C’est une séquence qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux et qui semble marquer un tournant dans la communication politique de la droite nationale. Sur le plateau de BFMTV, Sarah Knafo, eurodéputée Reconquête, s’est retrouvée dans une configuration que beaucoup auraient jugée périlleuse : seule face à trois journalistes et des intervenants manifestement hostiles. Pourtant, ce qui devait être un “procès” s’est transformé en une démonstration de force intellectuelle et de sang-froid.

Un constat partagé, une analyse qui dérange

Dès les premières minutes, Sarah Knafo a pris l’ascendant en commençant par féliciter ironiquement la chaîne pour avoir organisé une soirée sur l’insécurité. “Je pense qu’elle ne fera pas plaisir à Emmanuel Macron qui estime que nous sommes en train de faire du ‘brainwashing’ sur des faits divers”, a-t-elle lancé d’emblée. Pour elle, l’insécurité n’est pas un sentiment, mais une réalité physique qu’elle a elle-même connue en grandissant en Seine-Saint-Denis.

Elle a souligné un changement majeur : le déni semble reculer. “Désormais nous sommes tous d’accord sur le constat”, a-t-elle affirmé, rappelant les années où la droite était accusée de “déclinisme” lorsqu’elle alertait sur la violence croissante de la société française.

Le choc des chiffres : Immigration et Impunité

Le moment le plus intense du débat est survenu lorsque la question des causes a été abordée. Sarah Knafo n’a pas hésité à pointer du doigt ce qu’elle appelle un “cocktail meurtrier” : le mélange de l’impunité judiciaire et d’une immigration devenue incontrôlée.

Face aux tentatives des journalistes de minimiser le lien entre délinquance et immigration, l’eurodéputée a dégainé des chiffres officiels implacables : “60 % des tentatives de viol dans les transports en commun en Île-de-France sont commis par des étrangers” et “91 % des tentatives d’agression et de vol” dans le même secteur. Malgré les tentatives d’explications sociologiques de ses contradicteurs (masculinité jeune, urbanité), Sarah Knafo a maintenu son cap, dénonçant une “mauvaise foi” systémique face au reflet de la réalité.

“Les rues sont pleines de coupables en liberté”

Sur le volet judiciaire, l’attaque a été tout aussi frontale. Alors qu’on lui opposait que les prisons n’ont jamais été aussi pleines, elle a rétorqué avec une logique qui a laissé ses interlocuteurs sans voix : “Les prisons sont pleines, et pourtant les rues sont pleines de coupables en liberté”. Elle a rappelé que sous le mandat d’Emmanuel Macron, les violences ont augmenté de 47 %, tandis que le nombre de détenus n’a progressé que de 2 %.

Sa solution ? Radicale et directe : la construction de 100 000 places de prison. Elle a pris l’exemple d’El Salvador où le président Nayib Bukele a transformé le pays le plus dangereux du monde en havre de paix en construisant massivement des centres de détention en quelques mois.

Le sarcasme face aux excuses sociologiques

La fin de l’intervention a été marquée par un festival de punchlines. Sarah Knafo s’est moquée des excuses habituelles de la gauche et des autorités. “C’est de la faute des barrières”, a-t-elle ironisé après qu’un intervenant a suggéré que les casseurs utilisaient les barrières de chantier parce qu’elles étaient présentes.

Elle a également balayé l’argument de la pauvreté en citant la Creuse : un département pauvre et délaissé où l’on ne voit pourtant pas de casseurs ou de vandalisme systématique. De même pour la “masculinité toxique”, notant que les supporters de rugby, très masculins, ne dévastent pas les villes après leurs matchs.

Conclusion : Une victoire par K.O. médiatique

En sortant de ce plateau, Sarah Knafo a non seulement survécu à une attaque en meute, mais elle a surtout réussi à imposer ses thèmes et son vocabulaire. Son sang-froid, son sourire constant face à l’agacement des journalistes et sa maîtrise des dossiers ont fait de cette séquence un moment de bravoure politique largement salué.

Pour ses partisans, elle a “éteint” le plateau. Pour ses détracteurs, elle reste une figure clivante. Mais pour l’observateur neutre, il est indéniable que Sarah Knafo a prouvé qu’elle était l’une des oratrices les plus redoutables de la scène politique actuelle, capable de transformer un guet-apens médiatique en une tribune triomphale.