Michel Onfray, le philosophe qui refuse de se taire, vient de lancer un pavé dans la mare médiatique. Avec la publication de son dernier ouvrage, “Entendez-vous dans nos campagnes”, co-écrit sous forme de lettres avec Véronique Le Floc’h, présidente de la Coordination rurale, il dresse un constat apocalyptique : l’agriculture française n’est pas seulement en crise, elle est victime d’un sacrifice organisé par les élites.

Le philosophe banni : La vérité qui dérange

Michel Onfray n’est plus le bienvenu sur les plateaux de la télévision publique. Cette exclusion, qu’il qualifie de “censure douce mais efficace”, n’est pas le fruit du hasard. En s’emparant du sujet brûlant de la détresse paysanne, il touche au cœur des contradictions d’une démocratie qu’il juge malade. Pour lui, le silence imposé sur ses idées reflète une stratégie délibérée de contrôle de l’opinion : “Le seul moyen de garder la population docile, c’est de lui interdire de penser autrement”.

En étant interdit de parole dans certains grands congrès, comme celui de Caen, Onfray a compris que le discours sur la souffrance réelle des agriculteurs est devenu tabou. Pourquoi ? Parce qu’il remet en cause les politiques européennes et nationales qui favorisent systématiquement les grandes industries et les multinationales au détriment des petits exploitants. Le philosophe se fait donc le porte-voix de ceux que l’on n’invite plus, de ceux qui travaillent la terre dans l’ombre et le mépris.

L’humiliation des paysans : Un scandale national

Dans son livre, Onfray ne se contente pas de théories. Il rapporte des témoignages poignants, des vies brisées par un système devenu fou. Il dénonce l’humiliation permanente vécue par les paysans : des prix du lait dérisoires, des normes environnementales kafkaïennes et des subventions mal distribuées qui finissent toujours dans les poches des plus gros.

“Il n’y a rien de plus honteux que de voir des hommes et des femmes qui nourrissent la nation vivre dans la misère,” s’indigne-t-il. Il décrit une manipulation économique où l’agriculture de proximité, durable et humaine, est sacrifiée sur l’autel du profit industriel. Le déclin rapide des petites fermes n’est pas une fatalité, mais le résultat d’une politique qui pousse les exploitants à la faillite. Le témoignage de ce jeune agriculteur, les yeux pleins de larmes, incapable de nourrir sa famille alors que les grandes surfaces accumulent des bénéfices records, est pour Onfray le symbole de cette “honte nationale”.

L’indifférence des élites et la mort de l’identité française

L’attaque d’Onfray vise directement la classe politique. Il accuse les dirigeants d’avoir trahi la nation en oubliant l’âme de la France : ses campagnes. Pour lui, les agriculteurs sont les “derniers remparts contre la barbarie”, les gardiens d’un savoir-faire ancestral et d’une culture que la modernité technologique cherche à effacer.

Le philosophe s’interroge également sur la liberté d’expression à l’ère numérique. Si des figures comme Elon Musk prétendent la sauver, Onfray reste sceptique : tant que les gouvernements contrôleront physiquement les voix dissidentes et étoufferont les réalités de terrain, la liberté restera un mirage. Le combat pour l’agriculture est donc, à ses yeux, un combat pour la liberté fondamentale de vivre et de produire selon nos propres valeurs, loin des diktats technocratiques.

Un appel à l’action : Sauver l’âme de la France

Malgré la noirceur du constat, Michel Onfray n’est pas résigné. “Entendez-vous dans nos campagnes” est un manifeste, un appel au réveil citoyen. Il exhorte les Français à se lever et à dire la vérité à leurs gouvernants : la trahison a assez duré. Si les agriculteurs disparaissent, c’est bien plus que de la nourriture que nous perdrons ; c’est notre identité, notre lien à la terre et notre souveraineté.

La bataille pour la survie de la paysannerie est le reflet de la lutte pour la civilisation. Onfray se positionne comme le dernier défenseur d’une France rurale qu’on assassine en silence. À travers ce cri de colère, il espère rallier tous ceux qui croient encore qu’une autre France est possible : une France plus juste, plus humaine, et surtout, une France qui respecte ceux qui la font vivre. Il est encore temps d’agir, conclut-il, mais le sablier est presque vide.