Il est une image gravée dans la mémoire collective du cinéma : un crâne parfaitement lisse, un regard d’une intensité presque glaciale, et une prestance royale. Yul Brynner n’était pas seulement un acteur ; il était une icône, une énigme. Célèbre pour son rôle oscarisé du Roi Mongkut dans Le Roi et moi, qu’il joua plus de 4 600 fois, et en tant que Ramsès II dans Les Dix Commandements, il a défini une ère d’Hollywood. Pourtant, derrière cette façade de puissance et de contrôle absolu, se cachait une vie tissée de secrets, de douleurs profondes et d’une fin tragique qu’il a orchestrée comme son tout dernier rôle.
L’histoire de Yul Brynner est avant tout celle d’une grande dissimulation. L’homme qui a captivé le monde était un maître de sa propre mythologie. Pendant des années, il a brouillé les pistes sur ses origines, laissant entendre avec malice qu’il était un homme à moitié Suisse et à moitié Japonais, un certain “Taidje Khan” né sur l’île de Sakhaline. La réalité, révélée bien plus tard par son fils Rock Brynner, est à la fois plus complexe et plus fascinante.
Il est né Yuli Borisovich Brynner le 11 juillet 1920, non pas sur une île japonaise, mais à Vladivostok, en Russie. Son héritage était un mélange d’origines suisse-allemande, russe et même bouriate-mongole, un détail qu’il n’évoquait qu’en plaisantant : “Je suis juste un gentil garçon mongol bien propre.” Mais ce mystère savamment entretenu n’était pas qu’un caprice de star. C’était une forteresse érigée autour d’une blessure béante, un traumatisme fondateur.
En 1923, alors que Yuli n’a que trois ans, son père, Boris Brynner, ingénieur minier prospère, abandonne sa famille pour une actrice du Théâtre d’Art de Moscou. Cet abandon fut le “quelque chose qui l’avait blessé autrefois”, comme le décrira son ami Jiley Thomson. Cet événement a forgé l’homme qu’il deviendra : “sombre et extrêmement privé”, un roi à l’écran qui masquait les fêlures d’un petit garçon trahi.

Sa mère, Marousia, emmène Yul et sa sœur Vera en exil, fuyant la montée du bolchévisme. La famille s’installe d’abord à Harbin, en Chine, puis, anticipant le conflit sino-japonais, déménage à Paris en 1932. C’est là que le jeune Yul exprime sa nature rebelle. Inscrit au prestigieux lycée Moncel, il n’a que faire des études. Il est attiré par la scène, non pas encore celle des théâtres, mais celle du cirque. Il abandonne l’école et devient trapéziste au célèbre Cirque d’Hiver.
Pendant cinq ans, il vit cette vie de bohème, développant aussi une passion pour la guitare et les chansons tsiganes dans les clubs russes de Paris. Une grave blessure au dos met brutalement fin à sa carrière d’acrobate, le forçant à se réinventer. Lorsque sa mère est diagnostiquée d’une leucémie, la famille part pour les États-Unis en 1940, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
En Amérique, Brynner continue de bâtir sa légende. Il travaille comme commentateur radio en français pour l’Office de l’information de guerre, tout en étudiant le théâtre avec le grand Michael Tchekhov, qu’il considérait comme son seul mentor. Il fait ses débuts à Broadway en 1941. En 1944, il épouse sa première femme, l’actrice Virginia Gilmore, et commence à travailler comme réalisateur pour la chaîne de télévision CBS. Il semble alors se destiner à une carrière derrière la caméra.
Mais le destin, sous les traits de l’actrice Mary Martin, en décide autrement. En 1950, elle le pousse à auditionner pour un rôle qui semble improbable : celui du roi Mongkut de Siam dans une nouvelle comédie musicale de Rodgers et Hammerstein, Le Roi et moi. D’abord réticent à remonter sur scène, Yul est fasciné par le personnage. Il accepte. On lui demande de se raser la tête. Ce geste, initialement une contrainte de rôle, devient sa marque de fabrique, le sceau de son identité publique.
Le succès est foudroyant. Il remporte un Tony Award pour sa performance. L’année 1956 le propulse au firmament. Il remporte l’Oscar du meilleur acteur pour l’adaptation cinématographique du Roi et moi, et la même année, il est à l’affiche de deux autres superproductions : Les Dix Commandements, où il incarne un mémorable Ramsès II, et Anastasia. Yul Brynner est désormais l’une des plus grandes stars du monde.
Sa vie privée est tout aussi tumultueuse que sa carrière est brillante. Le titre de la vidéo, “La Mort Tragique de Yul Brynner et de sa Femme”, fait écho à cette vie sentimentale complexe. Si sa propre mort fut tragique, celle de “sa femme” fait référence à sa première épouse, Virginia Gilmore. Leur mariage, célébré alors qu’il était un immigrant inconnu, n’a pas résisté à son ascension fulgurante. Les exigences de son rôle et sa célébrité créent des tensions. Ils se séparent en 1960 après 16 ans d’union et un fils, Rock. Virginia Gilmore, actrice de talent qui enseigna le théâtre à Yale, est décédée en 1986, un an après Yul, à l’âge de 66 ans, des suites d’un emphysème. Une fin tragique due, comme son ex-mari, à une maladie respiratoire.

