Cannes, son tapis rouge, ses flashs crépitants et l’effervescence de l’hôtel Martinez. C’est dans ce décor mythique, temple du cinéma mondial, que s’est jouée une scène d’une intimité rare, presque déconcertante. Loin des blockbusters explosifs, un petit bijou de tendresse a capturé les cœurs : le documentaire “Jane by Charlotte”. Plus qu’un film, c’est une conversation inachevée, un pont jeté entre deux âmes, une mère et sa fille, Jane Birkin et Charlotte Gainsbourg.
Dans une entrevue bouleversante accordée à TV5 Monde, les deux femmes ont levé le voile sur la genèse de ce projet, révélant des failles, des peurs, mais surtout un amour incommensurable qui transcende le temps et l’image publique. Plongée au cœur d’une relation fusionnelle où la caméra remplace les mots “je t’aime”.
La Peur Initiale : Quand Jane a voulu tout arrêter
On pourrait penser qu’être filmée est une seconde nature pour Jane Birkin. Pourtant, l’idée d’être le sujet du premier film de sa fille a déclenché chez elle une véritable panique. « J’étais mal, mal à tel point que je lui ai dit : non, non, non, on arrête », confie Jane avec sa franchise légendaire.
Pourquoi cette terreur ? Jane craignait le jugement, l’investigation. « Je pensais qu’elle s’intéressait à mes débuts… et puis je me suis dit : qu’est-ce qu’elle a comme dossier ? J’avais gratté, j’avais un gros dossier », plaisante-t-elle à demi-mot, dissimulant une anxiété réelle. La peur d’être exposée, non pas au public, mais au regard scrutateur de sa propre enfant, était paralysante. Elle craignait de devoir se justifier sur le passé, sur ses erreurs de mère.
C’est là toute la beauté de la démarche de Charlotte. Ce n’était pas un règlement de comptes, ni une enquête biographique. C’était une quête d’amour. Il a fallu du temps, un an ou deux de pause, pour que la confiance se retisse. C’est finalement à New York, puis en Bretagne, que le projet a repris vie, dans la douceur. « C’était un ravissement », avoue finalement Jane, soulagée. Elle a compris que sa fille ne cherchait pas la petite bête, mais la lumière.

« Je ne veux pas m’affranchir » : Le refus de couper le cordon
L’un des moments les plus poignants de l’entretien réside dans la confession de Charlotte sur l’émancipation. Dans une société qui valorise l’indépendance, le départ du nid et la rupture symbolique avec les parents pour devenir adulte, Charlotte prend le contre-pied total.
Face à la question de savoir pourquoi on apprend à vivre sans sa maman, Charlotte répond avec une honnêteté désarmante : « J’ai pas envie de m’affranchir ». Cette phrase, simple, brutale, résonne comme un cri du cœur. Elle ne veut pas de cette distance que la vie impose. Le documentaire devient alors un moyen de retenir le temps, de figer l’image de sa mère, de la garder près d’elle.
Jane, touchée en plein cœur, reconnaît la générosité de cette démarche. Elle réalise que ce film est aussi une réponse aux angoisses de Charlotte, une manière pour elle de trouver sa place dans cette constellation familiale complexe, faite de mariages, d’enfants, de célébrité et de fantômes du passé. « C’est une histoire de place », analyse Jane. La sienne, celle de Charlotte, et comment elles s’imbriquent l’une dans l’autre.
La Caméra comme Caresse : L’Intimité sans fard
Charlotte Gainsbourg a fait un choix esthétique radical : filmer sa mère sans artifice. Pas de maquillage, pas de mise en scène glamour, une lumière parfois crue. « Je voulais regarder sa peau de tout près », explique la réalisatrice. Elle voulait capturer la vérité de Jane, ses rides, ses taches de rousseur, son regard.
Pour Jane, habituée à être sublimée par les plus grands photographes, se voir ainsi a été une épreuve. « C’était mal foutu, c’était un peu cru… à un moment donné tu te reconnais pas », admet-elle. Mais elle a accepté, comprenant que c’était nécessaire. Il y a un moment, dit-elle avec sagesse, où « on s’en fout ». Où l’on enlève ses lunettes pour que tout soit flou, ou bien on accepte d’être vue telle quelle, parce que c’est le regard de l’amour qui filme.
Charlotte, elle, voit une beauté que Jane ne soupçonne pas. Elle décrit sa mère comme “incroyable”, porteuse d’une force vitale qui parle de la vie, de la mort, de la terre, avec un esprit unique. Elle voulait la voir elle, pas l’icône, pas la muse de Serge, mais Jane, la femme, la mère.
La Force des Fragiles : Renverser les clichés

L’échange prend une tournure philosophique lorsque Jane évoque la force et la fragilité. Elle se compare à sa propre mère, une femme “brunette, magnifique, sidérante”, à côté de qui Jane se sentait comme “une souris”. Elle raconte comment les gens la protègent parce qu’elle a l’air fragile, tandis que d’autres, qui semblent forts, sont laissés sans protection.
« Méfiance pour les costauds », lance-t-elle comme un avertissement bienveillant. Elle suggère que ceux qui paraissent invulnérables sont souvent ceux qui ont le plus besoin de douceur, car personne ne pense à les ménager. Charlotte, que Jane décrit enfant comme une « petite personne toute compacte », un « capteur de lumière », impressionnait sa mère par son mystère et sa présence. Aujourd’hui, les rôles s’inversent et se confondent. Dans les moments de crise, c’est Charlotte qui devient le roc, guidant sa mère, l’aidant à traverser les épreuves, comme lors de son retour des États-Unis.
Briser la « Pudeur Anglaise »
Tout au long de l’entretien, on sent cette lutte contre la retenue, cette fameuse “pudeur anglaise” qui empêche les effusions trop sentimentales. Dans la famille, on ne doit pas être “soppy” (sentimental, fleur bleue). Dire “je t’aime” est difficile, presque tabou.
Le film agit comme un catalyseur, permettant de dire l’indicible. « C’est un film pour dire je t’aime », confirme Charlotte, même si Jane tente de tempérer en disant qu’il ne faut pas trop le dire après, pour ne pas tomber dans le pathos. Mais le message est passé. Le documentaire est cette déclaration que la vie quotidienne, avec ses pudeurs et ses silences, ne permettait pas.
Jane, lucide, regrette que sa propre mère ne soit plus là pour comprendre ces choses. Elle réalise que cette sentimentalité, qu’elle fuyait par éducation, aurait peut-être fait “terriblement plaisir” à sa mère. C’est une leçon tardive mais précieuse : il ne faut pas attendre pour exprimer son amour, quitte à bousculer les codes familiaux.
Conclusion : Un Héritage d’Amour
“Jane by Charlotte” n’est pas seulement un film de festival. C’est un document universel sur le lien mère-fille, sur la peur de perdre l’autre, et sur la nécessité de se regarder vraiment avant qu’il ne soit trop tard. Comme le dit la chanson d’Étienne Daho évoquée à la fin, « Je voulais être une telle perfection pour toi ». Ce film prouve que la perfection ne réside pas dans l’image lisse, mais dans l’acceptation mutuelle des failles et dans l’amour brut qui unit ces deux femmes exceptionnelles.
Une œuvre qui nous rappelle, à nous tous, de prendre nos téléphones, non pas pour scroller, mais pour appeler ceux qu’on aime et leur dire, simplement, qu’ils sont notre monde.
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