Le Fort de Brégançon n’est pas qu’une simple résidence d’été. C’est un piton rocheux face à la Méditerranée, une forteresse chargée d’histoire, devenue le symbole du pouvoir présidentiel en villégiature. Chaque été, les regards de la France entière convergent vers ce lieu de repos qui, plus qu’un havre de paix, est une véritable scène politique. C’est là que les présidents se “normalisent”, se montrent en famille, mais c’est aussi là que la moindre dépense, le moindre faux pas, est scruté, analysé et souvent, impitoyablement critiqué.
Emmanuel et Brigitte Macron, depuis leur arrivée à l’Élysée en 2017, n’ont pas échappé à la règle. Mais c’est en 2018 qu’un “petit caprice estival”, selon les mots acerbes des critiques, est venu pimenter le décor et déclencher une polémique nationale. L’objet du délit ? Une piscine. Pas un bassin creusé en marbre digne d’un palais romain, non, mais une piscine hors-sol “démontable” de 10 mètres sur 4, pour une facture tout de même salée : 34 000 euros. Payés, bien entendu, par le contribuable.
La nouvelle, révélée en plein cœur de l’été, a fait l’effet d’une bombe. Dans une France déjà gagnée par les tensions sociales qui allaient exploser quelques mois plus tard avec le mouvement des “Gilets Jaunes”, cette dépense, aussi modeste puisse-t-elle paraître à l’échelle du budget de l’État, a été perçue comme le symbole d’une déconnexion, d’une “folie” présidentielle.

Mais pourquoi diable installer une piscine, fût-elle modeste, dans une résidence qui offre un accès direct à l’une des plus belles mers du monde ? La réponse est venue directement de la Première dame. Brigitte Macron, soumise comme toutes ses prédécesseures à la traque incessante des paparazzi, aurait tout simplement voulu un peu d’intimité. L’explication, relayée à l’époque, se voulait empreinte de simplicité : “Parfois, c’est bon de se mettre en maillot de bain, mais pas devant tout le monde, hein. Faut pas déconner.”
Une aspiration légitime à la tranquillité pour un couple surexposé. Qui pourrait lui reprocher de vouloir éviter les téléobjectifs et les photos volées qui feraient le tour du monde en quelques heures ? Le problème, c’est qu’à Brégançon, le moindre désir personnel se heurte instantanément à la réalité de la fonction et, surtout, à son coût pour la collectivité.
Face à la polémique naissante, l’Élysée a rapidement dégainé sa “grande parade”, un argumentaire comptable censé éteindre l’incendie avant qu’il ne devienne incontrôlable. L’installation de cette piscine à 34 000 euros, nous a-t-on expliqué, n’était pas une dépense, mais… une économie ! Une affirmation qui a laissé pantois plus d’un observateur.
Le calcul était le suivant : chaque fois que le couple présidentiel souhaite se baigner dans la mer, un dispositif de sécurité colossal doit être déployé. Cela inclut, notamment, deux vedettes de la gendarmerie pour sécuriser la zone. Coût de l’opération, selon les communicants de l’Élysée : 60 000 euros par an. La conclusion était donc “logique” : en dépensant 34 000 euros une seule fois pour une piscine, l’État économiserait 60 000 euros chaque année. L’investissement serait donc rentabilisé en moins d’une saison.
L’argument, bien que techniquement plausible, a eu du mal à convaincre. D’abord, parce qu’il semblait un peu trop beau pour être vrai. Ensuite, et surtout, parce qu’il occultait une option bien plus simple, comme l’ont souligné les critiques avec une ironie mordante : “On aurait eu aussi pu très bien rien construire du tout, cela a coûté zéro.” Après tout, les présidents précédents s’étaient bien contentés de la mer, des paparazzi et du dispositif de sécurité attenant.
La défense élyséenne a été d’autant plus fragilisée par des rumeurs persistantes selon lesquelles le Président lui-même n’était pas un grand fan de cette installation. Emmanuel Macron, dit-on, “préférerait la mer”, rendant l’investissement de 34 000 euros encore plus superflu. Le coup de grâce est peut-être venu de Brigitte Macron elle-même qui, sentant le malaise de l’opinion publique, a avoué que la critique était “compréhensible”. Un aveu de faiblesse qui sonnait comme la reconnaissance d’une erreur de communication, sinon d’une faute de goût.

