Jean-Marc Généreux, l’une des figures les plus vibrantes et énergiques du monde du spectacle et de la danse, a vécu une vie marquée par des contrastes saisissants. Si l’on devait identifier la plus grande tristesse de son existence, il désignerait sans hésiter Francesca Généreux – sa fille tant aimée, atteinte du syndrome de Rett. Ce trouble neurologique rare l’a privée de la parole, de la marche et d’une vie normale. À 62 ans, derrière les paillettes et l’enthousiasme des plateaux télévisés, Jean-Marc est un père qui porte une blessure profonde qui ne s’est jamais refermée.

Francesca et le syndrome de Rett : Un ange emprisonné

Francesca est née en 1999, apportant une joie immense à Jean-Marc et son épouse France Mousseau. Durant ses premiers mois, la petite fille se développait tout à fait normalement, faisant ses premiers pas et prononçant ses premiers mots comme “papa” et “maman”. Pourtant, vers l’âge de 20 mois, le destin bascule. Francesca commence à montrer des signes inquiétants : elle perd l’usage de la parole, sa mobilité diminue et ses sourires innocents s’effacent peu à peu.

Le diagnostic du syndrome de Rett tombe comme un couperet. Jean-Marc a confié dans son autobiographie avoir pleuré toutes les larmes de son corps en apprenant qu’il n’existait aucun remède et que sa fille serait à jamais prisonnière de son propre corps. Cette tristesse ne réside pas seulement dans le handicap physique, mais dans le sentiment d’impuissance d’un père qui croyait que la volonté et la persévérance pouvaient tout vaincre. “J’ai perdu une partie de Francesca alors même qu’elle était encore en vie”, déclarait-il avec émotion.

Une carrière brillante bâtie sur les larmes et le sacrifice

Le parcours de Jean-Marc, du jeune garçon de Longueuil au champion du monde et juge international, est une source d’inspiration. Il commence la danse à 10 ans avec France Mousseau, celle qui deviendra sa partenaire de vie et de scène. Ensemble, ils ont conquis d’innombrables titres mondiaux, devenant des icônes de la danse sportive grâce à une énergie explosive.

Après sa retraite de la compétition en 1998, Jean-Marc s’est tourné vers la chorégraphie et la télévision. Il est devenu un juge incontournable de “So You Think You Can Dance” en Amérique du Nord, et a conquis la France avec “Danse avec les stars”. Peu de gens savent cependant que certaines de ses plus belles créations, comme sa valse viennoise hommage, ont été créées en pensant à Francesca. Pour lui, la danse n’est pas qu’un art, c’est une façon d’exprimer son amour et sa douleur indicible.

Les échecs amers derrière les projecteurs

La vie de Jean-Marc n’a pas été qu’un long fleuve tranquille. Un de ses plus grands échecs, qui l’a fait s’effondrer en larmes dans les vestiaires, fut de rater de peu le titre de champion du monde après une préparation acharnée. Plus récemment, en 2020, l’émission “Spectaculaire” dont il était l’animateur sur France 2 a été arrêtée après deux saisons faute d’audience, le laissant peiné de ne pas avoir pu offrir ce projet au public français.

La pression du travail a aussi parfois été écrasante. Lors de la préparation de l’émission “Révolution” au Québec, il lui arrivait de rester en studio jusqu’à minuit, pleurant de stress mais aussi de fierté devant le progrès de ses danseurs. Son retour dans “Danse avec les stars” en 2024 a également représenté un effort immense, devant surmonter la tristesse de l’éloignement familial pour poursuivre sa mission de transmission.

L’héritage et l’espoir d’un père exemplaire

Malgré la gloire, Jean-Marc Généreux n’a jamais oublié l’essentiel. Sa plus grande réussite est d’utiliser sa notoriété pour sensibiliser le public au syndrome de Rett. Avec son épouse, il organise des levées de fonds et soutient les familles touchées par cette maladie. “Si je peux aider un enfant comme Francesca à avoir une vie meilleure, ce sera ma plus grande victoire”, affirme-t-il.

Jean-Marc s’efforce d’être un modèle pour ses enfants, Jean-Francis et Francesca. Il veut qu’ils voient en lui un homme qui n’abandonne jamais. Son amour indéfectible pour France Mousseau, rencontrée à l’âge de 9 ans, reste un véritable conte de fées moderne et le pilier central qui lui permet de continuer à sourire. À 62 ans, Jean-Marc Généreux continue de danser avec la vie, prouvant que derrière chaque mouvement se cache une force née de la douleur et de l’amour pur.