Dans le monde clinquant de l’audiovisuel français, le nom de Nagui est depuis longtemps une figure indéboulonnable du service public. Pourtant, derrière le sourire éclatant et les succès d’audience, une tempête politique et financière d’une ampleur inédite est en train de se lever, menaçant de faire vaciller le piédestal de “l’empereur du PAF”. Les révélations récentes issues d’une enquête parlementaire mettent en lumière une réalité stupéfiante : Nagui serait l’individu s’étant le plus enrichi grâce aux fonds publics au cours de la dernière décennie.

Une onde de choc partie de l’Assemblée

Tout a commencé lorsque Charles de Courson, rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, a pris la parole dans l’émission “Incorrectible” d’Éric Morillot. Ce ne sont plus des rumeurs de réseaux sociaux ou des critiques de comptoir ; cette fois, l’accusation émane d’une voix officielle, garante du contrôle des finances de l’État.

Selon les déclarations de Monsieur de Courson, Nagui serait, sur les dix dernières années, la personne physique ayant accumulé le plus de richesses provenant de l’argent public — c’est-à-dire de la contribution des citoyens français. Ce montant dépasserait les revenus des plus grands patrons d’entreprises publiques, des ministres et même des plus hauts fonctionnaires de la nation. « Sur les dernières années, ça se compte, je pense, en centaines de millions d’euros », a martelé le député. Bien que ces propos restent au stade d’allégations dans le cadre d’une enquête en cours, ils ont instauré un climat de malaise profond au sein de France Télévisions.

La “machine parfaite” à générer des profits

Comment un animateur de télévision a-t-il pu bâtir une telle fortune sur le budget de l’État ? La réponse réside dans ce que Charles de Courson qualifie de « machine parfaite ».

Le secret repose sur une double casquette stratégique : Nagui n’est pas seulement l’animateur star que l’on voit à l’écran, il est aussi le producteur via sa société. Le modèle des jeux télévisés, à l’instar de “N’oubliez pas les paroles”, est optimisé pour une rentabilité maximale. Contrairement aux émissions d’actualité, ces programmes sont enregistrés « en rafale ». En une ou deux journées de travail seulement, des dizaines d’émissions sont mises en boîte.

Ce procédé permet de réduire drastiquement les coûts de production, de mutualiser les équipes et les décors, alors que le prix facturé au groupe audiovisuel public reste élevé. En cumulant les cachets d’animateur, les marges de producteur et les droits de diffusion, le modèle devient « redoutablement efficace », transformant chaque minute d’antenne en une source de profit direct pour l’animateur-producteur.

La colère du contribuable

Cette affaire touche une corde sensible chez les Français, particulièrement dans un contexte de crise économique et de restrictions budgétaires. La question de l’équité est posée : est-il normal que le service public finance la création de “super-millionnaires” ?

Nagui : "Il a tout cassé", une star infecte et violente - Closer

Charles de Courson exige désormais une transparence totale. Il demande l’accès aux contrats confidentiels, aux chiffres exacts et aux clauses souvent opaques qui lient les grandes stars du petit écran au groupe public. Pour de nombreux citoyens, ce dossier symbolise une dérive de l’audiovisuel public qui, au lieu de privilégier la diversité et la culture, semble s’être transformé en un système de rente pour une élite médiatique ultra-privilégiée.

La fin d’un empire ?

Pour l’heure, Nagui ne s’est pas encore exprimé officiellement face à ces déclarations fracassantes. Cependant, l’opinion publique est déjà profondément divisée. D’un côté, ses partisans invoquent son talent et les audiences massives qui génèrent des recettes publicitaires ; de l’autre, ses détracteurs dénoncent une captation organisée des fonds de l’État.

Cette enquête parlementaire promet de nouvelles révélations dans les semaines à venir. Si les chiffres avancés sont confirmés, cela pourrait marquer la fin d’une ère d’opacité dans l’audiovisuel français. Les contribuables exigent aujourd’hui de savoir où va chaque euro qu’ils versent, et si le prix du divertissement quotidien n’est pas devenu, au fil des ans, totalement déraisonnable. Une chose est certaine : le sourire de la star de France 2 n’a jamais coûté aussi cher à la France.

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