La rentrée médiatique était attendue, mais personne ne s’attendait à une déflagration aussi rapide. Il aura suffi de quelques heures, ce lundi 25 août, pour que Pascal Praud, de retour aux commandes de “L’Heure des Pros” sur CNews, ne lance la première polémique majeure de la saison. Et sa cible n’est autre que le Président de la République, Emmanuel Macron.

L’objet du délit ? Des clichés. Pas n’importe lesquels. Ceux du chef de l’État en vacances au Fort de Brégançon, résidence d’été présidentielle. On y voit Emmanuel Macron torse nu sur un bateau, ou encore aux commandes d’un jet ski. Des images de détente estivale, peut-être “volées” par des paparazzis, mais qui, pour le journaliste controversé, sont tout sauf anodines.

Visiblement “plus en forme que jamais” après sa propre pause estivale, Pascal Praud n’a pas retenu ses coups. L’étincelle est venue d’un téléspectateur, tentant de relativiser en comparant le président français à d’autres leaders mondiaux adeptes de sport, comme Donald Trump et son golf, ou Vladimir Poutine et son judo.

Une comparaison qui a instantanément fait exploser le présentateur.

“J’entends ça !”, a-t-il rétorqué, la voix chargée d’indignation, avant de livrer le fond de sa pensée. “Mais c’est toujours, en fait, les signaux qui sont envoyés ! C’est que : ‘Moi, je prends du bon temps’”.

La phrase est lâchée. Le procès est ouvert. Pour Pascal Praud, le problème n’est pas le sport, c’est le message. “Quand tu es président de la République, envoyer le signal que ‘Moi, je prends du bon temps’ quand la France souffre… ce n’est pas une bonne idée !”

Le mot est lâché : “la France souffre”. C’est le cœur de l’argumentaire de Praud. Il oppose la détresse supposée du peuple français à l’insouciance présumée de son dirigeant. L’image du président en vacances, profitant du soleil du Var, devient le symbole d’une déconnexion, d’une élite qui “prend du bon temps” pendant que le pays traverse des difficultés.

Le journaliste ne s’arrête pas là. Il enfonce le clou, développant une véritable théorie sur la “psychologie des hommes” de pouvoir. “C’est-à-dire que quand tu es à un certain niveau, il faut accepter les avantages et les inconvénients”, a-t-il martelé.

Et pour lui, l’inconvénient majeur de la fonction présidentielle est clair : la vie privée n’existe plus de la même manière. “Et des inconvénients, en effet, ta vie en terme de loisir, elle est plus limitée.”

Pascal Praud touche ici à un débat aussi vieux que la République : un président a-t-il le droit d’être un homme “normal” ? A-t-il le droit à l’intimité, au relâchement ?

La réponse de Praud est un “non” catégorique. Il insiste sur la question de “l’image”. Peu importe que ces photos aient été “volées”, comme il le concède lui-même. Pour lui, le président de la République se doit d’être “irréprochable” en permanence. Chaque instant, public ou privé, est politique. Il n’y a pas d’échappatoire. L’image du “président jet skieur” est, à ses yeux, une faute politique, un manquement à cette exigence de sobriété et de compassion que la fonction exigerait.

Cette sortie, typique du style Praud, n’est évidemment pas innocente. Le journaliste, habitué des coups de gueule et des prises de position tranchées, sait parfaitement l’impact de ses mots. En s’attaquant de front au chef de l’État sur un sujet aussi personnel, il se positionne une fois de plus en porte-voix d’une France populaire, celle qui se sentirait méprisée par les élites.

Il ne s’agit plus seulement de journalisme, mais d’une posture médiatique. Praud utilise l’image de Macron pour illustrer une fracture qu’il dénonce à longueur d’année : celle entre les “sachants” et le “peuple”, entre Paris et la province, entre ceux qui profitent et ceux qui souffrent.

Cette “colère” en direct, qu’elle soit sincère ou stratégique, a le mérite de lancer brutalement le débat de la rentrée. Elle rappelle que dans une société de l’image, chaque cliché d’un leader est scruté, interprété, et peut devenir une arme politique.

En quelques minutes, Pascal Praud a réussi son retour. Il a créé la polémique, imposé son tempo et rappelé à tous qu’il n’avait, décidément, “pas rangé sa langue dans sa poche”. Le scandale est lancé. Le “signal” envoyé par Macron depuis Brégançon a été reçu 5 sur 5 par le journaliste de CNews, qui s’est chargé de le traduire de la manière la plus explosive qui soit.