Le sourire était sa signature, une lumière constante qui a illuminé les foyers français pendant des décennies. Pourtant, derrière l’image parfaite de l’animatrice de Tournez Manège, Évelyne Leclercq cachait une réalité bien plus sombre et mélancolique. Si le public voyait en elle la complice idéale des cœurs à prendre, sa propre vie sentimentale ressemblait à un champ de bataille émotionnel, jonché de promesses non tenues et de solitudes partagées.
Le vernis craque : une solitude à deux
“J’ai aimé et j’y ai presque tout perdu.” Ces mots, prononcés avec une franchise tardive, résonnent aujourd’hui comme l’épitaphe de ses illusions romantiques. Évelyne Leclercq n’a jamais cherché à peindre ses anciens compagnons comme des bourreaux. Non, la destruction qu’elle évoque est bien plus insidieuse : celle de l’absence. Mariée à deux reprises, elle a dû faire face à un constat amer : ses époux étaient physiquement ou émotionnellement indisponibles.
En 1972, elle unit sa vie à celle de Jacques Olive, un animateur de Radio Nice. À l’époque, tout semble idyllique. Le couple partage la passion des médias et accueille une petite fille, Céline, la même année [04:01]. Mais la réalité du métier et les rythmes effrénés creusent rapidement un fossé. Onze ans plus tard, en 1983, elle tente un nouveau départ avec Richard Rocard . L’espoir est de courte durée : le divorce est prononcé seulement deux ans plus tard. Deux unions, deux échecs, et un sentiment persistant d’avoir porté seule le poids de l’engagement.

Le silence face aux révélations de Pierre Palmade
Au-delà des mariages officiels, une zone d’ombre a longtemps subsisté autour de ses fréquentations plus intimes. En 2019, l’humoriste Pierre Palmade jette un pavé dans la mare dans son autobiographie Dites à mon père que je suis célèbre. Il y révèle avoir vécu une “petite histoire” avec l’animatrice, une relation qui serait allée au-delà de la simple amitié .
Face à cette sortie médiatique, Évelyne Leclercq a opposé un silence de plomb. Jamais elle n’a confirmé, ni démenti. Ce mutisme n’était pas un aveu de faiblesse, mais une forme suprême de protection. Après avoir été tant exposée, elle refusait de laisser l’intime devenir un simple sujet de divertissement. Cette relation, vraie ou supposée, s’ajoutait simplement à la liste des expériences inabouties, renforçant sa méfiance envers les récits éternels.
L’assomption d’une “Cougar” avant l’heure
Fatiguée par la routine qu’elle jugeait mortifère pour le désir, Évelyne Leclercq a fini par chercher ailleurs l’étincelle qui lui manquait. Avec une audace rare pour sa génération, elle a fini par avouer son attirance pour les hommes beaucoup plus jeunes. “Aujourd’hui on va dire que je suis moins cougar, mais dans le passé je l’ai été et je l’assume” .
Elle ne se voyait plus avec un homme de son âge. Elle rêvait d’un idéal presque cinématographique : un homme bronzé, sportif, marin, aux cheveux longs . Ce n’était pas une simple exigence physique, mais une soif de liberté et de mouvement. Elle cherchait chez ces partenaires plus jeunes une énergie, une écoute et une présence que ses mariages n’avaient jamais pu lui offrir. Ses choix, souvent critiqués par une société prompte au jugement, étaient en réalité des actes de survie émotionnelle.

Un dernier refuge auprès des siens
Le 4 janvier 2026, l’annonce de sa disparition à l’âge de 74 ans a bouleversé le monde de la télévision. Évelyne Leclercq s’est éteinte à Grasse, des suites d’une longue maladie affrontée avec un courage exemplaire . Si les hommes de sa vie ont souvent brillé par leur absence, ses derniers instants ont été marqués par une présence indéfectible : celle de sa famille et de sa fille Céline.
En fin de compte, Évelyne Leclercq n’aura été ni une victime, ni une coupable. Elle fut une femme d’une lucidité rare, capable de regarder ses échecs en face sans amertume excessive. Elle a appris, à ses dépens, que l’amour ne suffit pas s’il n’est pas vécu au quotidien. Sa trajectoire nous rappelle que rester fidèle à ses désirs, même s’ils s’écartent des normes, reste le plus beau des combats. Derrière le sourire iconique restera le souvenir d’une femme qui, malgré les cicatrices, n’a jamais cessé de chercher la lumière.

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