Il y a des symboles qui brûlent la conscience, des tragédies qui, par le lieu même où elles se produisent, deviennent des actes d’accusation contre tout un système. Ce mercredi 13 juillet 2022, sous les ors de la République, une ombre glaciale s’est abattue sur l’Assemblée nationale. Loin des caméras, loin des débats houleux et des petites phrases assassines, un homme est mort. Il ne portait pas de costume sur mesure, il ne siégeait sur aucun banc. Il s’appelait Moussa Sylla, il avait 49 ans, et il est mort au travail, à 150 mètres à peine de ceux qui font la loi.
Le Drame Caché : Samedi Noir au Palais
Tout s’est joué dans le silence feutré d’un samedi matin, le 9 juillet. Alors que Paris commençait à somnoler sous la chaleur estivale, Moussa Sylla s’activait dans les coulisses du pouvoir. Employé par la société de nettoyage Europ Net, un sous-traitant de l’Assemblée, il pilotait ce que l’on appelle dans le jargon une “lessiveuse”, un engin de nettoyage industriel s’apparentant à un petit véhicule autoporté.
Le drame s’est noué sur une rampe de parking, une de ces zones grises et bétonnées, invisibles du grand public qui admire la façade majestueuse du Palais Bourbon. Pour une raison que l’enquête devra déterminer avec précision, l’engin s’est renversé. Moussa s’est retrouvé piégé, écrasé par le poids de la machine. Transporté à l’hôpital dans un état critique, il a lutté contre la mort pendant trois jours. Trois jours de souffrance loin des siens, sa famille résidant au Mali, avant que le couperet ne tombe ce mardi : Moussa Sylla est décédé des suites de ses blessures.
Ce n’était pas un accident de la route. Ce n’était pas une fatalité. C’était un accident du travail, violent et brutal, au cœur même de l’institution censée protéger les citoyens.

Alexis Corbière Brise l’Omerta : “Une mort terrible”
Il aura fallu l’intervention poignante du député Alexis Corbière (LFI) pour que ce drame sorte de l’anonymat statistique. Prenant la parole dans un hémicycle soudainement grave, l’élu de Seine-Saint-Denis a refusé que cette mort soit “banalisée”. D’une voix lourde d’émotion, il a rappelé à ses collègues la terrible réalité : “Un homme qui travaillait à l’Assemblée nationale est mort… Je voudrais à cette occasion que cette mort terrible ne soit pas banalisée.”
Son discours a agi comme un électrochoc. Il a forcé l’Assemblée à regarder en face ce qu’elle préfère souvent ignorer : les petites mains, les invisibles, ceux qui nettoient, réparent et entretiennent la machine démocratique dans des conditions parfois précaires. “Quand une femme ou un homme meurt au travail, ça n’est pas quelque chose d’acceptable”, a martelé Corbière, réclamant une minute de silence. Et pour quelques secondes, les clivages politiques se sont effacés devant la dignité d’un homme mort en servant l’institution.
Gabriel Attal, ministre des Comptes publics, s’est joint à l’hommage, exprimant la solidarité du gouvernement. Mais les mots suffisent-ils quand le sang a coulé ?
La Sous-Traitance en Accusation : L’Insécurité Organisée ?
La mort de Moussa Sylla soulève une question brûlante, celle de la sous-traitance en cascade dans les institutions publiques. Moussa n’était pas fonctionnaire de l’Assemblée. Il était salarié d’Europ Net. Cette externalisation des tâches d’entretien, devenue la norme, s’accompagne-t-elle d’une externalisation de la responsabilité et de la sécurité ?
Alexis Corbière a posé la question qui fâche : “Que le bureau fasse le point sur le fait que les entreprises de sous-traitance, les travailleurs, font leur métier dans des conditions de sécurité absolue.” C’est une accusation à peine voilée. Est-ce que la pression des coûts, la rapidité exigée, ou le manque de formation sur ces engins spécifiques ont joué un rôle ? Eric Woerth, questeur de l’Assemblée, a immédiatement réagi en interdisant l’usage de ces machines sur les rampes des parkings. Une mesure de bon sens, mais qui arrive tragiquement trop tard pour Moussa.
Les syndicats, notamment la CGT, sont montés au créneau. Pour eux, Moussa Sylla est la énième victime d’un système qui broie les corps. C’est le troisième mort dans le secteur du nettoyage en Ile-de-France rien que pour l’année 2022. Une série noire qui ne doit rien au hasard.
733 Morts : L’Hécatombe Silencieuse de la France

Au-delà du cas tragique de Moussa, c’est le bilan national qui effraie. Dans son allocution, Alexis Corbière a lâché un chiffre qui devrait faire la Une de tous les journaux : 733. C’est le nombre de personnes mortes au travail en 2019 en France (chiffres de l’Assurance Maladie, hors régime agricole et fonction publique). Si l’on ajoute tous les régimes, on dépasse les 1000 morts par an. Plus de deux morts par jour.
La France détient le triste record du taux d’incidence des accidents mortels au travail le plus élevé de l’Union Européenne. Pourquoi ? Cadences infernales, précarisation des contrats, perte de sens, manque d’inspecteurs du travail… Les causes sont multiples, mais le résultat est là : aller travailler tue encore en France en 2022.
Moussa Sylla est devenu, malgré lui, le visage de cette statistique effroyable. Il incarne ces ouvriers du BTP qui tombent des échafaudages, ces agriculteurs écrasés par leur tracteur, ces livreurs percutés sur le bitume. Sauf que lui est mort sous les fenêtres de ceux qui ont le pouvoir de changer les choses.
Une Famille Brisée et un Appel à la Solidarité
Derrière le symbole politique, il y a un drame humain absolu. Moussa Sylla laisse derrière lui une famille au Mali, des enfants qui ne verront plus jamais leur père revenir de son “exil” de travail. Alexis Corbière a demandé que l’Assemblée nationale apporte une “solidarité matérielle” à la famille. C’est la moindre des choses.
Comment imaginer la douleur de ces proches, apprenant à des milliers de kilomètres que leur père est mort dans le “palais” de la France ? L’Assemblée nationale, en tant que donneur d’ordre, a une responsabilité morale immense. Elle ne peut se cacher derrière le contrat de sous-traitance. Elle doit assumer et protéger ceux qui, chaque jour, permettent à la démocratie de fonctionner dans des locaux propres et sûrs.
Conclusion : Plus Jamais Ça
La mort de Moussa Sylla ne doit pas être un fait divers classé sans suite. Elle doit être le point de départ d’une prise de conscience radicale. Si l’on peut mourir d’insécurité au travail au sein même de l’Assemblée nationale, alors aucun travailleur n’est en sécurité en France.
Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de cet accident. Nous exigeons que la sous-traitance ne soit plus une zone de non-droit. Nous exigeons que chaque mort au travail soit traitée comme un scandale d’État et non comme une fatalité.
Moussa Sylla est entré par la petite porte de service, mais il est sorti dans les mémoires par la grande porte de l’Histoire tragique sociale. Repose en paix, Moussa. Que ton sacrifice ne soit pas vain.
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