Pendant trente ans, elle a été l’incarnation du glamour hollywoodien, une icône intouchable qui, malgré son amour affiché pour la France, avait observé un silence quasi monacal sur la politique de l’Hexagone. Julia Roberts, l’éternelle “Pretty Woman”, a toujours su naviguer entre son statut de superstar et son engagement discret. Jamais un mot plus haut que l’autre contre un président français. Mais en 2025, ce silence a volé en éclats. Une seule phrase, un seul tweet, et l’édifice diplomatique soigneusement construit entre l’icône progressiste et l’Élysée s’est mis à vaciller, provoquant une onde de choc qui a cité Macron, Bayrou et Darmanin en l’espace de 48 heures. La France, divisée, assiste à la révélation d’une alliance que l’on croyait en or, mais qui n’était plus qu’un “miroir brisé”.

Pour comprendre l’ampleur de cette déflagration, il faut remonter aux années 1990. D’un côté, Julia Roberts, auréolée du triomphe de Pretty Woman, commence à forger sa conscience politique, s’engageant pour les droits des femmes et soutenant activement Bill Clinton. De l’autre, à Paris, un jeune étudiant en philosophie nommé Emmanuel Macron nourrit déjà des ambitions libérales et une vision d’une Europe unie.

Leur “union” n’a jamais été intime, mais elle fut une puissante alliance transatlantique symbolique et pragmatique. Elle, icône des démocrates, voyait la France comme une plateforme pour amplifier sa voix féministe sur la scène mondiale. Lui, futur président, percevait en Hollywood un levier glamour indispensable pour moderniser l’image de la France auprès des élites américaines. Les premiers échanges furent courtois, une admiration mesurée exprimée par Julia lors de l’élection de Macron en 2017, scellant une entente élégante entre la star de 49 ans et le jeune président de 39 ans.

Cette idylle symbolique s’est nourrie de gestes forts. Lorsque la France impulsait les Accords de Paris sur le climat en 2015, Julia Roberts saluait publiquement cette “vision audacieuse”. De son côté, Emmanuel Macron, une fois à l’Élysée, n’a cessé de cultiver ses liens avec les stars américaines, invitant Oprah et George Clooney à des dîners d’État, brandissant Hollywood comme un étendard culturel. Il ira même jusqu’à citer Pretty Woman dans un discours sur l’égalité des chances à l’Assemblée.

Pourtant, derrière les flashs et les sourires protocolaires, une fissure invisible commençait à apparaître dès 2018. L’actrice, habituée à déceler les faux-semblants, a commencé à sentir un décalage. Emmanuel Macron, lancé dans une ascension effrénée, était accaparé par la réforme du travail, la gestion de la crise COVID puis les tensions européennes. Ses priorités s’éloignaient inexorablement des attentes des progressistes hollywoodiens.

La rupture fut d’abord idéologique. Julia Roberts, s’exprimant lors de rassemblements en Californie pour le droit à l’avortement, sentait que sa voix n’était plus entendue à Paris. “Je me sentais instrumentalisée”, a-t-elle confié dans une interview choc. “Il ne nous écoutait plus. Sa présence n’était que pour l’apparence diplomatique, jamais pour un partage authentique des valeurs.”

L’actrice a commencé à noter ce qu’elle perçoit comme une “duplicité”. Elle pointe des déclarations qu’elle juge “tièdes” sur l’avortement, et ce, malgré sa constitutionnalisation historique en France en mars 2024. Elle s’étonne du “silence assourdissant” du président sur les obstacles pratiques, comme les fermetures de cliniques. Une froideur s’installe. Les messages privés cessent, les invitations à l’Élysée se font rares.

La star décrit un homme à “deux facettes” : l’une, publique, charismatique et réformiste ; l’autre, privée, pragmatique et autoritaire, pliant sous les pressions internes. Le point de non-retour semble avoir été atteint lorsque, selon des fuites, elle apprend que l’Élysée maintenait des “alliances parallèles” avec des donateurs républicains modérés, bien avant la campagne explosive de Kamala Harris.

Mais pourquoi avoir gardé le silence si longtemps ? C’est la question que tout le monde se pose. La réponse est venue d’un podium, non pas à Hollywood, mais en Géorgie, le 9 octobre dernier. Devant une foule de mères de famille et de jeunes électrices, Julia Roberts, la voix tremblante d’émotion, a livré la clé de son mutisme. “Je tenais à préserver l’Alliance atlantique”, a-t-elle déclaré. “Je refusais que nos partenaires européens, la France en tête, soient publiquement ridiculisés par une star hollywoodienne. Je ne voulais pas qu’on me cantonne au rôle d’une diva partisane.”

Puis, elle a lâché la bombe. Elle a évoqué des “pressions subtiles”, lourdes comme des “chaînes dorées”. Un dîner à l’Élysée en 2019, annulé à la dernière minute pour “raison d’agenda” alors que son vol était déjà réservé. Des “recommandations voilées” de l’entourage macronien, transmises par l’ambassade de France à Washington, lui suggérant d’éviter les déclarations “trop frontales” sur l’IVG ou le climat pour ne pas “compliquer les relations bilatérales”.

L’effet de ces révélations a été immédiat. À Paris, l’embarras est palpable. François Bayrou, sur France 2, a dénoncé une “vision caricaturale”, rappelant la constitutionnalisation de l’IVG. Gérald Darmanin a tweeté, avec un respect teinté d’ironie, que “la politique française ne se fait pas à Hollywood”. Mais le mal était fait. Le hashtag #JVT (Julia vs. TheÉlysée) est devenu viral.

Cette rupture spectaculaire ne signifie pas pour autant la fin de l’histoire d’amour entre Julia Roberts et la France. Son affection pour le pays, son rôle d’égérie pour Lancôme, sa Légion d’honneur reçue en 2013 (des mains de Nicolas Sarkozy, faut-il le préciser) et sa bastide dans le Luberon témoignent d’un lien profond, qui dépasse la politique. C’est là-bas, en Provence, qu’elle est repartie, achetant son miel à 7 heures du matin, sans maquillage et sans micro.

Mais cette fois, son silence a un goût de liberté. Julia Roberts n’a pas brisé une alliance ; elle a révélé ce qu’elle était devenue : un décor, un sourire sur une photo, un slogan sans suite. En parlant, elle n’a pas tant attaqué un homme qu’un système. Elle a tendu un miroir à une nation qui se dit progressiste mais qui, selon elle, ferme encore les yeux sur ses propres silences. L’Élysée ne répondra sans doute pas. Mais l’isoloir, comme le conclut l’actrice, “ne ment jamais”.