L’arène politique française a connu un nouveau moment de haute tension ce dimanche 11 mai 2025. Invitée sur le plateau du « Grand Rendez-vous » sur CNews, Manon Aubry, figure de proue de La France Insoumise, a fait face à des questions particulièrement incisives. Mais ce n’est pas tant l’attaque que la riposte, pour le moins originale et provocatrice, qui monopolise aujourd’hui toutes les discussions sur les réseaux sociaux.

Une atmosphère électrique dès les premières minutes

Tout semblait pourtant commencer sous des auspices presque cordiaux. Pierre de Vilno recevait l’eurodéputée pour un tour d’horizon de l’actualité politique, marquée par une pression médiatique croissante sur le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Dès l’entame, Manon Aubry a montré qu’elle ne comptait pas se laisser dicter le tempo.

Interrompant le présentateur durant le sommaire, elle a lancé une première pique concernant la perception des médias : « Vous considérez Le Monde comme un journal de gauche ? », a-t-elle interrogé avec une pointe d’ironie, s’excusant aussitôt pour l’interruption, mais marquant déjà son territoire. Ce n’était que le prélude d’un affrontement bien plus spectaculaire.

Le livre de la discorde : « La Meute » au cœur du clash

Le véritable point de rupture est survenu dans le dernier quart d’heure de l’émission. Le sujet brûlant du moment, le livre « La Meute » qui décrit les rouages internes de La France Insoumise, a été mis sur la table. Pierre de Vilno, sans détour, a posé la question qui fâche : Jean-Luc Mélenchon est-il un « gourou » et LFI est-elle une « secte » ?

C’est à cet instant précis que Manon Aubry a opté pour une stratégie de communication totalement inattendue. Plutôt que de se lancer dans une défense classique et laborieuse, elle a saisi son téléphone portable posé devant elle. Devant les caméras et un journaliste médusé, elle a mimé un appel téléphonique.

« Je vais appeler Jean-Luc Mélenchon. Je vais lui demander ce que je dois répondre », a-t-elle lancé avec un sarcasme mordant. Une mise en scène destinée à tourner en dérision les accusations de soumission aveugle au leader du parti. Face à la surprise de Pierre de Vilno, qui lui a demandé si elle avait répété cette scène, l’élue a surenchéri en affirmant que face à la répétitivité de telles questions, l’ironie restait sa meilleure arme.

Un sentiment d’insulte profonde pour les militants

Derrière l’ironie pointait cependant une colère réelle. Manon Aubry a tenu à exprimer son indignation face aux termes employés par les auteurs du livre et relayés par certains médias. Pour elle, parler de « pions » pour désigner les membres de LFI est une attaque directe contre l’engagement citoyen.

« C’est un peu insultant pour nous, militants politiques », a-t-elle martelé, dénonçant un manque de respect flagrant pour ceux qui donnent de leur temps pour des convictions. Elle a exhorté les journalistes et les opposants à quitter le terrain de l’attaque personnelle et du vocabulaire dégradant pour revenir au cœur de la démocratie : le débat d’idées.

Manon Aubry s'écroule sur Cnews | Toutelatele

Un appel au débat de fond

L’eurodéputée a conclu cette séquence mémorable en défiant ses contradicteurs de l’attaquer sur le programme plutôt que sur la structure du parti. « Attaquez-nous sur le fond, sur ce qu’on défend, sur le fait qu’on veuille taxer les plus riches, sur le fait qu’on veuille nationaliser ArcelorMittal », a-t-elle scandé, cherchant à ramener l’attention sur les propositions sociales et économiques de son camp.

Cette intervention laisse une trace indélébile. D’un côté, ses partisans saluent un génie de la communication capable de ridiculiser des questions jugées caricaturales. De l’autre, ses détracteurs y voient une énième pirouette pour esquiver les critiques sur le fonctionnement interne du mouvement.

Une chose est certaine : en mimant cet appel à Jean-Luc Mélenchon, Manon Aubry n’a pas seulement répondu à une question, elle a créé une image virale qui continuera de faire trembler les internautes et d’alimenter les débats bien après la fin du générique du « Grand Rendez-vous ».