Il est des moments en politique où le vernis craque, où les éléments de langage polis et les courbettes protocolaires volent en éclats pour laisser place à une vérité crue, brutale, presque insoutenable pour le citoyen lambda. Ce moment, c’est Jean-Philippe Tanguy qui l’a incarné cette semaine dans l’hémicycle. Dans une atmosphère électrique, le député du Rassemblement National a livré une charge d’une violence rare contre le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS), le rebaptisant avec un cynisme mordant : “Le projet de facturation de vos sauvetages de siège”.
Alors que la France traverse une crise économique et sociale majeure, ce qui s’est joué tard dans la nuit au Palais Bourbon ressemble, selon les mots de l’élu, moins à un débat démocratique qu’à un hold-up organisé sur le portefeuille des Français. L’objectif ? Non pas sauver la Sécurité Sociale, mais sauver les carrières de ceux qui la dirigent.
La Nuit de la Colère : Quand la Démocratie se Joue à Minuit

“Pendant que les Français qui bossent vont se coucher, vous votez des taxes.” C’est par cette image, simple mais dévastatrice, que Jean-Philippe Tanguy a planté le décor. Il y a quelque chose de symboliquement fort, et de terriblement inquiétant, dans cette pratique législative des votes nocturnes. C’est l’heure où la vigilance citoyenne est endormie, l’heure où, comme le souligne le député, les “coups en catimini” se réalisent.
L’accusation portée est gravissime : le gouvernement et ses alliés de circonstance auraient accéléré les procédures, bafoué les droits du Parlement, et empêché certaines prises de parole pour faire passer en force une mesure impopulaire. Pourquoi une telle urgence ? Pourquoi cette frénésie de valider un texte à la sauvette ? Pour Tanguy, la réponse est limpide : la peur. La peur panique de la dissolution. La peur de devoir retourner devant les électeurs et de perdre ce précieux “siège minuscule” auquel ils s’accrochent désespérément.
2,5 Milliards d’Euros : Le Prix du “Sauvetage de Sièges”
Le cœur du discours de Jean-Philippe Tanguy repose sur une dénonciation financière précise. Il évoque une somme : 2,5 milliards d’euros. Ce n’est pas de l’argent magique, c’est l’argent des contribuables. Selon l’analyse du député RN, cette somme ne servira pas à améliorer l’hôpital public en déshérence, ni à combler le trou de la Sécu par des réformes structurelles intelligentes. Non, ces milliards sont, selon lui, le “prix à payer” pour sceller un accord politique contre-nature entre Les Républicains (LR) et le Parti Socialiste (PS).
“Il faut que les Français paient pour qu’il y ait un accord… Il faut que les Français paient pour qu’il n’y ait pas de censure.” La démonstration est implacable. Tanguy dépeint une Assemblée devenue un marché où les partis traditionnels, autrefois rivaux, s’achètent une survie mutuelle sur le dos du contribuable. Le PLFSS ne serait donc plus un outil de gestion solidaire, mais une facture politique présentée au peuple pour financer l’inertie de ses représentants.
Les “Privilégiés” à 1400 Euros : La Nouvelle Cible
Mais qui va payer ? C’est là que le discours prend une tournure particulièrement émotionnelle et révoltante pour bon nombre de citoyens. Dans la vision comptable du gouvernement, dénoncée par Tanguy, une nouvelle catégorie de “riches” vient d’être inventée : les retraités gagnant plus de 1400 euros par mois.
En les désignant comme des “privilégiés”, l’exécutif justifie une pression fiscale accrue sur cette frange de la population qui a travaillé toute sa vie. Pour Jean-Philippe Tanguy, c’est l’injustice suprême. On tape sur ceux qui ne peuvent pas se défendre, sur ceux qui ont déjà cotisé, sur ceux qui subissent l’inflation de plein fouet. Pendant ce temps, les véritables sources d’économies, celles réclamées par le RN et une grande partie de l’opinion populaire, sont soigneusement évitées.

Ce qu’ils Refusent de Voir : Immigration et Fraude
Le député pointe du doigt ce qu’il appelle les “tabous” budgétaires. Alors que l’on demande des efforts aux retraités modestes, “aucune mesure d’économie sur la submersion migratoire” n’est envisagée. “Aucune mesure sur la bureaucratie”, cette hydre administrative qui engloutit des milliards. “Aucune mesure sur la fraude”, sociale ou fiscale.
C’est la rhétorique du “deux poids, deux mesures” poussée à son paroxysme. D’un côté, on saigne le Français moyen ; de l’autre, on laisse les vannes ouvertes sur des dépenses que beaucoup jugent incontrôlées. “Faire payer aux innocents, ne jamais faire payer les coupables”, lance Tanguy, inversant la logique morale du pouvoir. Pour lui, les coupables de la ruine de la France et de la Sécurité Sociale, ce sont ceux-là mêmes qui siègent sur les bancs du gouvernement et de la majorité, incapables de gérer le pays depuis des décennies.
Esclaves de nos Élus ?
La conclusion de cette séquence, relayée par de nombreux observateurs, laisse un goût amer. Jean-Philippe Tanguy décrit des députés fantômes, absents des débats économiques de fond, qui ne “débarquent” dans l’hémicycle que pour appuyer sur le bouton “taxe”. “Vous n’avez aucune économie”, leur lance-t-il, les accusant d’incompétence notoire.
Mais au-delà du clash, c’est la réflexion sur notre condition de citoyen qui interpelle. Comme le souligne le commentaire en fin de vidéo, le contrat social semble rompu. “Normalement, les élus sont au service du peuple, mais en réalité aujourd’hui, nous sommes à leur service.” Cette phrase résonne terriblement. Elle décrit un système inversé où le citoyen n’est plus qu’une variable d’ajustement, un “esclave” moderne condamné à travailler toujours plus pour financer le train de vie d’une caste politique qui ne cherche qu’à se perpétuer.
Ce discours de Jean-Philippe Tanguy n’est pas juste une prise de parole parlementaire de plus. C’est un symptôme. Le symptôme d’une rupture profonde entre la France d’en bas, celle qui compte chaque euro, et une France d’en haut, perçue comme cynique et prête à tout pour garder ses privilèges jusqu’en 2027. La question est maintenant de savoir : jusqu’à quand les “innocents” accepteront-ils de payer la facture ?

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