Le paysage politique français ressemble en ce moment à une mer agitée où chaque vague peut renverser les certitudes les plus ancrées. Invitée de la matinale de RMC-BFMTV ce 2 décembre 2025, Marine Le Pen a choisi de naviguer avec une assurance déconcertante, balayant d’un revers de main les rumeurs de dissensions internes et réaffirmant son leadership. Entre les débats budgétaires houleux, les menaces judiciaires qui pèsent sur elle et l’ascension fulgurante de son “poulain” Jordan Bardella, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale a livré une interview vérité qui sonne comme un manifeste de combat.

Un duo soudé face aux tempêtes

La question qui brûle toutes les lèvres depuis des semaines est simple : qui portera les couleurs du Rassemblement National en 2027 ? Pour Marine Le Pen, la réponse est limpide et sans appel. « Chez nous, c’est nous qui décidons. C’est Jordan et moi qui décidons », a-t-elle martelé, renvoyant les instituts de sondage et les commentateurs à leurs analyses. La stratégie est claire : un ticket fusionnel. Si Marine peut se présenter, elle sera la candidate à la présidence avec Jordan Bardella comme Premier ministre « choisi par les Français ».

Cette configuration est présentée comme une « force démocratique » inédite. Marine Le Pen rejette catégoriquement l’idée d’un « plan B » concernant Bardella. Pour elle, il ne s’agit pas de se substituer, mais de se compléter. « Il va y avoir du boulot pour deux vu la situation catastrophique de notre pays », a-t-elle souligné, insistant sur la complémentarité de leurs deux personnalités qui bénéficient, selon elle, d’une confiance croissante des électeurs.

Le spectre de l’inéligibilité : “Ce serait honteux”

Mais une ombre plane sur ce duo : le calendrier judiciaire de Marine Le Pen. Menacée d’une peine d’inéligibilité qui pourrait briser ses ambitions présidentielles, la députée du Pas-de-Calais ne cache pas son indignation. « Ce serait honteux qu’on m’empêche d’être candidate », a-t-elle déclaré, dénonçant une « torsion du droit et de la démocratie ».

Loin d’être découragée, elle affirme son innocence et sa volonté de se battre jusqu’au bout devant la cour d’appel. Le découragement n’est pas dans son « ADN ». Pour illustrer sa résilience, elle a évoqué avec émotion l’attentat qu’elle a vécu à l’âge de 8 ans, lorsque l’immeuble familial a été soufflé par une bombe. « Quand on a vécu ça, on n’a plus peur de rien », a-t-elle confié, liant son passé personnel à sa combativité politique actuelle.

Budget et pouvoir d’achat : “Le frigidaire ne se remplit pas”

Sur le front économique, Marine Le Pen se montre impitoyable envers le gouvernement et le budget présenté par Michel Barnier. Elle fustige un budget qui « ne défend pas les Français » et qui privilégie les taxes sur les classes moyennes plutôt que les économies sur le train de vie de l’État. Elle accuse le gouvernement de mentir sur les votes du RN, affirmant que son parti a toujours privilégié la baisse des prélèvements pour les TPE-PME et les plus modestes.

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La question de la plateforme chinoise Shein a également servi de terrain de démonstration pour sa vision protectionniste. Elle dénonce l’hypocrisie de ceux qui ont ouvert les frontières il y a 25 ans et qui s’étonnent aujourd’hui du « tsunami chinois ». Pour elle, la solution n’est pas de taxer les consommateurs qui n’ont plus de pouvoir d’achat, mais de maîtriser les frontières et d’imposer le respect des normes européennes.

Face à la violence politique

Enfin, Marine Le Pen a réagi à l’agression subie par Jordan Bardella, visé par un jet d’œuf. Si certains minimisent le geste, elle y voit le symptôme d’une « violence politique » orchestrée, selon elle, quasi systématiquement par l’extrême gauche. Elle déplore une forme d’acceptation de cette violence par une partie des médias et de la classe politique lorsque celle-ci frappe ses adversaires.

En conclusion, Marine Le Pen s’affiche comme une cheffe de guerre sereine mais déterminée. Qu’on l’enterre ou qu’on l’adule, elle prévient : elle ne renoncera pas à sa voix ni à sa vision pour la France. Le duo Le Pen-Bardella est en marche, et rien, semble-t-elle dire, ne pourra les détourner de leur objectif, pas même les “torsions” du système.

Sur l'Europe, Jordan Bardella et Marine Le Pen se partagent les rôles Porte  de Versailles - Causeur