L’ombre derrière la lumière : La fin secrète de Biyouna racontée par celui qui l’a aimée.

Le 24 février 2025, à 2h18 du matin, le monde perdait l’une de ses étoiles les plus singulières, sans même le savoir. Biyouna, l’enfant terrible de Bellecour, l’icône au rire rauque et à la franchise déconcertante, s’est éteinte dans une chambre de clinique à Marseille. Aujourd’hui, son mari, l’homme qui a partagé sa vie pendant des décennies, a décidé de briser le silence. Ce n’est pas pour nourrir la presse à scandale, mais pour rendre justice à la femme derrière le personnage, à l’épouse et à la mère qui a choisi la discrétion absolue pour son dernier acte.

“Je suis fatiguée d’être forte”

Pendant des années, Biyouna a été le visage de la résilience algérienne, une femme libre qui osait rire de tout. Mais derrière ce masque de force indomptable se cachait une fragilité qu’elle ne montrait à personne. Son mari se souvient du basculement en 2024. L’actrice commence à s’isoler, refusant les contrats, les invitations et les appels. Leur maison devient son sanctuaire. “Je veux qu’ils se souviennent de moi debout, pas couchée”, répétait-elle en parlant de ses enfants. Portant seul le poids de cette lente disparition, son époux a respecté chaque silence, chaque porte fermée.

L’anonymat comme ultime luxe

Le récit de ses derniers jours est d’une sobriété poignante. Hospitalisée sous son nom de naissance, Baya Bouzard, Biyouna a exigé que personne ne soit prévenu. Dans le service hospitalier, les infirmières ignoraient qu’elles soignaient une légende vivante. Entre deux moments de sommeil, elle demandait à son mari de lui raconter leurs souvenirs, non pas pour revivre sa gloire, mais pour s’assurer qu’elle avait laissé une trace d’amour véritable dans le cœur d’un seul homme.

Le soir fatidique, elle lui a arraché une dernière promesse : celle de ne rien dire, de ne pas faire de “télé”, de ne pas transformer son départ en spectacle. “Tu as été courageux pour deux. Merci”, furent ses derniers mots avant que son souffle ne s’éteigne dans les bras de celui qui l’avait rencontrée bien avant qu’elle ne devienne “Biyouna”.

37,560 Photos de Vieil Homme Triste - Photos de stock gratuites et libres de droits de Dreamstime

Un héritage immatériel et un secret gardé

Fidèle à ses principes, l’actrice n’a laissé derrière elle ni villa luxueuse, ni comptes bancaires garnis. Elle avait discrètement vidé ses économies au profit d’œuvres sociales en Algérie et pour soutenir de jeunes artistes. Son testament ? Une simple lettre demandant que ses cendres soient dispersées au large de Tipaza, là où tout avait commencé pour elle au cinéma.

Son mari raconte la douleur de porter ce secret pendant sept jours avant d’informer leurs propres enfants et le reste du monde. Un silence qu’il qualifie d’enfer, mais qu’il a enduré par amour pur. Aujourd’hui, Biyouna ne souhaite pas d’hommage national ni de statue. Elle voulait juste qu’on la laisse tranquille.

À travers ce témoignage exceptionnel, on découvre une femme d’une dignité rare, qui a préféré s’effacer comme une étoile qui meurt sans bruit, laissant derrière elle une absence immense mais respectueuse. Pour ceux qui l’ont aimée, elle n’est plus sur les écrans, mais elle est cette “lumière dans l’eau” qu’elle avait promis de devenir, quelque part à l’horizon de la mer Méditerranée.