Philippe Noiret : son refuge de Turcy, joyau de l’Aude que sa veuve dut quitter après sa mort
Le 1er octobre 2025, s’il avait encore été parmi nous, Philippe Noiret aurait fêté ses 95 ans. Près de vingt ans se sont écoulés depuis sa disparition, le 23 novembre 2006, et pourtant, l’ombre douce et familière de l’acteur plane toujours sur le cinéma français. Deux fois récompensé par le César du meilleur acteur, inoubliable dans Les Ripoux, Le Vieux Fusil ou Coup de torchon, il a marqué des générations de spectateurs. Mais derrière la légende du septième art se cachait un homme profondément discret, en quête de silence et de nature. C’est dans un coin reculé de l’Aude, à Turcy, qu’il avait trouvé ce qu’il appelait son “paysage rêvé”.

L’histoire commence au milieu des années 1970. Sans préméditation, presque par accident, Noiret découvre les collines de la Malepère : un décor de demi-bois, demi-champs, qui semble taillé sur mesure pour son âme partagée entre douceur et rudesse. “C’est le fruit d’un hasard heureux. Ces petits mamelons de la Malepère, moitié bois, moitié champs, c’était le paysage dont je rêvais. À la fois doux et rude”, confiait-il en 1999 dans Pays Cathare Magazine.
Séduit, il achète une ancienne demeure du XVIIIe siècle, plantée au cœur du petit hameau de Turcy, à quelques kilomètres de Castelnaudary. Avec Monique Chaumette, son épouse, il en fait un havre de paix. Loin d’être un château tapageur, la maison dégageait une chaleur simple : murs de pierre patinés, tuiles rouges usées par le temps, fenêtres ouvertes sur des horizons de collines et de vignes. Un lieu humble, mais d’une beauté qui parlait directement au cœur.

Pendant plus de trente ans, ce refuge fut le centre de gravité de Philippe Noiret. Ici, il se dépouillait du costume de star pour redevenir simplement un homme. Turcy représentait la lenteur retrouvée, le temps long des saisons, l’enracinement.
“On y a amené la famille, les chevaux et même les chevaux des amis. Ma campagne est synonyme de promenades à cheval et de lectures”, racontait-il. Dans cette demeure, la cuisine communiquait directement avec les écuries. Chaque matin, après le petit-déjeuner, l’acteur montait à cheval et s’enfonçait dans les chemins de la Malepère. Le rythme du trot, le craquement des branches, le souffle du vent : telle était la musique de ses journées champêtres.

À Turcy, Philippe Noiret n’était pas une célébrité, mais un voisin. Le maire de Montréal, commune voisine, se souvenait : “Quand il rencontrait un ramasseur de champignons, d’asperges ou d’escargots, il s’arrêtait toujours pour échanger quelques mots. Ici, personne ne lui demandait un autographe. On le saluait simplement, comme l’un des nôtres. Il était courtois, aimait la solitude, et chacun respectait ce besoin. On le considérait vraiment comme un homme du pays.”
Ce rapport sincère avec les habitants renforça son attachement à la région. Pour lui, Turcy n’était pas une simple résidence secondaire : c’était un fragment essentiel de son existence.
Mais en novembre 2006, tout s’arrête. La mort de Noiret laisse Monique Chaumette dévastée. Revenir dans cette maison, c’était rouvrir la blessure, revivre à chaque instant l’absence. Turcy, sans Philippe, n’était plus qu’un décor trop lourd de souvenirs.

Elle choisit alors de vendre le domaine. Tout le mobilier, tous les objets accumulés au fil des années furent dispersés lors de ventes aux enchères. Y figuraient aussi bien des selles, des étriers, des gravures équestres, que des lithographies, des tableaux ou encore des meubles anciens et modernes.
Me Rémy Fournié, commissaire-priseur chargé de la dispersion, décrivait ainsi l’esprit de l’acteur : “Il pouvait acheter une babiole sans valeur et la placer à côté d’une pièce rare, accrocher un tissu africain imprimé au-dessus d’un coffre coréen du XIXe siècle. Pour lui, chaque objet comptait, qu’il soit précieux ou dérisoire.”

Les passions de Philippe Noiret aux enchères

Aux côtés de Monique, Philippe a goûté dans ses ultimes années à une sérénité rare, ce bonheur discret que l’on souhaiterait à tous
Contrairement à ce que certains auraient pu croire, cette vente n’avait rien de financier. Comme l’expliquait Me Fournié en 2008 : “Il n’y avait aucun aspect pécuniaire dans la démarche. Pour Monique, Turcy sans Philippe n’était plus possible. Et l’appartement parisien était trop petit pour accueillir ces objets. Quant à leur fille, Frédérique, très prise par son métier d’agent artistique, elle n’aurait jamais eu le temps de profiter de la maison. Leur volonté reposait sur une idée de partage, celle de permettre à d’autres de continuer à faire vivre les souvenirs de l’acteur.”
Deux ventes furent organisées. La première consacrée au monde du cheval, univers cher à Noiret. La seconde rassemblait tout le reste : œuvres, meubles, bibelots. Certaines pièces s’envolèrent pour des sommes impressionnantes, tandis que d’autres partirent pour quelques dizaines d’euros, permettant à de simples admirateurs de posséder un fragment du quotidien du comédien.

En mars 2025, près de vingt ans après sa disparition, plus de 300 lots issus de sa collection furent encore proposés chez Drouot, lors de la vente intitulée La collection d’un bienheureux. Frédérique, sa fille, expliquait alors : “Nous avons gardé ce que nous voulions vraiment conserver. J’ai offert quelques objets aux amis de mon père, comme Michel Boujenah. Mais le reste était trop vaste. Plutôt que d’entreposer tout cela dans un garde-meuble, je préfère que ces choses qu’il aimait continuent à vivre entre les mains d’autres passionnés.”
Aujourd’hui, la maison de Turcy appartient à d’autres. Mais son histoire demeure intimement liée à celle de Philippe Noiret. Elle incarne son choix d’homme : préférer les collines de l’Aude aux fastes de Paris, préférer le pas tranquille d’un cheval aux applaudissements des foules.

Les spectateurs se souviennent de ses répliques cultes et de ses regards d’acteur immense. Les habitants de Turcy, eux, se souviennent d’un voisin affable, d’un homme qui savait s’arrêter sur un chemin pour discuter avec un inconnu, d’un cavalier solitaire traversant les champs au petit matin.
La maison a été vendue, les meubles dispersés, mais les souvenirs, eux, n’ont pas quitté la Malepère. Dans le souffle du vent qui parcourt encore les collines, dans le murmure des bois et des vignes, on pourrait presque entendre le pas de son cheval et la voix grave de celui qui répétait : “Ici, je suis chez moi.”
Philippe Noiret est parti, mais Turcy reste, avec son paysage de demi-bois et de demi-champs, ce décor qu’il avait choisi comme son paradis terrestre.



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