C’est une séquence qui restera gravée dans les annales de la télévision française, non pas pour sa pertinence intellectuelle, mais pour la violence symbolique inouïe qui s’y est déployée. Ce matin-là, sur le plateau de l’émission “L’Heure des Pros” diffusée sur CNews, ce n’est pas seulement le débat d’idées qui a touché le fond, c’est la décence élémentaire qui a été piétinée en direct.
Imaginez la scène : nous sommes au lendemain de la publication d’un rapport alarmant de l’IPBES (la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), l’équivalent du GIEC pour la biodiversité. Les scientifiques du monde entier tirent la sonnette d’alarme : le vivant s’effondre, un million d’espèces sont menacées d’extinction. C’est dans ce contexte de gravité absolue que Claire Nouvian, militante écologiste reconnue et fondatrice de l’association BLOOM, accepte l’invitation de Pascal Praud. Elle pense venir défendre la cause du siècle. Elle va tomber dans un guet-apens télévisuel.
L’Entrée en Matière : Le Degré Zéro du Débat
Dès les premières secondes, le ton est donné, et il est glacial. Pascal Praud, fidèle à sa posture de provocateur faussement naïf, ouvre le bal avec une remarque qui ferait sourire si le sujet n’était pas aussi tragique : “Il fait -3 degrés ce matin dans les Yvelines, alors le réchauffement climatique…” Une phrase digne des conversations de comptoir les plus éculées, jetée là comme un os à ronger pour délégitimer des décennies de consensus scientifique.
Pour Claire Nouvian, le choc est immédiat. On peut lire sur son visage l’incrédulité. Elle est venue parler de la survie de l’humanité et des écosystèmes, et on lui répond par la météo locale du jour. C’est le premier acte d’une pièce de théâtre absurde où la science est mise sur le même plan que l’opinion d’un éditorialiste en quête de buzz. Mais ce n’était que l’échauffement.
La Meute Contre la “Folle”

Ce qui va suivre dépasse l’entendement. Alors que l’invitée tente, avec pédagogie et patience, de rappeler les faits scientifiques, de parler de l’urgence de la situation, elle se heurte à un mur. Mais pas un mur de silence, un mur de bruit, de rires gras et d’interruptions constantes. Autour de la table, l’ambiance n’est pas à l’écoute, mais à la curée.
Elisabeth Lévy, présente sur le plateau, incarne cette posture de déni agressif, qualifiant l’écologie de nouvelle “religion” et refusant d’entendre les arguments rationnels. Mais c’est l’attitude globale du plateau qui choque. À chaque tentative de Claire Nouvian d’en placer une, elle est coupée. Lorsqu’elle ose s’indigner de ce traitement – légitime, rappelons-le –, la rhétorique bascule dans le sexisme le plus crasse.
Les mots fusent, lourds de sens : “Hystérique”. “Folle”. “Mal élevée”. “Calmez-vous”. Des qualificatifs que l’on réserve quasi systématiquement aux femmes qui osent hausser le ton ou montrer de la compétence face à des hommes qui les méprisent. On lui reproche d’avoir “le melon”, de se prendre pour ce qu’elle n’est pas, simplement parce qu’elle cite des sources scientifiques face à des opinions de café du commerce.
“Hystérique” : L’Arme Fatale du Sexisme Ordinaire
L’utilisation du terme “hystérique” n’est jamais anodine. C’est une vieille technique rhétorique visant à disqualifier la parole des femmes en pathologisant leurs émotions. Si un homme s’était emporté avec la même vigueur pour défendre ses idées, il aurait sans doute été qualifié de “passionné” ou de “convaincu”. Claire Nouvian, elle, est renvoyée à sa condition de femme qui ne sait pas se tenir, qui “crie”, qui dérange l’ordre établi du plateau télé.
Pascal Praud, en chef d’orchestre de cette cacophonie, ne fait rien pour apaiser les débats. Au contraire, il souffle sur les braises, jouant la victime (“On ne peut plus rien dire”) face à une invitée qui tente désespérément de ramener un peu de raison. “Vous avez un melon qui ne passe plus les portes”, lui lance-t-il, une attaque personnelle d’une bassesse affligeante qui n’a strictement aucun rapport avec le sujet du climat.
Le Fossé Béant entre Médias et Réalité
Cette séquence est symptomatique d’un mal profond qui ronge une partie de notre paysage médiatique. D’un côté, la réalité physique du monde : les glaciers fondent, les espèces disparaissent, les températures grimpent. C’est factuel, mesurable, indiscutable. De l’autre, une bulle médiatique parisienne, enfermée dans ses certitudes idéologiques, qui traite ces enjeux vitaux comme de simples sujets de polémique, bons à faire de l’audience entre deux coupures pub.
Claire Nouvian a eu le courage de nommer ce qui se passait sous ses yeux : du “négationnisme climatique”. Elle a pointé du doigt la responsabilité de ces émissions qui, au nom d’un prétendu pluralisme, invitent des sceptiques pour débattre de faits établis, créant ainsi une fausse équivalence dans l’esprit du public. Dire “la Terre est plate” n’est pas une opinion qui vaut celle des astrophysiciens. Nier le réchauffement climatique d’origine humaine n’est plus une opinion respectable en 2019, c’est une contrevérité dangereuse.

La Contre-Attaque : #JeSuisFolleDeRage
Si l’émission a tenté de briser Claire Nouvian, l’effet inverse s’est produit sur les réseaux sociaux. La violence de la séquence a provoqué une onde de choc. En réponse aux insultes reçues, la militante a lancé le hashtag #JeSuisFolleDeRage. En quelques heures, des milliers de femmes et d’hommes ont repris ce cri de ralliement.
Être “folle de rage” face à l’inaction climatique n’est pas une pathologie, c’est une réaction saine et nécessaire. C’est la preuve que l’on a conscience du danger. C’est le refus de sourire poliment pendant que la maison brûle. Ce mouvement spontané a montré que les téléspectateurs n’étaient pas dupes. Ils ont vu le mépris, ils ont vu l’arrogance, et ils ont choisi leur camp : celui de la science et de la dignité.
Conclusion : Une Leçon d’Indignité
Au final, cette émission aura eu un mérite involontaire : elle a exposé au grand jour les mécanismes de défense du vieux monde face à l’urgence écologique. Le rire gras pour masquer l’angoisse, l’insulte pour masquer l’ignorance, le sexisme pour masquer la perte de pouvoir.
Claire Nouvian est ressortie de ce plateau “folle de rage”, mais elle n’est pas sortie vaincue. Elle a obligé chacun à se positionner. Acceptons-nous que l’avenir de notre planète soit traité avec autant de légèreté et de mépris ? Acceptons-nous que les femmes porteuses de savoir soient ainsi humiliées en public ? La réponse de la société civile a été un non retentissant. Et si Pascal Praud pensait faire un bon mot avec ses “-3 degrés dans les Yvelines”, il a surtout réussi à geler l’estime qu’une grande partie du public pouvait encore avoir pour ce genre de “débat”.

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