Le monde des médias français est à nouveau sous le choc. Alors que l’actualité autour d’Ary Abittan était déjà brûlante suite à son retour controversé sur scène, une voix familière vient d’ajouter une pierre angulaire au débat sur le consentement et le respect des femmes sur les plateaux de télévision. Ce 11 décembre 2025, Laury Thilleman, ancienne Miss France et animatrice respectée, a choisi de s’exprimer sur un épisode sombre de sa carrière, resté sous silence pendant quatorze longues années.

Une blessure rouverte sur les réseaux sociaux

C’est via son compte Instagram que Laury Thilleman, aujourd’hui âgée de 34 ans, a décidé de libérer sa parole. Dans une série de stories poignantes, elle revient sur une séquence datant de 2011, sur le plateau de l’émission culte “Les Enfants de la télé”. À l’époque, la jeune femme n’avait que 20 ans et venait d’être couronnée Miss France. Sur les images, qui circulent à nouveau massivement, on aperçoit Ary Abittan lui imposer un baiser de manière insistante.

Si, à l’époque, le public et les invités riaient de la situation, Laury Thilleman décrit aujourd’hui une tout autre réalité interne. Elle évoque un moment “humiliant et traumatisant”. “J’avais 20 ans”, rappelle-t-elle avec force, soulignant la vulnérabilité dans laquelle elle se trouvait face à un humoriste alors en pleine gloire. Ce que les téléspectateurs percevaient comme une maladresse comique était, pour elle, une agression vécue dans l’impuissance.

“Un rire de façade ne vaut pas un consentement”

L’un des points les plus frappants de son témoignage est l’analyse qu’elle fait de sa propre réaction de l’époque. On la voit sur la vidéo tenter de sourire, de garder une certaine contenance malgré son recul physique évident. “Comme pour faire bonne figure, je tente d’en rire mais je ne consens pas”, explique-t-elle. Ce passage met en lumière un phénomène bien connu : la pression sociale et médiatique qui oblige les victimes, surtout les jeunes femmes, à minimiser les faits pour ne pas passer pour celles qui “cassent l’ambiance”.

Elle pointe du doigt la culture de l’époque où la question du consentement était rarement, voire jamais, abordée sur les plateaux de divertissement. Ce témoignage agit comme un miroir tendu à la société française, montrant le chemin parcouru depuis 2011, mais aussi la persistance des traumatismes liés à la banalisation de gestes déplacés au nom du “spectacle”.

Un contexte médiatique explosif pour Ary Abittan

Laury Thilleman donne son avis sur la chirurgie esthétique : "J'espère ne  jamais y passer..." - Télé-Loisirs

Cette prise de parole ne pouvait pas tomber à un moment plus délicat pour l’humoriste. Le 6 décembre dernier, son spectacle aux Folies Bergère a été le théâtre d’une intervention musclée du collectif féministe “Nous Toutes”. Bien qu’Ary Abittan ait obtenu un non-lieu définitif cette année dans l’affaire de viol qui l’avait écarté des projecteurs en 2021, la contestation reste vive.

Le témoignage de Laury Thilleman, bien qu’il concerne un événement distinct et beaucoup plus ancien, vient nourrir la colère des militants qui s’opposent à son retour médiatique. Elle ne porte pas l’affaire sur le terrain judiciaire, mais sur celui de la morale et de l’éthique professionnelle. Pour beaucoup, ces révélations confirment un comportement problématique récurrent, bien au-delà des dossiers classés par la justice.

La fin d’une certaine télévision ?

En concluant par la phrase “Un rire de façade ne vaut pas un consentement”, Laury Thilleman lance un avertissement clair aux producteurs et aux personnalités publiques. Le divertissement ne peut plus servir de paravent à l’irrespect ou à l’humiliation. Son message, salué par des milliers d’internautes, marque une étape supplémentaire dans la “vague MeToo” qui continue de balayer le paysage audiovisuel français.

À ce jour, Ary Abittan n’a fait aucune déclaration en réponse à ces accusations. Le silence de l’humoriste, face à une Laury Thilleman déterminée à ne plus laisser l’ombre du passé ternir son présent, rend l’atmosphère plus lourde que jamais autour de son retour sur le devant de la scène. Une chose est sûre : l’industrie de la télévision française est face à ses responsabilités et ne pourra plus ignorer les voix de celles qui, pendant quatorze ans, ont dû rire pour ne pas pleurer.

Ça aurait été bizarre de ne pas en parler" : Ary Abittan explique sur RTL  pourquoi il raconte ses 4 ans à se défendre d'une accusation de viol dans  son spectacle