Il y a des moments de télévision qui ne sont pas simplement regardés, mais qui s’impriment dans la rétine collective. Des instants de malaise si intenses qu’ils en deviennent légendaires, redéfinissant les codes du direct et les limites du divertissement. Le 16 décembre 2006, l’émission “On n’est pas couché” de Laurent Ruquier n’a pas seulement diffusé une émission ; elle a gravé dans le marbre l’un des “clashs en série” les plus spectaculaires de l’histoire du PAF. Ce soir-là, ce n’est pas un, mais deux invités de marque, Bernard Tapie et Muriel Robin, qui ont quitté le plateau, excédés, meurtris et furieux.
Cette soirée est devenue l’acte de naissance d’une nouvelle ère télévisuelle : celle des “snipers”. Face aux invités, un duo de chroniqueurs redouté, Eric Zemmour et Michel Polac, dont la mission n’était plus de brosser dans le sens du poil, mais de gratter jusqu’au sang. Et leur première cible de choix fut Bernard Tapie.
L’homme d’affaires, venu assurer la promotion de son film, s’attendait sans doute à une joute, mais pas à une exécution. À peine installé, le voilà bombardé par une “série de questions” chirurgicales de la part de Zemmour et Polac. On ne parle pas du film, mais de son passé. Les mots “escroc” et “syndics de faillite” volent bas. On lui rappelle ses déboires judiciaires, ses méthodes controversées, le “rachat pour 1 franc symbolique” d’entreprises ensuite vidées de leur substance.

Bernard Tapie, le “Boss”, l’homme qui ne recule devant rien, encaisse. Il tente de répondre, de se justifier, mais l’atmosphère est irrespirable. Le tribunal médiatique est en place. La tension monte d’un cran. Excédé, à bout d’arguments face à ce qu’il considère comme un acharnement, Tapie explose. “Ça va les mecs, arrêtez ! J’en ai pu !”. Dans un geste de fureur et de lassitude, il se lève et quitte le plateau. Stupeur. Laurent Ruquier est pris de court. Tapie passe “quelques instants en coulisse” pour reprendre ses esprits avant, beau joueur ou conscient de l’effet produit, de revenir s’asseoir. Le premier acte est terminé, mais le drame ne fait que commencer.
Le plateau est encore chargé de l’électricité du premier affrontement quand vient le tour de Muriel Robin. L’humoriste, venue présenter un DVD, sent immédiatement le “malaise”. L’ambiance n’est plus à la promotion, encore moins à l’humour. “Elle n’arrivait pas à parler de son DVD”, noteront les chroniques le lendemain. L’incident avec Tapie a tout plombé.
Alors que les chroniqueurs tentent de l’entraîner sur le même terrain glissant du débat et de la confrontation, Muriel Robin refuse l’obstacle. Elle n’est pas venue pour ça. D’une voix où perce une émotion sincère, elle livre ce qui deviendra une réplique culte : “Quand je vais quelque part, j’ai besoin de me sentir aimé, et ce n’est pas le cas sur ce plateau.” La phrase tombe comme un couperet. Elle précise : “Je suis une humoriste et je ne souhaite pas être dans cette ambiance”.

Face à elle, Zemmour et Polac ne désarment pas. Ils lui expliquent que le temps de la “flagornerie” et du “lèche-botte” est révolu. “Les temps ont changé”, disent-ils. On ne vient plus à la télévision “juste pour faire sa promo”, il faut aussi “répondre aux questions” et accepter “un débat un peu rude”.
Mais pour Muriel Robin, la coupe est pleine. C’est la fin de l’émission “honnête” et le début du spectacle de la cruauté. Elle ne se reconnaît pas dans cette nouvelle télévision agressive. Elle annonce qu’elle souhaite “sortir prendre l’air”. Et, joignant le geste à la parole, elle quitte le plateau à son tour, laissant un Laurent Ruquier décomposé, pris en étau entre ses invités et ses chroniqueurs.
Comme Bernard Tapie, elle finira par revenir, mais le mal est fait. La soirée est un triomphe d’audience pour l’émission, qui réalise l’un de ses meilleurs scores. Mais elle marque une rupture. Ce 16 décembre 2006, “On n’est pas couché” a prouvé qu’un “malaise” en direct était plus puissant qu’une promotion réussie. Le public a assisté, fasciné, à la mise à nu de deux des personnalités les plus aimées de France, prises au piège d’une mécanique télévisuelle qui avait décidé de sacrifier la bienveillance sur l’autel de la confrontation. La “télé-poubelle” pour certains, la “télé-vérité” pour d’autres ; ce soir-là, ce fut surtout la “télé-clash”, et elle venait de trouver ses maîtres.

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