Il y a des hommes dont le talent est si immense qu’il semble, aux yeux du monde, excuser tous les excès. Klaus Kinski était de ceux-là. Acteur fétiche de Werner Herzog, visage inoubliable de Aguirre, la colère de Dieu ou de Nosferatu, il incarnait la folie à l’écran avec une intensité qui frisait le surnaturel. Mais derrière le masque de l’artiste torturé se cachait une réalité bien plus sinistre, un abîme de violence et de perversion que sa propre fille, Pola Kinski, a mis des décennies à révéler. Aujourd’hui, le mythe se fissure pour laisser entrevoir le visage d’un monstre.
Le “meilleur ennemi” : Une carrière bâtie sur la fureur

Pour comprendre la chute, il faut d’abord saisir l’ascension. Klaus Kinski n’était pas un acteur comme les autres. Sa carrière, riche de plus de 130 films, est indissociable de ses colères homériques. Sur les plateaux de tournage, il était une force de la nature, mais une force destructrice. Werner Herzog, son réalisateur fétiche et “meilleur ennemi”, a souvent raconté comment il a dû menacer Kinski de mort pour l’empêcher de quitter le tournage d’Aguirre. “Je tirerai huit balles dans ta tête et la dernière sera pour moi”, lui avait-il lancé. Une anecdote qui fait sourire les cinéphiles, mais qui témoigne d’un climat de terreur permanent.
Kinski était un homme mû par une rage insatiable. Il a failli tuer un figurant avec une épée, tiré à balles réelles sur une cabane où se reposait l’équipe technique, et terrorisé des tribus indigènes au point que leur chef a proposé à Herzog de l’assassiner pour le bien de tous. Cette violence, longtemps perçue comme le caprice d’un génie excentrique, n’était en réalité que la partie émergée de l’iceberg. Si Kinski était capable de telles atrocités devant des témoins, de quoi était-il capable une fois les portes de sa maison refermées ?
L’enfance d’un prédateur : Le mensonge comme seconde nature
Kinski a passé sa vie à construire sa propre légende, n’hésitant pas à falsifier son passé. Dans ses mémoires, il décrivait une enfance misérable, digne des Misérables de Hugo. La réalité, selon Herzog, était tout autre : une famille de classe moyenne, un père pharmacien, une mère infirmière. Mais ses mensonges servaient peut-être à masquer une vérité plus dérangeante : un diagnostic de psychopathie posé dès les années 50, après qu’il eut tenté d’étrangler son mécène.
Ce besoin pathologique d’attention et de contrôle a trouvé son paroxysme lors de sa tournée “Jésus-Christ Sauveur”. Se prenant pour le Messie, il insultait son public, hurlait à la face de ceux qui avaient payé pour l’écouter, transformant un message d’amour en une diatribe haineuse. “Jésus ne s’appelle pas Kinski !”, lui criait la foule. Ils ne croyaient pas si bien dire. Kinski n’avait rien d’un sauveur ; il était un bourreau.
Le livre de la délivrance : Pola brise l’omerta
Klaus Kinski est mort en 1991, emportant avec lui ses secrets. À ses funérailles, ni Pola ni Nastassja, ses deux filles, n’étaient présentes. Un silence lourd de sens qui a duré plus de vingt ans. Ce n’est qu’en 2013 que l’horreur a été dévoilée au grand jour. Pola Kinski, sa fille aînée, a publié La bouche pleine de mots d’enfant (Kindermund), un ouvrage autobiographique qui a fait l’effet d’une bombe.
Dans ce livre, Pola ne raconte pas la vie d’une enfant gâtée par une star de cinéma. Elle raconte le calvaire d’une petite fille, abusée par son père de l’âge de 5 ans jusqu’à ses 19 ans. Quatorze années d’enfer. Quatorze années durant lesquelles Kinski, ce “génie” adulé par les critiques, violait sa propre enfant, instaurant un climat de terreur et de manipulation psychologique.
“Il n’y avait aucune limite pour lui”, confie Pola. Kinski ne voyait pas sa fille comme un être humain à protéger, mais comme un objet à sa disposition. La dissonance était insupportable pour la jeune femme : voir son bourreau célébré par le monde entier, recevoir des prix, être qualifié “d’acteur du siècle”, alors qu’elle connaissait la noirceur absolue de son âme.

Nastassja Kinski : “J’aurais fait n’importe quoi pour l’envoyer en prison”
La publication du livre de Pola a libéré la parole. Sa demi-sœur, la célèbre actrice Nastassja Kinski, a immédiatement apporté son soutien public. Si elle précise ne pas avoir subi les mêmes viols que sa sœur, elle révèle avoir été victime de “gestes déplacés” et avoir vécu dans la peur constante de ce père tyrannique. “C’était un tyran, un homme imprévisible”, dit-elle.
Nastassja va plus loin, affirmant que si elle avait su à l’époque ce que vivait Pola, elle aurait “fait n’importe quoi pour l’envoyer en prison pour toujours”. Ces mots, prononcés par l’une des actrices les plus respectées de sa génération, scellent définitivement le sort de la mémoire de Klaus Kinski. Il n’est plus question de séparer l’homme de l’artiste. L’homme a souillé l’artiste.
La fin d’une impunité posthume
Pendant longtemps, le monde du cinéma a fermé les yeux. Les caprices de Kinski étaient tolérés, voire romancés. On parlait de “tempérament artistique”, de “passion”. Aujourd’hui, ces euphémismes ne tiennent plus. Les réalisateurs qui l’ont côtoyé, comme David Schmoeller sur le tournage de Crawlspace, avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur sa dangerosité, mais l’industrie, aveuglée par le profit et le prestige, a préféré regarder ailleurs.
La révélation des crimes de Kinski pose une question fondamentale : peut-on encore admirer l’œuvre d’un monstre ? Peut-on regarder Fitzcarraldo ou Tess sans voir, derrière le regard halluciné de l’acteur, le regard du prédateur ? Pour Pola Kinski, la réponse importe peu. Son but n’était pas de détruire l’œuvre de son père, mais de se reconstruire elle-même, de reprendre le contrôle de son histoire, volée par un homme qui pensait avoir tous les droits.
En brisant le silence, Pola a accompli ce que personne n’avait osé faire du vivant de l’acteur : elle a fait tomber le masque. Klaus Kinski n’est pas mort en héros incompris. Il est mort en criminel impuni. Et c’est peut-être là, finalement, le seul véritable drame de cette histoire : que la justice ne soit passée que par les mots, vingt ans trop tard.

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