Saint-Tropez, le 7 janvier 2026. Sous un ciel bas et lourd, le clocher de l’église de Saint-Tropez a sonné le glas ce mercredi, marquant la fin d’une ère. Mais au-delà du protocole et de l’hommage public à la plus grande icône du cinéma français, c’est un drame intime, d’une puissance émotionnelle rare, qui s’est joué sur les pavés de la cité corsaire. Contre toute attente, Nicolas Charrier, le fils unique de Brigitte Bardot, est sorti de l’ombre pour affronter la lumière crue du deuil.

Le retour de l’enfant prodige

Depuis des décennies, la distance entre la mère et le fils semblait infranchissable. Installé en Norvège, loin du tumulte de la Madrague et des projecteurs, Nicolas Charrier avait construit sa vie dans la discrétion, laissant derrière lui les malentendus et les blessures du passé. Pourtant, dès l’ouverture de la portière de la berline sombre, le murmure de la foule a été instantané : « C’est lui ». À 66 ans, les cheveux d’argent et le regard voilé par une tristesse insondable, Nicolas a franchi le parvis, entouré de ses propres enfants.

Sa présence seule relevait du miracle. En gravissant les marches de pierre, il n’a pas seulement parcouru quelques mètres, il a comblé un fossé de soixante ans. Pour la première fois depuis des lustres, il n’était plus l’homme blessé par une autobiographie ou des silences prolongés ; il était simplement un fils venant dire adieu à sa mère.

Une union sacrée devant l’éternité

À l’intérieur de l’église Notre-Dame de l’Assomption, l’atmosphère était saturée du parfum des lys blancs et des roses sauvages. Au premier rang, une image saisissante a capturé l’essence de ce moment historique : Bernard d’Ormale, le compagnon fidèle des trente dernières années, et Nicolas Charrier, le fils longtemps absent, étaient assis côte à côte, épaule contre épaule.

Voir ces deux hommes, que tout semblait opposer, unis dans une dévastation commune, a envoyé un message puissant au monde entier. Dans ce dialogue muet face au cercueil de bois clair, d’une simplicité biblique, les clans ont disparu pour laisser place à une famille enfin réunie au terme du voyage.

Le moment où l’armure se brise

Le point de rupture est survenu lors du rite de l’absoute. Alors que la voix cristalline de Mireille Mathieu entonnait un Ave Maria de Schubert, Nicolas s’est avancé seul vers le cercueil. Chaque pas semblait peser le poids d’une vie entière. Arrivé à la hauteur de la dépouille, après avoir accompli le geste liturgique, l’homme stoïque s’est évaporé.

Nicolas a posé sa main à plat sur le bois. Dans un geste d’une intimité foudroyante, une dernière caresse à celle qui ne pouvait plus lui répondre, son corps a été secoué par un sanglot profond. À cet instant précis, sous les voûtes sacrées, la glace a définitivement fondu. Ce n’était plus la légende “B.B.” qui reposait là, mais une mère, et son fils venait de la retrouver dans l’ultime séparation.

Obsèques de Brigitte Bardot : ce moment gênant vécu par son fils Nicolas  Charrier à son arrivée à l'église

L’arche de Noé et le repos face à la mer

Dehors, la cérémonie a pris une dimension presque biblique. Fidèles au vœu de Brigitte, des centaines d’anonymes étaient venus accompagnés de leurs animaux. Chiens de toutes races, chats dans des paniers, et même des ânes formaient une garde d’honneur inédite. Au passage du cercueil, pas d’applaudissements, mais un concert poignant d’aboiements et de gémissements, une oraison funèbre primitive qui aurait tant plu à celle qui préférait la compagnie des bêtes à celle des hommes.

Le voyage s’est achevé au cimetière marin, face à cette Méditerranée que Brigitte Bardot a tant aimée. Bien que l’administration lui ait refusé le droit de reposer dans son jardin de la Madrague, elle repose désormais face au large, libre et offerte aux éléments.

Nicolas, dans un dernier geste de paix, a laissé couler une poignée de sable fin sur le cercueil, une pluie d’or scellant définitivement leur réconciliation. Brigitte Bardot n’est pas seulement morte ce jour-là ; elle est devenue immortelle, emportant avec elle le pardon de son fils et l’amour d’un peuple, de poil et de plume.