Le monde de la musique française est plongé dans une profonde tristesse. Herbert Léonard, l’interprète inoubliable de “Pour le plaisir”, s’est éteint le 2 mars 2025 à l’âge de 80 ans, laissant derrière lui un héritage artistique immense et des millions de fans en deuil. C’est à l’hôpital de Fontainebleau, non loin de son village de cœur, Barbizon, que le chanteur a tiré sa révérence, entouré de l’amour des siens. Ses funérailles, célébrées dans une atmosphère de recueillement et d’émotion intense, ont été l’occasion pour ses proches, ses amis artistes et son public de lui adresser un ultime et vibrant adieu.

Herbert Léonard, né Hubert Lænart à Strasbourg en 1945, n’était pas seulement un chanteur à la voix grave et envoûtante ; il était une figure familière, un compagnon de route pour plusieurs générations de Français. De ses débuts rock dans les années 60 à ses ballades romantiques qui ont fait vibrer les années 80, il a su traverser les époques avec une authenticité et une passion jamais démenties. Aujourd’hui, alors que les fleurs recouvrent son cercueil et que les larmes coulent sur les visages de ceux qui l’aimaient, c’est toute une page de la chanson française qui se tourne.

Un dernier hommage sous le signe de l’émotion

Les obsèques se sont déroulées solennellement dans sa ville, rassemblant une foule compacte venue rendre hommage à l’homme et à l’artiste. Dans l’assistance, on pouvait lire la douleur sur les visages de sa famille, notamment son épouse Cléo, chanteuse elle aussi, qu’il avait rencontrée en 1967 et épousée en 1972. Leur union, solide et complice, a traversé plus de cinq décennies, donnant naissance à leur fille Éléa en 1973. Cette dernière, qui avait partagé un duo touchant avec son père sur la chanson “Veux-tu me dire” en 2002, est apparue particulièrement éprouvée, soutenue par les nombreux amis du métier venus témoigner leur affection.

La cérémonie a été ponctuée par la diffusion de ses plus grands succès. Lorsque les premières notes de “Pour le plaisir” ou de “Puissance et Gloire” ont résonné dans l’enceinte sacrée, l’émotion est devenue palpable. Ces mélodies, qui ont accompagné tant d’histoires d’amour et de moments de vie, prenaient soudain une dimension d’adieu déchirant. Ce n’était plus seulement des tubes, mais le testament sonore d’une vie dédiée à l’art et au partage.

Une carrière bâtie sur la passion et la résilience

 

Si Herbert Léonard restera à jamais le crooner sensuel de “Quand tu m’aimes”, sa carrière est le fruit d’une persévérance admirable. Après des débuts prometteurs avec “Quelque chose tient mon cœur” en 1968, il a connu, comme beaucoup, des traversées du désert. Mais les années 80 ont marqué sa résurrection artistique. La sortie de “Pour le plaisir” en 1981 a été un véritable raz-de-marée, le propulsant au sommet des charts et redéfinissant son image publique.

Sa collaboration avec Julie Piétri sur “Amoureux fous” en 1982 reste également gravée dans les mémoires comme l’un des duos les plus emblématiques de la décennie. Herbert Léonard ne se contentait pas de chanter l’amour ; il l’incarnait avec une voix puissante, capable de nuances soul qui le distinguaient de ses contemporains. Jusqu’à la fin, notamment à travers les tournées “Âge Tendre”, il a continué à aller à la rencontre de son public, prouvant que la passion de la scène ne s’éteint jamais vraiment.

L’historien passionné : La face cachée de l’artiste

Mais réduire Herbert Léonard à sa seule musique serait oublier une part essentielle de sa personnalité : sa passion dévorante pour l’aviation. Loin des projecteurs, il était un historien reconnu, spécialiste mondialement respecté de l’aviation militaire soviétique durant la Seconde Guerre mondiale.

Auteur de nombreux ouvrages de référence sur le sujet, ancien journaliste pour Aviation Magazine, il possédait une érudition qui surprenait souvent ceux qui ne le connaissaient que par ses chansons. Cette double vie, entre les paillettes du show-business et la rigueur de la recherche historique, témoigne de la curiosité insatiable d’un homme qui ne s’est jamais laissé enfermer dans une seule case. À Barbizon, le village des peintres où il résidait depuis 35 ans, il était apprécié pour sa simplicité et sa gentillesse, loin des caprices de star.

Un héritage inestimable

 

Le décès d’Herbert Léonard laisse un vide immense. Il n’était pas seulement un chanteur talentueux, mais un homme de cœur, fidèle en amitié comme en amour. Ses chansons continueront de vivre, transmises de génération en génération, comme des joyaux intemporels de la variété française.

Alors que le cortège funèbre s’éloignait vers sa dernière demeure, une certitude demeurait dans le cœur de tous les présents : la voix d’Herbert Léonard ne s’éteindra jamais tout à fait. Elle continuera de résonner “pour le plaisir”, et pour l’éternité. Adieu l’artiste, et merci pour tout.

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