À 78 ans, Julien Clerc — icône de la chanson française à la voix envoûtante — a décidé de tomber le masque pour raconter les blessures les plus profondes de son passé. Dans ses récentes révélations, le chanteur n’hésite pas à utiliser des mots forts pour décrire l’atmosphère « dégoûtante » d’une époque sous pression, où son amour pour l’actrice Miou-Miou était étouffé par la jalousie et les addictions.

Une collision fatale et l’ombre de Patrick Dewaere

Tout commence en 1975 sur le tournage d’« Amour et d’eau fraîche ». Ce n’était pas seulement une rencontre artistique, mais un « choc émotionnel » entre un chanteur au sommet et une actrice marquée par des cicatrices. À l’époque, Miou-Miou sortait d’une relation incandescente avec Patrick Dewaere, le génie tourmenté du cinéma français.

Julien Clerc admet que, malgré leur passion, leur histoire a toujours été hantée par le « fantôme » de Dewaere. La jalousie, venant des deux côtés, est devenue un poison lent. Miou-Miou vivait dans l’insécurité, tandis que Julien craignait de ne jamais être assez pour combler le vide laissé par l’ex-compagnon de l’actrice.

« Ma préférence » : Une chanson née des blessures

Peu de gens savent que le succès immortel « Ma préférence » est le reflet direct de leurs fissures intimes. Les paroles de Jean-Loup Dabadie captaient précisément les tensions et les incompréhensions que le couple traversait. Julien Clerc confie que leurs amis ne comprenaient parfois pas ce qui se jouait entre eux — un amour qui élevait autant qu’il consumait.

Derrière les applaudissements, Julien rentrait souvent chez lui avec le cœur lourd et un sentiment de solitude extrême. Aimer une femme comme Miou-Miou signifiait accepter de vivre avec le doute et la peur que tout s’effondre à chaque instant.

La chute dans « l’enfer blanc » et la renaissance

À la fin des années 70, la pression de la célébrité et le style de vie excessif de l’époque ont poussé Julien Clerc vers la cocaïne. Dans cet univers de liberté totale, la drogue était utilisée pour briller, oublier la fatigue et tenir un rythme effréné.

Julien Clerc évoque la réaction de Patrick Dewaere en découvrant sa  relation avec Miou-Miou : "J'ai eu mal…"

Cependant, cette illusion s’est vite brisée lorsqu’il a réalisé que la poudre blanche attaquait son outil le plus précieux : sa voix et son identité. La peur de perdre son instrument alors qu’il sentait sa gorge brûler est devenue le tournant de sa vie. Il a alors choisi de se désintoxiquer dans le silence et la solitude. Ce combat discret lui a permis non seulement de retrouver sa voix, mais aussi la lucidité nécessaire pour affronter ses erreurs et apprendre à se pardonner.

Un geste noble au milieu des décombres

Parmi le chaos des sentiments, Julien Clerc a accompli un acte prouvant la profondeur de son amour : l’adoption d’Angèle Herry, la fille de Miou-Miou et Patrick Dewaere, en 1992 (dix ans après la mort tragique de Dewaere). Ce n’était pas un simple acte symbolique, mais un engagement puissant pour protéger un enfant né au cœur d’un drame.

À 78 ans, en regardant en arrière — de la gloire à l’abîme de l’addiction, de la passion à la jalousie « dégoûtante » — Julien Clerc ne regrette rien. Il accepte chaque cicatrice comme une partie de lui-même, transformant ses souffrances en une émotion partagée à travers son art. Son histoire est un témoignage vivant de la résilience humaine et de la capacité à se réinventer après les ténèbres.

Dans les archives de Match - En 1977, la romance discrète de Miou-Miou et Julien  Clerc