La France vit-elle une époque de pure folie ? La question mérite d’être posée tant l’actualité récente ressemble à un scénario de film à suspense, mêlant rumeurs abracadabrantes, manœuvres politiques cyniques et une grogne sociale qui monte, qui monte. Pendant que les citoyens tentent de joindre les deux bouts, l’arène publique est devenue le théâtre d’un spectacle déconcertant, où la vérité et la fiction semblent avoir perdu toute frontière. Des couloirs de l’Élysée aux bancs de l’Assemblée, en passant par les plateaux de télévision, une fièvre collective s’est emparée du pays.

Tout commence par l’impensable, le genre de nouvelle si énorme qu’elle en devient presque comique, si elle n’était pas si grave. Sur le plateau de “Touche Pas à Mon Poste” (TPMP), une émission habituée des dérapages mais regardée par des millions de personnes, une invitée lance ce qui s’apparente à une bombe. Elle affirme, après une “enquête de 3 ans”, que la Première Dame, Brigitte Macron, ne serait pas celle que l’on croit. Selon ses dires, il s’agirait en réalité d’un homme : Jean-Michel Trogneux, qui ne serait autre que le frère de Brigitte Macron… ou plutôt, Brigitte Macron elle-même, les deux ne faisant qu’une seule et même personne.

Le motif de cette supposée supercherie ? Un “mensonge d’État” prodigieux. L’objectif, selon cette théorie, serait de masquer la véritable date de naissance de la Première Dame (1945 au lieu de 1953) et, par conséquent, de dissimuler une infraction pénale grave : un détournement de mineur qu’elle aurait commis à l’époque envers le jeune Emmanuel Macron. La différence d’âge, bien que déjà connue, deviendrait ainsi une affaire criminelle étouffée au plus haut sommet de l’État.

Face à de telles accusations, on s’attendrait à un démenti cinglant, à une preuve irréfutable balayant l’absurdité. Et c’est là que le bât blesse et que la rumeur s’emballe. Pourquoi l’Élysée ne met-il pas fin à la polémique en présentant simplement le fameux Jean-Michel Trogneux, le frère, en chair et en os ? Ce silence, ou du moins cette absence de réfutation simple et visuelle, est perçu par les tenants de la théorie comme une preuve supplémentaire. L’affaire prend une ampleur internationale, alimentée par des personnalités comme la commentatrice américaine Candace Owens, qui prétend avoir elle-aussi enquêté et, plus troublant encore, avoir reçu des menaces de poursuites judiciaires de la part du couple présidentiel. Bien qu’elle n’apporte aucune preuve tangible, ses “arguments” sont jugés “crédibles” par ceux qui veulent y croire.

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La machine s’emballe jusqu’à atteindre des sommets de délire, la rumeur se transformant et s’amplifiant, suggérant même que Brigitte Macron ne serait pas Jean-Michel Trogneux… mais Jean-Michel Macron, le propre père d’Emmanuel Macron. Une spirale complotiste qui laisse pantois, mais qui témoigne d’un climat de défiance totale envers les institutions et la parole officielle.

Mais pendant que cette “affaire” rocambolesque occupe les esprits et enflamme les réseaux sociaux, la véritable politique, celle qui impacte le quotidien des Français, continue son chemin, et il est semé d’embûches. Loin des fantasmes, le Premier Ministre François Bayrou s’apprête à faire usage, une fois de plus, de l’article 49.3 de la Constitution. Cet outil, permettant de faire adopter un texte de loi sans vote, est devenu le symbole d’une démocratie qui semble tourner à vide.

L’objectif est de faire passer le budget de l’État et celui de la Sécurité Sociale. Bayrou, en “mode commando”, justifie cette décision par l’urgence et l’incapacité de trouver un compromis, notamment avec la gauche. “Un pays comme le nôtre ne peut pas rester sans budget”, martèle-t-il. Mais pour l’opposition, c’est un passage en force, un déni de démocratie. Le Premier Ministre, qualifié de “Bayrou de secours”, est accusé d’agir tel un “pantin” sans légitimité populaire, au service exclusif du Président Macron.

La réponse de l’opposition, notamment de La France Insoumise (LFI), est immédiate : une motion de censure sera déposée. Pour les insoumis, ce n’est pas un jeu politique. C’est une réponse à une situation économique jugée catastrophique. Un député LFI dresse un tableau noir : la France connaît un “record historique de faillites” d’entreprises, avec 66 000 défaillances. Le chômage augmente, et 250 000 salariés pourraient se retrouver “sur le carreau”. L’accusation est grave : le gouvernement, par son “austérité” et son “laxisme avec les plus riches”, a ignoré les alertes et foncé “vers un mur”. La censure n’est donc pas une fin en soi, mais le seul moyen de “changer de politique” pour répondre à l’urgence sociale.

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Dans ce climat de tension extrême, que propose l’autre grande force d’opposition, le Rassemblement National ? Un discours de Jordan Bardella, analysé dans la même vidéo, laisse perplexe. Le fond semble absent, les arguments introuvables. Le discours se résume à une glorification des “fleurons industriels français” et à une attaque en règle contre la gauche, accusée de servir les “intérêts de Monsieur Mélenchon” plutôt que ceux des travailleurs.

Pour le commentateur, la traduction est simple : le discours de Bardella “pue les cadeaux fiscaux” pour le patronat. Lorsqu’il appelle à “soutenir” les entreprises au lieu de les “écraser” sous la fiscalité, le message caché serait un chèque en blanc pour les plus riches, comme Bernard Arnault. Une rhétorique à l’opposé de celle d’un “Robin des Bois”, qui séduit ses “groupies” mais interroge sur la réelle protection qu’il offre aux “travailleurs” qu’il prétend défendre.

Entre les complots surréalistes, un gouvernement qui passe en force et une opposition qui s’écharpe, le citoyen, lui, regarde son portefeuille. Et il voit rouge. C’est là qu’intervient le dernier acte de ce drame français, qui nous vient cette fois de Croatie. Face à une inflation galopante (un shampoing vendu 130% plus cher qu’en Allemagne, les œufs à +58%), les consommateurs croates ont dit STOP.

Leur arme ? Un boycott généralisé des supermarchés, des restaurants et des achats en ligne. Le mot d’ordre est simple : “n’achetez rien”. Et le résultat est spectaculaire. En une seule journée, les ventes ont chuté de plus de 50%. Un message reçu cinq sur cinq par les distributeurs et le gouvernement. Comme le dit le commentateur, “il n’y a que les chiffres qu’ils comprennent”.

La leçon est puissante, et elle résonne étrangement avec la situation française. Car en France aussi, les prix s’envolent. Et alors que les négociations commerciales annuelles se terminent, une nouvelle hausse, de l’ordre de 2 à 3%, est attendue dès le mois de mars. Après deux ans où les prix alimentaires ont déjà bondi de 15%, la coupe est pleine.

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Le parallèle est saisissant. Pendant que le sommet de l’État est secoué par des rumeurs dignes d’un roman d’espionnage et que la classe politique s’enferre dans ses jeux de pouvoir, le peuple subit une pression économique intolérable. L’exemple croate agit comme un miroir : et si la véritable réponse n’était ni dans les complots, ni dans les motions de censure, ni dans les discours creux, mais dans l’action collective et citoyenne ? La vidéo se termine sur un avertissement : “nous aussi on peut se mettre en colère”. La question n’est plus de savoir si la colère va exploser, mais comment. La France, prise en étau entre folie et austérité, est assise sur une poudrière.