Cette affaire de piscine, au-delà de l’anecdote, est révélatrice de la relation complexe que la France entretient avec ses dirigeants et leurs lieux de pouvoir. Brégançon a toujours été un miroir grossissant des dépenses présidentielles. Valéry Giscard d’Estaing y avait fait installer un terrain de tennis. François Mitterrand s’y rendait peu, lui préférant sa bergerie de Latché. Jacques Chirac y vivait des étés en famille, loin des fastes. Nicolas Sarkozy y avait été photographié en jogging, tentant de moderniser l’image, avant que le lieu ne soit brièvement ouvert au public sous François Hollande, dans une tentative de “normalité” qui s’est vite avérée intenable pour des raisons de sécurité et de coût.
En décidant de réinvestir pleinement Brégançon, Emmanuel Macron renouait avec une tradition de “monarchie républicaine”. Mais il s’exposait aussi, inévitableDement, à la critique. L’épisode de la piscine s’inscrit parfaitement dans le procès en “présidence jupitérienne” qui a été fait à son premier quinquennat.
Dans une France fracturée, où le sentiment de déclassement et l’exigence de transparence n’ont jamais été aussi forts, un bassin à 34 000 euros, même justifié par des calculs d’apothicaire, devient un symbole politique dévastateur. Il renvoie l’image d’une élite déconnectée, capable de dépenser en un claquement de doigts ce qui représente pour beaucoup plusieurs années de salaire, tout en demandant au peuple de “se serrer la ceinture”.
Peu importe que la piscine soit “hors-sol” et “démontable”. Dans l’imaginaire collectif, elle est devenue la piscine de la démesure, le “caprice de la reine” dans sa forteresse d’ivoire. C’est l’image d’un couple présidentiel nageant “dans la fraîcheur présidentielle” pendant que, pour reprendre la formule assassine de la vidéo, “le peuple sue sous la clime de Lidl”.
Finalement, qui a gagné dans cette histoire ? “À part évidemment les installateurs de cette piscine de luxe”, la question reste ouverte. L’Élysée a peut-être fait une économie de 60 000 euros par an sur le papier. Mais sur le plan politique et symbolique, le coût de cette piscine a été exorbitant.
Elle est devenue un caillou dans la chaussure présidentielle, un mème facile pour les opposants, un rappel constant de ce “vieux monde” que le candidat Macron avait promis de renverser. Elle a cristallisé les rancœurs et nourri le procès en “président des riches”.
En politique, la perception est reine. Et la perception qui est restée de cet été 2018, ce n’est pas celle d’une gestion économe des deniers publics, mais celle d’une “folie” déconnectée des réalités. Une leçon cruelle qui rappelle que même au sommet de l’État, face à la Méditerranée, on n’échappe jamais tout à fait au jugement de ceux qui, en bas, regardent. Et la vie, en haut, n’est peut-être pas toujours aussi belle qu’on l’imagine.
News
Nolwenn Leroy : Les Révélations Poignantes de ses 42 ans sur “l’Amour de sa Vie”
Dans l’univers parfois impitoyable du show-business français, rares sont les artistes qui parviennent à maintenir une frontière étanche entre les…
Julio Iglesias à 81 ans : Entre aveux sincères, secrets de famille et vérité sur sa santé, la légende se livre enfin
Julio Iglesias n’est pas seulement une voix ; il est un mythe vivant, une icône de la romance qui a…
Isabelle Nanty : Le combat secret d’une icône entre la vie et la mort après une hospitalisation critique
Le monde du cinéma français a retenu son souffle. Isabelle Nanty, figure emblématique et solaire de nos écrans, a traversé…
CLASH EXPLOSIF : Louis Boyard et Apolline de Malherbe, le duel qui a embrasé le direct !
L’arène médiatique a tremblé ce matin. Ce qui devait être une interview politique classique s’est transformé en un véritable champ…
Jean-Pierre Foucault en deuil : Les adieux déchirants à Marie-José Tramoni, la seule femme qu’il ait jamais épousée
Le paysage médiatique français est en émoi. Derrière l’image de l’animateur infatigable, toujours prêt à distribuer sourires et bonne humeur…
Sarah Knafo “rhabille” la gauche : le choc des vérités sur le Venezuela !
Le séisme politique : Sarah Knafo face à l’aveuglement idéologique Le paysage médiatique français vient d’être le théâtre d’une déflagration…
End of content
No more pages to load