Brynner se mariera trois autres fois : avec Doris Kleiner, une mondaine chilienne, avec qui il aura sa fille Victoria ; avec Jacqueline de Croisset, avec qui il adoptera deux filles, Mia et Melody ; et enfin avec Kathy Lee, une danseuse, qui restera à ses côtés jusqu’à la fin.
Mais l’homme public cachait une autre identité, un jardin secret que sa fille Victoria ne découvrira qu’après sa mort : Yul Brynner, photographe. Dans le grenier de sa maison en Normandie, elle a trouvé un trésor : des rangées de boîtes méticuleusement classées, contenant des milliers de négatifs, tirages et diapositives. Il avait documenté toute sa vie, des coulisses des Dix Commandements aux visages des réfugiés qu’il rencontrait lors de son travail philanthropique pour le HCR. L’appareil photo était son journal intime, son “autobiographie” visuelle. C’était sa façon d’observer, d’écouter avec son cœur, de capturer l’intimité des gens, loin de l’isolement de la célébrité.
Le dernier acte de sa vie est le plus poignant. Yul Brynner avait commencé à fumer à l’âge de 12 ans. En 1983, quelques heures avant sa 4000e représentation du Roi et moi, il apprend qu’il est atteint d’un cancer du poumon inopérable. On lui donne trois mois à vivre.
Il vivra deux ans de plus, dans un combat acharné. Il refuse d’arrêter de travailler et reprend la tournée du Roi et moi. La maladie et la thérapie ravagent sa voix. Lors de certaines représentations, son fils Rock, caché près du chef d’orchestre, doit doubler la voix de son père. Rock raconte ce moment émouvant où, pendant un entracte, son père l’a embrassé et lui a dit : “Tu dois jouer le roi plus vieux maintenant, Rock… C’est un roi plus vieux maintenant.” Il donnait sa dernière performance le 30 juin 1985.
Yul Brynner est décédé le 10 octobre 1985. Mais il avait préparé sa sortie. Conscient que le tabagisme avait causé sa maladie, il avait enregistré une annonce de service public. Peu après sa mort, celle-ci fut diffusée sur toutes les grandes chaînes. Le visage de l’acteur, marqué par la maladie mais toujours d’une intensité royale, fixait la caméra et déclarait d’une voix sincère : “Maintenant que je suis parti, je vous le dis : ne fumez pas. Quoi que vous fassiez, ne fumez pas.”
L’énigme était résolue. L’homme qui avait passé sa vie à construire une mythologie pour cacher ses blessures a utilisé sa propre mort, sa tragédie personnelle, pour livrer son unique et plus importante vérité. Le Roi, dans son dernier souffle, redevenait humain, offrant son histoire non pas comme un spectacle, mais comme un avertissement.

News
Nolwenn Leroy : Les Révélations Poignantes de ses 42 ans sur “l’Amour de sa Vie”
Dans l’univers parfois impitoyable du show-business français, rares sont les artistes qui parviennent à maintenir une frontière étanche entre les…
Julio Iglesias à 81 ans : Entre aveux sincères, secrets de famille et vérité sur sa santé, la légende se livre enfin
Julio Iglesias n’est pas seulement une voix ; il est un mythe vivant, une icône de la romance qui a…
Isabelle Nanty : Le combat secret d’une icône entre la vie et la mort après une hospitalisation critique
Le monde du cinéma français a retenu son souffle. Isabelle Nanty, figure emblématique et solaire de nos écrans, a traversé…
CLASH EXPLOSIF : Louis Boyard et Apolline de Malherbe, le duel qui a embrasé le direct !
L’arène médiatique a tremblé ce matin. Ce qui devait être une interview politique classique s’est transformé en un véritable champ…
Jean-Pierre Foucault en deuil : Les adieux déchirants à Marie-José Tramoni, la seule femme qu’il ait jamais épousée
Le paysage médiatique français est en émoi. Derrière l’image de l’animateur infatigable, toujours prêt à distribuer sourires et bonne humeur…
Sarah Knafo “rhabille” la gauche : le choc des vérités sur le Venezuela !
Le séisme politique : Sarah Knafo face à l’aveuglement idéologique Le paysage médiatique français vient d’être le théâtre d’une déflagration…
End of content
No more pages to load






