Vous ne verrez jamais Jacques Dutronc fanfaronner sur Instagram, posant avec des voitures de sport ou des montres serties de diamants. Mais derrière ses Ray-Bans et son célèbre sourire en coin se cache l’une des fortunes les plus discrètement fascinantes de l’histoire de la musique française.

En 2025, alors que le monde court après les tendances, Dutronc vit parmi les oliviers dans une villa en Corse. L’ironie ? Cette villa, initialement construite par Françoise Hardy, appartient aujourd’hui légalement à son fils, Thomas. Il “squatte” chez son fils.

Un héritage musical en or

La fortune de Jacques Dutronc n’est pas clinquante ; elle s’est accumulée silencieusement au fil des décennies. Avec une carrière de plus de 60 ans, plus de 20 albums et des centaines de chansons, son héritage musical est une véritable mine d’or. Des tubes classiques comme “Les Cactus”, “Et moi, et moi, et moi”, et l’immortel “Il est cinq heures, Paris s’éveille” ne sont pas des reliques du passé ; ce sont des œuvres vivantes, générant des revenus de droits d’auteur (SACEM) estimés à six chiffres par an. Les plateformes de streaming comme Spotify continuent de rapporter des dizaines de milliers d’euros. On estime qu’environ 3 à 4 millions d’euros de la fortune de Dutronc proviennent uniquement de son catalogue musical.

Ajoutez à cela sa carrière d’acteur récompensé par un César (“Van Gogh”), avec plus de 25 films qui sont encore régulièrement diffusés, lui assurant des revenus passifs.

La Villa “Virginie” à Monticello : Squatter chez son fils

Mais pour Dutronc, le vrai luxe réside dans le silence. L’endroit qu’il appelle “chez lui”, sur les hauteurs de Monticello en Corse, ne lui appartenait pas à l’origine. Elle a été construite en 1966 par Françoise Hardy sur un terrain offert par le photographe Jean-Marie Périer (son ex-compagnon). Jacques s’y est installé et n’est jamais vraiment reparti. Il en plaisantait souvent : “Je me suis bien garé, alors je suis resté.”

Lorsque Hardy est décédée en juin 2024, la villa est légalement revenue à leur fils unique, Thomas Dutronc. “Mon père habite désormais chez moi,” a confirmé Thomas avec une touche d’ironie affectueuse. “Mais je ne lui demanderai jamais de partir. C’est sa maison, plus que la mienne.”

La villa, estimée entre 1,5 et 2 millions d’euros, n’a ni portail doré ni façade ostentatoire. L’intérieur est une mosaïque du temps : guitares vintage, meubles décolorés, livres et photos de Hardy, et de nombreux cendriers pour les cigares Cohiba.

Les 50 chats et les voitures de collection

Et les vrais “maîtres” des lieux ? Les chats. Jacques les a toujours adorés. À une époque, plus de 50 félins errants rodaient sur la propriété. Les habitants du coin, sachant qu’il les adopterait, jetaient souvent des chatons abandonnés par-dessus le mur. “On ne pouvait plus manger dehors,” a écrit Thomas dans ses mémoires. “Ils sautaient sur la table, volaient la nourriture, dormaient dans les étuis de guitare.” Aujourd’hui, leur nombre a été réduit à une douzaine.

Côté voitures, son garage n’abrite pas de Ferrari. On y trouve une emblématique Citroën DS, poussiéreuse, souvent aperçue sur les routes côtières corses, parfois avec un chat étalé sur la banquette arrière.

Il a aussi possédé une légendaire Jaguar XK120, offerte dit-on par un producteur, mais elle est aujourd’hui conservée comme une “relique sacrée”, plus admirée que conduite.

L’héritage parisien et la relation avec Thomas

Au-delà de la Corse, Dutronc conserve une présence à Paris. La maison de ville du 14e arrondissement, où il a vécu avec Françoise Hardy pendant leurs années les plus créatives et où Thomas a grandi, appartient désormais à Thomas. Ce bien est aujourd’hui estimé entre 1,5 et 2 millions d’euros.

Après le décès de Françoise Hardy, la relation père-fils entre Jacques et Thomas est entrée dans un nouveau chapitre, plus profond. Thomas est désormais l’héritier légal de la maison de Monticello et d’une grande partie de la fortune de sa mère. Mais émotionnellement, il a aussi “hérité” de son père. “Mon père habite chez moi maintenant… mais c’est plus que ça, il vit avec moi. On partage un temps qu’on n’a jamais eu avant,” a partagé Thomas.

Ils ne sont pas soignant et patient, mais “deux artistes en harmonie”. Ils boivent le café ensemble sur la terrasse, accordent leurs guitares. Thomas gère désormais l’héritage, un puzzle complexe de droits musicaux de ses deux parents.

Jacques a un jour plaisanté : “Je n’ai jamais élevé Thomas. Il s’est élevé tout seul. Mais maintenant, je peux enfin vivre avec la version adulte.”

La richesse de Jacques Dutronc, estimée au total à plusieurs dizaines de millions d’euros (certaines sources non vérifiées dans la vidéo mentionnent 120 millions d’euros, mais le chiffre réel provenant de son patrimoine musical et immobilier confirmé est très substantiel), ne réside pas dans l’ostentation. Elle réside dans la liberté. Il n’a pas de réseaux sociaux, ne vend pas son âme aux marques. Il a une villa en pierre, des cigares cubains et du bon vin. Il vit entre confort bourgeois et résistance bohème. C’est cela, le véritable luxe de Jacques Dutronc.