L’effondrement entre l’élite et le peuple

Lors d’un entretien sans langue de bois dans l’émission Le Grand Rendez-vous, le philosophe Michel Onfray a livré un regard acéré sur l’état de la France. Pour Onfray, la politique contemporaine traverse une crise de confiance profonde, où les dirigeants semblent totalement déconnectés de la réalité quotidienne de millions de travailleurs.

La “chiracquisation” de Marine Le Pen

L’un des constats les plus marquants d’Onfray concerne Marine Le Pen. Il affirme qu’elle s’est “chiracquisée comme pas possible”. Cela signifie qu’elle aurait abandonné les positions idéologiques systémiques de son père, Jean-Marie Le Pen, pour devenir une politicienne plus traditionnelle, pragmatique et prête au compromis pour accéder au pouvoir. Onfray prévient que, bien qu’elle ait une chance réelle d’être élue, ce changement pourrait la conduire à trahir les attentes des électeurs peu après son entrée à l’Élysée.

Emmanuel Macron et “la détestation” du peuple

Envers le président sortant Emmanuel Macron, Onfray n’hésite pas à parler d’un manque d’empathie, voire d’une “antipathie” envers les Français. Il considère ses déplacements sur le terrain comme une mascarade médiatique coûteuse où les questions sont préparées à l’avance. Pour Onfray, la priorité de Macron reste l’Europe, faisant de la France une simple “province” d’une future fédération, une vision qu’il qualifie de trahison de la souveraineté nationale.

Immigration et guerre de civilisation

Sur la question de l’immigration, Onfray pointe la distorsion entre la demande de fermeté du peuple et l’attitude de la classe politique. Il affirme que le problème n’est pas la force de l’immigration, mais la faiblesse de la France à intégrer. Onfray souligne que nous sommes dans une guerre de civilisation où les valeurs françaises sont ébranlées à la fois par le “wokisme” et l’islamisme radical.

Un appel pour une démocratie girondine

Michel Onfray dénonce la disparition d'une civilisation française | Les  Echos

S’il était au pouvoir, le premier acte d’Onfray serait de rendre la parole aux citoyens via le référendum. Il rêve d’une France “girondine”, où les communes, départements et régions auraient un réel pouvoir de décision, loin du centralisme jacobin étouffant.

L’entretien se conclut par une réflexion sur la fin des civilisations. Onfray cite Saint Augustin et la chute de l’Empire romain pour illustrer la période de transition mouvementée que nous traversons. Pour lui, l’espoir réside dans la restauration de la dignité de la parole politique, afin que les citoyens ne se sentent plus bafoués sur leur propre sol.