Dans un contexte politique français déjà sous haute tension, une image, qui pourrait paraître anecdotique, vient de porter un coup violent à la confiance citoyenne : la Première Ministre Élisabeth Borne vapotant avec désinvolture au sein même de l’Assemblée nationale. Cet acte n’est pas seulement une entorse au règlement intérieur, c’est la démonstration flagrante d’une déconnexion entre l’élite dirigeante et les lois qu’elle impose au reste de la population.

Un geste de défi au cœur de la République

L’histoire semble se répéter pour Élisabeth Borne. La chef du gouvernement est une habituée de la cigarette électronique, même là où la loi l’interdit formellement. Pour l’exécutif, la loi semble être une excellente chose, mais surtout lorsqu’elle s’applique aux autres. Au cœur de la démocratie, la Première Ministre prouve qu’elle se considère au-dessus du commun des mortels par ce geste enfumé.

Le paradoxe est saisissant : alors que le gouvernement durcit les interdictions de fumer dans les espaces publics extérieurs pour des raisons de santé, sa représentante s’offre une pause nicotine dans l’enceinte sacrée de la République. Le contraste entre le discours officiel et la pratique individuelle frise l’absurde.

L’indignation de l’opposition

Armée de logique et d’une colère manifeste, la députée Caroline Fiat a lancé l’assaut contre cette impunité. Elle a souligné l’incohérence criante d’un ministre de la Santé qui annonce l’interdiction du tabac sur les plages pendant que la Première Ministre enfreint les règles dans l’hémicycle.

« Ici nous écrivons la loi, on n’est pas au-dessus », a rappelé Caroline Fiat. Pourtant, face à cette interpellation, le mépris semble total. Pour les observateurs, Élisabeth Borne ne se contente pas de vapoter ; elle semble “fumer l’opposition”, affichant une arrogance qui ne s’embarrasse même plus des apparences. Le message est clair : rien ne bougera, pas même la vapeur de sa vapoteuse, malgré les rappels au respect des institutions.

Quand la démocratie part en fumée

Élisabeth Borne vapote à l'Assemblée, voici ce qu'en pense le ministre de  la Santé Aurélien Rousseau

La scène atteint le sommet de l’absurde avec l’intervention du député Damien Maudet. Ce dernier ironise sur le fait que la nouvelle devise de la Ve République semble être de contempler la destruction de la démocratie entre deux bouffées de cigarette électronique. Le mépris dénoncé ici ne vise pas seulement une règle de conduite, mais l’institution parlementaire elle-même.

Une après-midi au Palais Bourbon, des volutes de vapeur et une démocratie qui semble s’évaporer : voilà le résumé amer de cette séance pour l’opposition. Le sentiment que les lois sont facultatives pour ceux qui les rédigent érode les fondements du pacte social. Si la vapeur finit par se dissiper, le sentiment d’une justice à deux vitesses, lui, reste bien ancré dans l’esprit des citoyens.

Caroline Fiat : "Si Castex et Véran pouvaient redescendre sur terre..." -  Revue Charles