Le monde de la culture, en France comme en Algérie, est en émoi. Biyouna, de son vrai nom Baya Bouzar, cette force de la nature qui a illuminé nos écrans et nos scènes pendant des décennies, s’est éteinte à l’âge de 72 ans. Mais au-delà de la perte d’une artiste immense, c’est le récit de ses derniers mois, livré avec une émotion rare par sa fille, qui bouleverse aujourd’hui le public. Entre pudeur extrême, courage surhumain et secrets jalousement gardés, l’icône de Belcourt a mis en scène son propre départ avec la même liberté qui a guidé toute sa vie.

Une vie sous le signe de l’insoumission

Née en 1952 dans un quartier populaire d’Alger, Biyouna n’était pas qu’une actrice ; elle était un symbole. Danseuse de cabaret à 19 ans, briseuse de tabous, elle a su imposer son corps et sa voix dans une société en pleine mutation. Du succès télévisuel de Hanan Fi Hayati au cinéma international avec Inch’Allah dimanche ou La Source des femmes, elle a incarné la femme algérienne affranchie, volcanique et indomptable. Pourtant, derrière ce personnage public solaire et provocateur, se cachait une femme d’une sensibilité exacerbée, pour qui l’image de force était devenue, sur la fin, une armure trop lourde à porter.

La forteresse du silence

Selon les confidences poignantes de sa fille, les premières fissures sont apparues au début des années 2010. Biyouna a commencé à s’éloigner des plateaux, refusant des projets ambitieux sans donner de raisons. Ce retrait n’était pas une simple lassitude artistique, mais le début d’un combat intime contre la maladie. “Maman n’avait pas peur de mourir, elle avait peur de ne plus maîtriser son image”, confie sa fille. Cette obsession de la dignité l’a poussée à s’enfermer dans une forteresse invisible. Elle interdisait qu’on la photographie sans maquillage et imposait un protocole strict même à ses proches, refusant d’être vue comme une femme affaiblie.

Le refus de la pitié : un choix radical

En 2023, face à l’aggravation de son état, Biyouna a pris une décision qui a choqué son entourage : le refus de tout acharnement thérapeutique. Pour elle, la survie sous perfusion n’était pas la vie. Dans une lettre retrouvée après son décès, elle écrivait : “Ma liberté, c’est de décider quand je quitte la scène, pas d’attendre qu’on me pousse dehors.” Elle a choisi de partir selon ses propres termes, entourée d’un silence sacré que sa fille a dû protéger, allant jusqu’à ne prévenir personne de son départ imminent, pas même les médias ou ses amis de longue date.

Les 5 secrets d’une fin de vie mystérieuse

C’est seulement après des funérailles organisées dans la plus stricte intimité que sa fille a choisi de briser le silence pour honorer la mémoire de sa mère, révélant cinq secrets qui éclairent d’un jour nouveau la personnalité de l’artiste :

    Le diagnostic caché : Contrairement aux rumeurs de burnout, Biyouna luttait contre un cancer diagnostiqué dès 2019. Elle a refusé de porter l’étiquette de “malade”, préférant rester “l’artiste” jusqu’à son dernier souffle.

    Le regret d’une amitié perdue : Une lettre d’excuse adressée à un acteur célèbre, avec qui elle était brouillée depuis 20 ans, a été retrouvée dans ses affaires. “Pardonne-moi de t’avoir laissé partir sans explication”, y lisait-on. Un message qu’elle n’a jamais eu la force d’envoyer.

    Une spiritualité profonde et secrète : Loin de l’image de provocatrice qu’elle cultivait, Biyouna passait ses dernières matinées à réciter des prières en arabe. Elle gardait cette foi pour elle, craignant qu’elle ne soit instrumentalisée ou jugée.

    Le refus de l’hommage public : Dans son testament, elle a explicitement refusé toute cérémonie officielle ou monument à son nom. Pour elle, le seul véritable hommage devait se trouver dans le cœur des gens, et non sur les murs des institutions.

    L’ultime message vocal : Sur un vieux téléphone, sa fille a découvert un enregistrement où Biyouna chuchote ses derniers mots : “Dis-leur que j’étais libre, que j’ai aimé, que j’ai eu peur oui, mais que je suis partie comme je le voulais.”

Un héritage de courage

La célèbre comédienne, chanteuse et actrice Biyouna n'est plus | Radio  Algérienne

Le départ de Biyouna laisse un vide immense, mais il nous offre aussi une leçon de vie magistrale. Elle nous rappelle que le courage ne réside pas toujours dans le combat bruyant, mais parfois dans l’acceptation de sa propre fragilité. Elle est partie comme elle a vécu : avec panache, sans tapage, mais avec une honnêteté désarmante.

Aujourd’hui, nous ne pleurons pas seulement une actrice, mais une femme qui a su rester elle-même jusqu’au bout du tunnel. En choisissant le silence pour protéger sa dignité, Biyouna a signé sa plus belle performance, celle d’une vie vécue sans compromis. Elle restera à jamais cette voix qui, même dans un souffle fragile, nous crie que la liberté est le bien le plus précieux que l’on puisse posséder.

La comédienne et chanteuse algérienne Biyouna est morte à 73 ans - ICI