C’est une interview qui résonne comme un coup de tonnerre dans le paysage politique français. Invité sur le plateau de Punchline sur CNews et Europe 1, Jordan Bardella n’est pas venu faire de la figuration. Venu présenter son ouvrage Ce que veulent les Français, le président du Rassemblement National a transformé l’exercice promotionnel en une véritable tribune de combat, dressant un constat sans concession — voire apocalyptique — de l’état du pays.
Entre la lutte contre le narcotrafic qualifiée de “guerre existentielle”, la souffrance muette des artisans et une diplomatie qu’il veut muscler face à l’Algérie, Jordan Bardella a livré une performance offensive, martelant ses vérités avec une rhétorique aiguisée. Décryptage d’une intervention qui marque les esprits.
Tolérance zéro : « Si vous êtes étranger, c’est dehors ! »

Le ton a été donné dès les premières minutes. Interrogé sur la flambée de violence et le narcotrafic qui gangrènent des villes comme Marseille ou Grenoble, Jordan Bardella a balayé d’un revers de main les “opérations de communication” du gouvernement. Pour lui, le diagnostic est clair : la France subit une “sécession” de certains territoires.
Mais c’est sur la réponse pénale qu’il a frappé le plus fort. Avec une formule qui semble taillée pour les réseaux sociaux, il a résumé sa doctrine : « Si vous êtes un étranger et que vous commettez un crime, un délit, c’est dehors ! ». Une phrase lapidaire qui signe la fin de toute ambiguïté. Pour Bardella, il n’y a aucune raison de conserver sur le sol national des individus qui “ne respectent aucune des lois”. Il appelle à une “guerre sans merci”, incluant des peines planchers, la fin des aménagements de peine pour les atteintes physiques et la construction massive de places de prison sécurisées.
La France des “invisibles” qui souffre en silence
Au-delà du sécuritaire, Jordan Bardella a voulu se poser en porte-parole de la “France qui travaille et qui souffre”. L’un des moments les plus forts de l’entretien fut l’évocation d’Olivier, un boulanger de 55 ans contraint de fermer boutique, étranglé par une facture d’électricité multipliée par cinq.
« C’est non seulement son propre travail que l’on enterre, mais c’est aussi le pain, les cloches, ces villages et ces territoires ruraux dans lesquels la vie disparaît », a-t-il déploré avec une certaine gravité. À travers cet exemple, il fustige un État “confiscatoire” et des règles européennes absurdes sur l’énergie. Son remède ? Retrouver notre souveraineté énergétique pour offrir une électricité à prix cassé et “libérer” les TPE/PME de la “paperasse” qui les asphyxie.
L’Islam, le voile et le “Grand Effacement”
Abordant le sujet brûlant de l’identité, le président du RN n’a pas éludé les questions sur la montée du fait religieux. Face au chiffre d’une jeune musulmane sur deux portant le voile, il y voit la conséquence directe de “30 années d’immigration hors de contrôle”.
Bardella parle ouvertement d’une “menace existentielle” pesant sur l’identité française. Il refuse que le pays “disparaisse” et propose des mesures drastiques : fermeture des mosquées radicales, expulsion des étrangers radicalisés et extension de l’interdiction du voile à tous les bâtiments de service public. Pour lui, le voile marque une rupture d’égalité homme-femme insupportable dans l’espace républicain.
Diplomatie : La fin de la “servitude” face à l’Algérie

Enfin, sur le plan international, Jordan Bardella a sorti les griffes contre la politique d’Emmanuel Macron, accusé de “servitude” et de “naïveté” face à l’Algérie. En réponse aux tensions diplomatiques récentes, il prône un rapport de force assumé.
« Les faibles, les naïfs… seront mangés par les forts », a-t-il averti. Son plan est simple : si l’Algérie refuse de reprendre ses ressortissants clandestins ou criminels, la France doit couper le robinet des visas et des transferts d’argent, et refuser l’accès aux soins pour les dirigeants algériens. “On arrête d’avoir un genou à terre”, a-t-il conclu.
Un candidat en campagne permanente ?
À travers cette interview, Jordan Bardella tente de contrer l’argument de son inexpérience (il n’a “que” 30 ans et n’a pas fait l’ENA) en jouant la carte de la proximité. Il oppose son vécu dans les cités et son écoute du terrain à la déconnexion des élites parisiennes.
Une chose est sûre : avec ce livre et ces prises de parole tranchées, Jordan Bardella ne se contente plus de critiquer. Il pose les jalons d’un programme de rupture radicale, prêt à en découdre pour 2027. Reste à savoir si cette vision “ferme et implacable” séduira au-delà de sa base électorale.

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