Dans le tumulte quotidien de l’actualité, où les débats enflammés et les joutes verbales dictent souvent la loi, il est des moments de grâce et de vérité qui suspendent le temps. Pascal Praud, le chef d’orchestre charismatique de « L’Heure des Pros » sur CNews, est connu pour son franc-parler, son énergie débordante et sa capacité à mener ses émissions à un rythme d’enfer. Pourtant, derrière cette armure médiatique de journaliste aguerri, bat le cœur d’un père profondément ému, capable de laisser tomber le masque pour livrer un témoignage d’une humanité rare. Ce témoignage concerne sa fille, Faustine, et le combat quotidien qu’elle mène contre un handicap invisible mais dévastateur : les troubles « Dys ».

Un secret de famille révélé par l’émotion

C’est au détour d’un sujet sur le handicap que Pascal Praud a choisi d’ouvrir son jardin secret. Habituellement très pudique sur sa vie privée, l’animateur n’a pu retenir ses larmes en évoquant le parcours de Faustine. Faustine n’est pas simplement une jeune femme confrontée à quelques difficultés scolaires passagères ; elle est le visage de ces milliers d’enfants dont le cerveau fonctionne différemment. Dyslexie, dyspraxie, dyscalculie : le diagnostic est tombé comme un couperet, englobant ce que l’on appelle communément les troubles cognitifs spécifiques.

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Ces troubles, qui apparaissent dès le plus jeune âge, ne sont pas une question d’intelligence ou de volonté. Ce sont des dysfonctionnements qui affectent l’apprentissage, la lecture, la coordination et le calcul. Pour Faustine, chaque mot lu, chaque chiffre écrit et chaque mouvement précis a représenté, pendant des années, une montagne à gravir. Imaginez un instant la frustration d’un enfant dont l’esprit bouillonne d’idées, mais dont les mains ou les yeux refusent d’obéir aux codes standards imposés par la société.

Le constat amer d’un système défaillant

Au-delà de l’émotion personnelle, le récit de Pascal Praud est une charge virulente et nécessaire contre l’Éducation nationale. Avec une sincérité désarmante, le journaliste a martelé une vérité que beaucoup de parents d’enfants “Dys” connaissent par cœur : « L’école classique n’est pas adaptée à ce type d’enfants ».

Dans le système scolaire traditionnel, la norme est la règle. Ceux qui n’entrent pas dans les cases, ceux qui ont besoin de plus de temps, de méthodes alternatives ou d’un accompagnement individualisé sont trop souvent laissés sur le bord du chemin. Pascal Praud souligne le “drame” que représente l’échec scolaire pour ces jeunes qui se battent pourtant deux fois plus que les autres. Pour Faustine, l’école aurait pu être le lieu d’un naufrage psychologique et social, provoquant ce déséquilibre psycho-affectif que redoutent tant les spécialistes.

Le “miracle” de l’école Diagonale

Si Faustine a réussi à obtenir son baccalauréat en 2019, ce n’est pas grâce au système public, mais grâce à une structure privée spécialisée : l’école Diagonale, située dans le 5ème arrondissement de Paris. En évoquant cet établissement, Pascal Praud ne tarit pas d’éloges, qualifiant l’endroit d’« extraordinaire ». C’est là que Faustine a trouvé l’oreille attentive et les outils pédagogiques nécessaires pour transformer ses difficultés en succès.

Mais ce constat s’accompagne d’une pointe d’amertume et d’une lucidité sociale poignante. Pascal Praud le reconnaît sans détour : s’il a pu sauver la scolarité de sa fille, c’est parce qu’il a eu la « chance de pouvoir payer ces études ». Ce cri du cœur souligne une injustice flagrante : l’accès à une éducation adaptée au handicap ne devrait pas être un privilège réservé à ceux qui en ont les moyens financiers. Qu’advient-il des autres Faustine, nées dans des familles moins favorisées ? La question reste en suspens, lourde de sens.

Pascal Praud au bord des larmes sur CNews « On a beaucoup de chagrin » |  Toutelatele

Les larmes d’une victoire partagée

Le moment le plus intense de cette confidence reste sans doute le souvenir de l’obtention du baccalauréat. Pour beaucoup, le bac est une formalité ou une étape logique. Pour Faustine et son père, ce fut une consécration, une victoire sur le destin et sur les pronostics pessimistes. Pascal Praud se souvient d’avoir été submergé par les larmes en direct à l’annonce des résultats.

« Vous n’imaginez pas comme ces enfants se battent pour avoir le bac », a-t-il lancé avec une ferveur qui a touché des millions de téléspectateurs. Ces larmes n’étaient pas seulement celles de la fierté, mais aussi celles du soulagement après des années de tension, de doutes et de travail acharné dans l’ombre. C’était la reconnaissance du courage d’une jeune fille qui n’a jamais baissé les bras malgré les obstacles cognitifs qui se dressaient devant elle.

Un message d’espoir et un appel à la bienveillance

En partageant l’histoire de Faustine, Pascal Praud dépasse son rôle de journaliste pour devenir le porte-parole d’une cause souvent méconnue. Le handicap invisible est une souffrance silencieuse qui touche non seulement l’enfant, mais toute sa cellule familiale. L’impact sur la vie sociale, professionnelle et émotionnelle persiste souvent à l’âge adulte, rendant l’accompagnement précoce absolument crucial.

Cet article se veut le reflet de cette émotion brute et de cette volonté de changer les regards. Faustine Praud est aujourd’hui une jeune femme qui avance, forte de son parcours singulier. Son histoire nous rappelle que la différence n’est pas une tare, mais une autre manière d’appréhender le monde, à condition que la société accepte de tendre la main plutôt que de pointer du doigt.

Pascal Praud, par son courage médiatique, nous invite tous à plus de bienveillance et surtout à une réflexion profonde sur la place que nous accordons aux enfants “différents” dans notre pays. Car au final, derrière chaque trouble “Dys”, il y a un talent qui ne demande qu’à éclore, pour peu qu’on lui en donne la chance. Une leçon de vie, d’amour paternel et de résilience qui mérite d’être partagée massivement.

Pascal Praud ému aux larmes en parlant des troubles de sa fille Faustine :  "Avec un enfant qui était..."