L’icône du journalisme français, Françoise Laborde, traverse aujourd’hui l’une des périodes les plus sombres de son existence. Derrière le sourire professionnel et l’autorité naturelle qui ont marqué le paysage audiovisuel pendant des décennies, se dessine le portrait d’une femme confrontée à la fragilité de la vie et aux adieux déchirants. Retour sur un parcours exceptionnel jonché d’épreuves humaines profondes.

Un héritage de courage et de l’esprit

Françoise Laborde est née sous le signe de la détermination à Bordeaux. Fille d’un père professeur d’anglais et d’une mère espagnole, ancienne résistante décorée par la reine d’Angleterre, elle a grandi dans un terreau intellectuel fertile. C’est de cette mère courageuse que Françoise a puisé sa force. Pourtant, c’est aussi cette figure maternelle qui a ouvert le bal des grandes tristesses en s’éteignant des suites de la maladie d’Alzheimer en 1987. « C’est ma mère qui m’a appris à me tenir debout face aux difficultés », confiait-elle. Ce décès a laissé un vide incommensurable, marquant le début d’une série de pertes qui allaient forger son caractère.

Peu après, en 1993, c’est son père qui s’éteint brusquement d’une crise cardiaque. Pour la journaliste alors en pleine ascension, cette disparition signifie la perte de son premier mentor, celui qui avait emmené sa famille aux États-Unis dans les années 60 pour leur ouvrir les yeux sur le monde. Françoise se retrouve alors face à ses succès, avec le regret amer de ne plus pouvoir les partager avec ceux qui l’ont construite.

Le drame de la maladie : Le combat de Catherine

Le nom de Laborde est indissociable de celui de sa sœur, Catherine, l’inoubliable présentatrice météo de TF1. Pendant des années, les deux sœurs ont entretenu une relation tumultueuse, faite de non-dits et de ruptures publiques. Mais la vie, dans sa cruauté parfois salvatrice, a imposé une réconciliation forcée. En 2014, Catherine est diagnostiquée d’une démence à corps de Lewy, une pathologie neurodégénérative dévastatrice.

Voir sa sœur, autrefois si vive, perdre peu à peu la mémoire et la parole est une torture quotidienne pour Françoise. « Je pleurais non pas parce qu’elle était faible, mais parce que je ne pouvais pas l’aider davantage », avouait-elle avec émotion. Ce sentiment d’impuissance est devenu le cœur de sa douleur. La culpabilité du temps perdu pendant leurs années de brouille hante aujourd’hui la journaliste, qui réalise que chaque seconde passée auprès de Catherine est un trésor fragile.

L’effroi face à la perte du mari

Comme si le destin n’était pas assez lourd, l’année 2023 a apporté son lot d’angoisses supplémentaires. Alors que Françoise se remettait d’une opération de la cataracte, son mari, Jean-Claude Paris, a dû subir un triple pontage coronarien en urgence le 14 juillet. Un jour de fête nationale qui a failli basculer dans le drame absolu. « J’ai cru le perdre », écrivait-elle sur ses réseaux sociaux. Cette confrontation brutale avec la mortalité de l’être aimé a été un choc électrique. Pour cette femme énergique, accepter le vieillissement et la vulnérabilité de son compagnon est un défi de chaque instant.

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Une carrière entre ombres et lumières

Professionnellement, Françoise Laborde a presque tout connu. De ses débuts à Bruxelles à son rôle de rédactrice en chef adjointe à TF1, elle a gravi tous les échelons. Son apogée au journal télévisé de France 2 a montré une journaliste proche des gens, refusant de simplement “lire” les nouvelles pour préférer “parler” à son public. Son passage au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sous la présidence de Nicolas Sarkozy a également marqué un tournant, où elle s’est battue pour la protection de l’enfance et contre les dérives de la télé-réalité.

Cependant, ce parcours brillant n’a pas été exempt d’échecs. Des émissions annulées faute d’audience et une polémique de plagiat en 2011 ont entaché sa réputation. Mais fidèle à l’enseignement de sa mère, Françoise a toujours su assumer : « Je n’ai pas plagié mais je suis responsable de ce qui s’est passé ».

La résilience comme moteur

Aujourd’hui, à 71 ans, Françoise Laborde incarne la résilience. Elle continue d’apparaître sur les plateaux, notamment comme commentatrice politique, prouvant que sa passion reste intacte malgré les tempêtes. Son histoire n’est pas seulement celle d’une réussite médiatique, c’est celle d’une femme qui a appris que la véritable force réside dans l’acceptation de sa propre vulnérabilité.

Entre les souvenirs d’une enfance voyageuse et la réalité brutale des diagnostics médicaux qui touchent ses proches, Françoise l’aborde avance. Elle nous rappelle que derrière les projecteurs, la vie est une succession de combats intimes où le seul remède est l’amour et la présence auprès de ceux qui restent.

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