Le plateau de l’émission « Touche pas à mon poste » (TPMP) est coutumier des débats enflammés, mais la confrontation récente entre Myriam Palomba, figure médiatique passionnée, et l’humoriste et chroniqueur Yassine Belattar a atteint des sommets de tension rarement observés. Ce n’était plus un simple échange d’idées, mais un véritable test de résistance nerveuse, qualifié par certains spectateurs d’« octogone médiatique ». Entre cris, provocations subtiles et ruptures de dialogue, le débat a rapidement basculé dans l’hystérie, laissant le public et les autres chroniqueurs dans un état de stupéfaction totale.
Le calme avant la tempête : La stratégie du sniper
Dès les premières minutes, le décor est planté. Yassine Belattar adopte une posture qui va s’avérer dévastatrice pour les nerfs de son interlocutrice. Calme, arborant un sourire presque permanent, il manie l’ironie avec une précision de sniper. Son objectif semble clair : tester la solidité de Myriam Palomba en lançant de petites piques ciblées sur l’électorat de Marine Le Pen et l’avenir des libertés en France.
Il évoque ses parents, leur parcours d’immigration, et le « cuir chevelu » qu’il partage avec Myriam, pour souligner, selon lui, le danger que représenterait l’extrême droite. Pour Belattar, voter Le Pen, c’est trahir une certaine idée de la République et mettre en danger les citoyens de confession musulmane. Face à lui, Myriam Palomba tente initialement de rester “zen”, mais la cocotte-minute commence déjà à siffler. L’argument de Belattar sur le fait que Marine Le Pen pourrait gouverner par décrets et discriminer les musulmans agit comme un premier déclencheur.

Myriam Palomba : La liberté au-dessus de tout
La réponse de Myriam Palomba ne se fait pas attendre et elle est d’une intensité rare. Pour elle, le véritable “extrême”, c’est Emmanuel Macron. Elle ne défend pas Marine Le Pen par adhésion idéologique profonde, mais par opposition radicale au président actuel. « Mon combat, c’est la liberté », martèle-t-elle. Elle dénonce ce qu’elle appelle la « diabolisation » systématique de l’extrême droite, utilisée selon elle par le pouvoir en place pour se maintenir.
Palomba va plus loin en affirmant qu’elle serait prête à voter pour n’importe qui — Jean Lassalle, Nicolas Dupont-Aignan ou même Jean-Luc Mélenchon — pourvu que cela fasse barrage à Emmanuel Macron. Sa colère se cristallise sur la gestion de la crise sanitaire et ce qu’elle perçoit comme une dérive autoritaire du gouvernement. Le mot « ségrégation » est lâché, provoquant un tollé immédiat sur le plateau. Belattar, outré par l’utilisation de ce terme historique, l’accuse de ne pas connaître le poids des mots, rappelant l’apartheid ou la situation des Noirs américains.
L’explosion : Quand le dialogue devient impossible
Le point de rupture est atteint lorsque Belattar appuie sur le « bouton rouge » de la provocation. Il interroge Palomba sur son évolution médiatique, suggérant qu’elle est devenue une « bête médiatique » créée par le système pour faire de l’audience en surfant sur des thèses antivax ou pro-Le Pen. C’est l’étincelle de trop.
Myriam Palomba « pète les plombs » en direct. La voix monte, les gestes se font brusques, et le plateau devient un brouhaha indescriptible. Elle accuse Belattar de condescendance et de diviser les Français par le prisme permanent de la religion. Elle lui renvoie la balle en citant des mesures du gouvernement Macron qu’elle juge, elles aussi, discriminatoires ou « racistes », comme la baisse des visas pour le Maghreb ou les propos de certains ministres sur le voile.

Le niveau zéro du débat ?
Au milieu de ce chaos, les autres chroniqueurs tentent d’exister. Gilles Verdez exprime son inquiétude face au « tout sauf Macron » de Palomba, le jugeant dangereux, tout en rejoignant Belattar sur le caractère raciste qu’il attribue au Rassemblement National. De l’autre côté, certains appellent à comprendre le malaise des Français, leur perte de pouvoir d’achat et leur sentiment d’être délaissés, des facteurs qui expliquent la montée du vote Le Pen bien au-delà des questions religieuses.
Cyril Hanouna, spectateur de ce naufrage communicationnel, tente de rappeler que son émission est un lieu de libre expression, mais il semble lui-même dépassé par la violence des échanges. Le constat est amer : malgré 24 minutes de temps de parole, aucune idée n’a réellement progressé. Le débat s’est terminé comme il a commencé : dans une incompréhension totale, chacun campant sur ses positions avec une agressivité renouvelée.
Un miroir d’une France fracturée
Au-delà de l’aspect spectaculaire et « télé-réalité » de cette séquence, ce clash entre Myriam Palomba et Yassine Belattar est le miroir d’une France profondément divisée. D’un côté, une peur viscérale du retour de l’extrême droite et de ses racines historiques ; de l’autre, une colère noire contre une élite jugée déconnectée et liberticide.
Ce moment de télévision, s’il a ravi les amateurs de sensations fortes, pose la question de la qualité du débat démocratique à une époque où l’émotion et l’insulte semblent avoir pris le pas sur l’argumentation. Une chose est sûre : cette séquence restera dans les annales de TPMP comme l’un des affrontements les plus brutaux de l’histoire du talk-show. Les réseaux sociaux, eux, n’ont pas fini d’en débattre, prolongeant ainsi le chaos bien après l’extinction des projecteurs du plateau.

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