“On a dit qu’on avait couché ensemble, Sarko et moi, c’est absurde.” La phrase claque comme une gifle, sèche et définitive. À 60 ans passés, Rachida Dati a choisi de briser le silence. Mais derrière ce démenti spectaculaire se cache une vérité bien plus complexe, celle d’une relation fusionnelle qui a traversé les tempêtes, les ors de la République et, plus récemment, l’ombre des barreaux.

L’ascension d’une combattante

Pour comprendre l’indestructible lien qui unit Rachida Dati à l’ancien président, il faut revenir aux origines. Loin des salons feutrés, l’histoire commence dans une cité HLM de Saint-Rémy, où une petite fille, née dans une fratrie de douze, décide que son destin ne s’arrêtera pas aux murs humides de son enfance. Fille d’un maçon marocain et d’une mère algérienne, Rachida Dati s’est construite dans le combat. “Les enfants comprenaient très vite que la vie n’offrirait rien sans lutte”, raconte-t-on.

De ses petits boulots d’étudiante à son entrée fracassante à l’École Nationale de la Magistrature, elle a forcé toutes les portes, transformant chaque humiliation en carburant. C’est cette “détermination féroce” qui, au début des années 2000, tape dans l’œil d’un certain Nicolas Sarkozy.

Le pacte de l’ombre

Leur rencontre sonne comme une évidence. “Vous n’êtes pas comme les autres”, lui lance-t-il. Il a vu en elle ce que personne d’autre n’avait perçu : une énergie brute, une capacité à dire tout haut ce que les courtisans murmurent. Elle devient son ombre, sa collaboratrice la plus franche, celle qui ose le contredire.

Lorsqu’il accède à l’Élysée en 2007, il la propulse Garde des Sceaux. Un symbole puissant, mais aussi le début de l’enfer. Surnommée “La Panthère”, scrutée, attaquée sur ses tenues autant que sur ses réformes, elle encaisse avec une résilience de fer. Et au milieu de ce tourbillon, une rumeur s’installe, tenace : quelle est la nature réelle de leur relation ? Amitié ? Amour ? Stratégie ? Dati laisse dire, protégeant farouchement son jardin secret, notamment lors de la naissance de sa fille Zohra, dont elle taira longtemps le nom du père.

L’épreuve du feu : Le 1er mars 2025

Nicolas Sarkozy emerges from shadows to back protégée Rachida Dati for  Paris mayor

Mais c’est dans l’adversité que les masques tombent réellement. Le documentaire La vérité sur l’histoire d’amour de Rachida Dati et Nicolas Sarkozy met en lumière un tournant dramatique : le verdict du 1er mars 2025. Ce jour-là, Paris est gris, lourd. Nicolas Sarkozy est condamné à cinq ans de prison, dont deux fermes.

Dans la salle d’audience, les regards ne sont pas tournés vers l’ancien président, impassible, mais vers elle. Dati, vêtue d’un manteau noir, digne comme une statue de marbre, vacille imperceptiblement. Pas de larmes publiques, mais une douleur sourde. “Je reste loyale, je ne renie pas mes amitiés”, déclarera-t-elle plus tard, bravant les critiques.

Le plus marquant reste cette image volée, quelques jours plus tard : Rachida Dati sortant discrètement de la prison de la Santé. Un geste simple, presque suicidaire politiquement, qu’elle balaie d’un revers de main : “C’est une affaire humaine”.

Le mystère reste entier

Aujourd’hui, alors qu’elle a retrouvé le chemin du gouvernement en tant que ministre de la Culture, nommée par Gabriel Attal, Rachida Dati semble apaisée, mais plus lointaine. Les épreuves l’ont sculptée. Elle a survécu à tout : aux préjugés, aux scandales financiers, et à la chute de son mentor.

Au final, peu importe la nature exacte de leur lien. Ce que l’histoire retiendra, c’est cette fidélité absolue, presque archaïque dans un monde politique où la trahison est monnaie courante. Dati reste cette énigme fascinante, une femme qui a marché seule vers le pouvoir et qui, dans la tempête, n’a jamais lâché la main de celui qui l’avait aidée à s’élever. Une survivante, tout simplement.

Rachida Dati, réformer l'audiovisuel public à tout prix