On imagine souvent les icônes de la chanson française finir leurs jours sous les palmiers de Marrakech ou dans des penthouses parisiens dorés à l’or fin. Hervé Vilard, lui, a choisi le silence. À 80 ans, l’éternel interprète de Capri c’est fini vit loin du tumulte, dans le Berry, au cœur d’un ancien presbytère du XIIe siècle. C’est là, à La Celette, dans ce lieu même où un prêtre lui a tendu la main alors qu’il n’était qu’un orphelin brisé, qu’il a décidé de poser ses valises pour l’éternité.

Mais derrière cette image d’ermite champêtre se cache une énigme financière et humaine fascinante. Est-il vraiment à la tête d’une fortune colossale ? Quels drames intimes se cachent derrière les murs de pierre qu’il a rebâtis de ses propres mains ? Plongée dans la vie secrète d’un survivant magnifique.

Le Mystère des 185 Millions d’Euros

C’est la rumeur qui a fait trembler la presse people en 2025. Alors que les estimations officielles plaçaient sa fortune autour de 3 millions d’euros, un article stupéfiant a évoqué le chiffre vertigineux de 185 millions d’euros. D’où viendrait ce pactole ? D’un improbable retour de hype sur TikTok, où Capri c’est fini est devenu l’hymne d’une campagne mondiale pour Hermès, propulsant les écoutes en streaming vers des sommets inédits.

Le reportage évoque un empire financier hétéroclite, presque surréaliste : des contrats de licence juteux, une chaîne de bistrots rétros, une ligne de vêtements pour ados et même des investissements dans le football local. Info ou intox ? Hervé Vilard, avec son élégance habituelle, ne dément pas vraiment. Il sourit à l’idée d’être un “millionnaire par accident”. « Je n’ai pas besoin de dix maisons », dit-il, « mais il faut laisser l’argent exprimer ses joies ».

Le Luxe du Silence et des Foulards Hermès

 

Pourtant, ne cherchez pas de Ferrari dans son allée. La vraie richesse d’Hervé Vilard est ailleurs. Elle est tactile, poétique. Son unique folie assumée ? Une collection insensée de plus de 400 carrés de soie Hermès, qu’il achète dans les aéroports du monde entier. « Je les porte comme une armure », confie-t-il. Ces bouts de tissu à 400 euros pièce sont ses talismans, sa carte du monde, sa seule concession au luxe ostentatoire.

Pour le reste, son quotidien est celui d’un moine esthète. Il mange des légumes de son potager, lit Marguerite Duras à la lueur d’une bougie et écoute le silence de la campagne. Sa maison, qu’il a mis sept ans à restaurer pierre par pierre, n’est pas une villa de star, c’est une “cathédrale” intime. « J’ai rebâti cette maison comme un enfant recolle une histoire brisée », explique-t-il.

Les Fantômes de l’Amour et de la Paternité

Car l’histoire d’Hervé Vilard est avant tout celle d’une résilience face à l’horreur. Né dans un taxi, arraché à une mère alcoolique, abusé dans des orphelinas, il a dû se construire seul. Et quand la vie semblait enfin lui sourire, elle l’a frappé avec une cruauté inouïe.

Il a aimé des hommes, mais aussi des femmes. Au Mexique, il a failli fonder une famille avec Consuela, surnommée “Lala”. Elle portait leur enfant, “Pedro”, celui qui devait racheter son passé. Elle est morte enceinte dans un accident de voiture. Des années plus tard, l’histoire se répète tragiquement avec Kim Harlow, une danseuse qu’il a aimée passionnément. Elle aussi enceinte, elle est emportée par une maladie foudroyante.

« Deux fois je suis passé près d’être père, et deux fois la faucheuse me l’a pris », murmure-t-il. Aujourd’hui, il n’a pas d’héritier pour sa fortune supposée, mais il parle à ses fantômes dans son jardin, sous les oliviers offerts par le Vatican.

Conclusion : Une Leçon de Vie

 

À 80 ans, Hervé Vilard ne cherche plus la lumière des projecteurs, même s’il remonte parfois sur les planches pour des projets audacieux. Il a trouvé quelque chose de plus précieux : la paix. Sa vie n’est pas un conte de fées, c’est une tragédie grecque qu’il a transformée en poésie. Qu’il soit riche à millions ou simplement riche de ses souvenirs, il nous laisse un message bouleversant : on peut tout perdre, tout subir, et pourtant continuer à chanter, debout, drapé dans un carré de soie, au milieu des ruines que l’on a soi-même fleuries.