheval de Troie ?

Enfin, l’intervention de Sarah Knafo prend une tournure plus politique lorsqu’elle interroge les origines et les soutiens de ces théories économiques. Elle dénonce l’omniprésence médiatique de Gabriel Zucman sur le service public (France Inter, France 2, etc.), présenté comme un génie indiscutable sans véritable contradiction. Elle suggère, en filigrane, que ces idées, souvent soutenues par des fondations ou des cercles d’influence internationaux (notamment américains), servent des intérêts qui ne sont pas ceux de la France.

En conclusion, la charge de Sarah Knafo contre la taxe Zucman dépasse le simple débat fiscal. C’est un appel au réveil sur la réalité économique : la France ne s’enrichira pas en affaiblissant ses champions, mais en libérant ses énergies et en gérant mieux l’argent de ses contribuables. Une leçon de réalisme qui, face aux promesses demagogiques de “faire payer les riches”, a le mérite de la clarté et du courage.

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