Jordan Bardella : Le marathon pour le pouvoir et la promesse d’une France “ordonnée”

Dans un contexte où l’histoire s’accélère en France, Jordan Bardella, président du Rassemblement National (RN), a accordé un entretien riche en tensions et en révélations à Cyril Hanouna sur les ondes d’Europe 1. Entre deux débats enflammés et un emploi du temps saturé, Bardella s’est présenté comme un homme politique débordant d’énergie, prêt pour la bataille de Matignon.

Réforme des retraites : La priorité aux carrières longues

L’un des sujets les plus brûlants abordés lors de cet échange a été la question des retraites. Jordan Bardella a clarifié sa position, rejetant les accusations de “flou” portées par ses adversaires. Il a réaffirmé son objectif d’abroger la réforme d’Emmanuel Macron, qu’il juge socialement injuste et économiquement inefficace.

Selon le projet défendu par le RN, ceux qui ont commencé à travailler avant l’âge de 20 ans pourront partir à la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation. Pour les autres, une progressivité sera mise en place, mais Bardella assure que dans son modèle, “tout le monde est gagnant”. Il a illustré son propos par un exemple : un actif ayant débuté à 24 ans doit aujourd’hui attendre 67 ans dans le système actuel, contre 66 ans avec sa réforme. C’est une promesse de “justice” pour ceux qui exercent des métiers pénibles.

Binationalité et secteurs stratégiques de l’État

Sur la polémique de la binationalité, Jordan Bardella a été catégorique : il ne souhaite pas remettre en cause la double nationalité. En revanche, il a insisté sur la nécessité d’une prudence extrême pour les secteurs stratégiques de la sécurité nationale. Il propose que les binationaux ne puissent pas accéder à certains postes clés sensibles afin d’éviter les ingérences étrangères, citant l’exemple de la direction des services de renseignement ou de la gestion d’une centrale nucléaire dans un contexte de conflit international. Bardella réfute l’idée de créer deux catégories de citoyens, y voyant une mesure de bon sens pour la protection du pays.

Le cri de détresse de l’école : Rétablir l’autorité

Le moment le plus émouvant de l’entretien a été l’appel d’Émilie, une enseignante de philosophie à Grenoble. Elle a raconté, la voix tremblante, avoir été agressée physiquement par un élève avec une bombe lacrymogène et avoir fait l’objet de menaces de mort. Émilie a annoncé son intention de quitter l’enseignement, dévastée par l’impuissance du système face à la violence.

En réponse, Jordan Bardella a promis de rétablir une autorité absolue au sein de l’école. Ses mesures phares incluent : l’octroi automatique de la protection fonctionnelle aux enseignants dès le dépôt d’une plainte, l’instauration de sanctions planchers dans les conseils de discipline, et l’éloignement systématique des perturbateurs. Il a également réaffirmé son souhait d’interdire les téléphones portables, de rendre le vouvoiement des professeurs obligatoire et de poursuivre l’expérimentation de l’uniforme. “L’État doit être du côté des enseignants”, a-t-il martelé.

Une mise au point face aux influenceurs et aux artistes

Face à la mobilisation de certains artistes et influenceurs appelant à faire front contre le RN, Jordan Bardella a exprimé son malaise. Il a critiqué ceux qui “gagnent des millions d’euros par an, souvent expatriés à Dubaï”, et qui se permettent de dicter leur vote à des Français gagnant le SMIC. Il a ironisé sur le fait que ces mêmes personnalités seraient sans doute “ravies” de voir 90 % de leurs revenus ponctionnés par le programme fiscal de Jean-Luc Mélenchon si l’extrême gauche l’emportait.

Un dernier appel aux urnes : “Ne cédez pas à l’intimidation”

En conclusion de son intervention, Jordan Bardella a adressé un message direct aux électeurs : “Votre quotidien peut changer dans quelques jours, mais pour cela, il faut aller voter.” Il s’est engagé à être un Premier ministre de rassemblement, protégeant tous les Français quelle que soit leur origine, tout en appelant à faire barrage à une possible victoire de l’extrême gauche qu’il qualifie de “saut dans le chaos”.

La France se trouve à un carrefour historique, et Jordan Bardella mise tout sur la promesse d’un changement radical, fondé sur l’ordre, le respect et la considération du peuple.